Rabobank claque la porte

La banque néerlandaise quitte le cyclisme professionnel.

La banque néerlandaise quitte le cyclisme professionnel.

Excédée par les affaires de dopage qui pourrissent le monde du cyclisme, la Rabobank a décidé de se retirer du cyclisme professionnel à la fin de la saison. "Nous ne croyons pas à des améliorations dans un avenir proche", déclare un membre de la banque, qui continuera malgré tout à financer ses deux formations World Tour, masculine et féminine. Celles-ci courront avec un maillot vierge de sponsor l’an prochain.

C’était l’un des sponsors historiques du peloton. Emblème du cycliste néerlandais depuis plus de 15 ans, la Rabobank a décidé de cesser de sponsoriser l’équipe professionnelle éponyme. La raison n’est pas économique. C’est dans un contexte alourdi par l’imposant rapport de l’Usada à l’encontre de Lance Armstrong et de l’équipe US Postal, et par les révélations qui en ont découlé, que la banque néerlandaise a choisi ce geste fort. C’est en tout cas ce qu’elle révèle dans un communiqué transmis ce vendredi matin.

"Nous n'avons plus la conviction que le monde cycliste professionnel international peut rendre ce sport propre et équitable. Nous ne croyons pas à des améliorations dans un avenir proche", déclare ainsi Bert Bruggink, membre du conseil d'administration. Depuis son arrivée dans les pelotons en 1996, la Rabobank n’a pas pu échapper aux affaires de dopages. L’exclusion de Michael Rasmussen, alors qu’il portait le maillot jaune sur le Tour de France 2007, restera comme la plus médiatique. Pas plus tard que jeudi, on apprenait la suspension de l’Espagnol Carlos Barredo, sur la base du passeport biologique.

La Rabobank, dont l’investissement annuel est estimé à 15 millions d’euros, ne souhaite donc plus être associée au cyclisme professionnel, mais elle continuera de financer ses deux équipes World Tour, par le biais d’une association spécialement créée. Les salaires des Robert Gesink, Marianne Vos ou autres Luis-Leon Sanchez continueront donc d’être versés.  Pour le moment, il est prévu qu’ils évoluent sans sponsor-titre, avec un maillot vierge, loin des tuniques orange qui fleurissaient dans les pelotons depuis plus d’une décennie. 

En revanche, Rabobank conservera ses liens directs avec les équipes amateurs, et de cyclo-cross. Par conviction. "Le cyclisme est un beau sport, que des millions de Néerlandais apprécient, dont un bon nombre de clients de notre banque, explique Bert Bruggink. Mais notre décision tient: nous nous retirons du cyclisme professionnel. C’est douloureux. Pas juste pour Rabobank, mais surtout pour les supporters et les cyclistes qui ne sont pas à blâmer."