Lappartient veut plus de sécurité et de respect de l'environnement

Lappartient veut plus de sécurité et de respect de l'environnement©Media365

Aurélie SACCHELLI, publié le vendredi 26 février 2021 à 12h00

Dans une interview à Cyclingnews, le président de l'Union cycliste internationale David Lappartient est revenu sur ses deux objectifs du moment : améliorer la sécurité des coureurs et mieux respecter l'environnement.


Elu président de l'Union cycliste internationale en 2017, le Français David Lappartient (47 ans) a fait de la sécurité des coureurs sa priorité, et les graves accidents de Fabio Jakobsen sur le Tour de Pologne et de Remco Evenepoel sur le Tour de Lombardie en août dernier n'ont fait que renforcer sa volonté. L'UCI a publié il y a quelques jours un guide des mesures de sécurité pour la saison 2021, avec notamment l'interdiction du « super-tuck », cette position de descente où les coureurs sont assis sur le tube de leur vélo, avec la tête au-dessus du guidon. Le président de l'UCI est revenu sur ces nouvelles règles dans une interview à Cyclingnews. « Notre objectif est de protéger les coureurs. Je pense que dans quelques mois, tout le monde admettra que l'interdiction du « super-tuck » était une bonne décision. La sécurité est actuellement la priorité n°1 de l'UCI et je ne dis pas cela comme un politicien. La sécurité est notre objectif commun. Nous devons tous faire quelque chose pour l'améliorer. C'est l'esprit que nous avons eu durant toutes les réunions et nous avons approuvé les règles à l'unanimité. Je pense que c'est un grand pas pour la sécurité. Certaines mesures seront prises dans les prochaines semaines, d'autres dans les prochains mois, et d'autres grâce aux nouvelles technologies. Je pense que nous travaillons dans la bonne direction. (...) Notre objectif n'est pas de créer des problèmes pour les coureurs mais de renforcer leur sécurité. Nous avons interdit le « super-tuck » car les coureurs ont expliqué que cela leur donnait 14% de vitesse en plus et s'ils ne l'utilisaient pas, ils pouvaient être laissés derrière. Mais c'est dangereux et les coureurs ont dit que leurs femmes n'étaient pas contentes quand elles les voyaient faire ça. (...) Ce sera comme en football. Si le commissaire ou l'arbitre-vidéo voit une faute, le coureur pourra être mis hors-course. On pourra le faire immédiatement après une course, pas des jours après, ce serait trop tard. Le cyclisme peut être dangereux et le but ultime de l'UCI est de réduire le danger dans le cyclisme. »

Lappartient : "Les coureurs ne doivent plus vider leurs poches sur la route"

David Lappartient souhaite aussi que les coureurs soient plus respectueux de l'environnement, et n'hésitera pas à sévir en cas de manquement. « Je sais que les gens pensent qu'on se concentre sur des petits détails, mais est-ce qu'un bidon, c'est un détail si cela cause la chute de Geraint Thomas et son abandon sur le Giro ? Nous devons être vus comme un sport vert. Le Grand Départ du Tour de France était prévu à Rennes, mais il aura lieu à Brest car le parti écologiste a refusé de recevoir le Tour car il ne l'estimait pas « vert ». Les coureurs ne doivent plus vider leurs poches sur la route. Nous utilisons les routes publiques, et si on veut continuer à les utiliser, nous devons être un sport propre. » Le message sera-t-il entendu ? Réponse lors des prochaines courses...

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