Ligue des Nations - Grebennikov : " Il faut atteindre la perfection "

Ligue des Nations - Grebennikov : " Il faut atteindre la perfection "©Media365
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Quentin Migliarini, publié le samedi 30 juin 2018 à 17h33

A cinq jours du coup d'envoi de la Ligue des Nations à domicile, le libéro de l'équipe de France Jenia Grebennikov évoque ce rendez-vous capital du week-end prochain.

Jenia Grebennikov, cette nouvelle formule est-elle plus éprouvante que la Ligue Mondiale, dont vous êtes les tenants du titre ?
Toutes les formules de la World League (Ligue Mondiale, NDLR), ou de la VNL (Ligue des Nations, NDLR) cette année, ont toujours été très éprouvantes, usantes pour les organismes. On a eu la chance de rester en Europe, beaucoup d'équipes ont voyagé partout dans le monde. On a été assez chanceux de ce point de vue. Je pense que la formule est assez juste dans la mesure où il fallait rencontrer toutes les équipes de ce tournoi et figurer parmi les six meilleures à la fin. On s'est qualifié sportivement, aussi grâce à l'organisation du tournoi à domicile, mais je pense que c'est très juste. Les six meilleures équipes du monde se sont extirpées de ces qualifications, du coup ça donne un super tournoi. Ce sont vraiment les meilleurs qui vont s'affronter à partir de mercredi, la semaine prochaine.

Comment vous sentez-vous avant d'aborder la dernière ligne droite de ce marathon (quinze matches en cinq week-ends pour les qualifications) ?
Le marathon s'est plutôt bien passé, on a eu la chance d'évoluer la plupart du temps en Europe. Laurent Tillie, l'entraîneur, a aussi ménagé certains éléments du groupe pour permettre aux joueurs, éreintés par une saison éprouvante, de se reposer un peu. Du coup, physiquement, on se sent bien, mentalement aussi. On est surtout super content de recevoir ce Final Six. On aime bien jouer devant notre public.

Après une dernière étape à Modène (du 22 au 24 juin) avec l'équipe de France, vous avez filé à Trente (ville où il évoluera la saison prochaine). Avez-vous pris le temps de vous reposer un peu ?
J'ai eu le temps de décompresser, c'était vraiment pour reposer la tête et le corps. On a eu le droit à un petit marathon, mais c'était un réel plaisir de jouer à Modène. Pour moi en particulier, j'y vais toute l'année. Il y a aussi pas mal de joueurs qui évoluent habituellement dans le championnat polonais et qui ont eu la chance de jouer là-bas (du 1er au 3 juin). J'ai vraiment adoré, on a vu des gens à l'étranger qu'on côtoie durant l'année. C'était vraiment un réel plaisir. Physiquement et mentalement on est prêts, on travaille pour ça. On a encore quelques jours pour être au top physiquement.


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Comment va s'organiser la montée en puissance d'ici à mercredi ?
On se prépare, on va commencer à étudier de près les vidéos de nos adversaires. On sait que ça va être très difficile, on débute ce tournoi par un gros morceau, le Brésil. On est concentré sur notre jeu, nos petits réglages techniques, mais aussi tactiques. On travaille sur nous-mêmes pendant environ trois jours et on attaquera ensuite la vidéo pour analyser le jeu de nos adversaires.

Quand on a, comme vous, battu le Brésil assez sèchement (25-19, 25-23, 25-23) dernièrement, la vidéo ne sert-elle pas davantage à peaufiner votre propre jeu ? 
On se méfie de tout le monde. On va d'abord se focaliser sur notre jeu, effectivement, parce qu'on a quelques réglages à faire pour être vraiment parfait. Il faut atteindre la perfection pour ce Final Six. On sait qu'on n'a pas le droit à l'erreur. On a envie de travailler sur nous-mêmes parce qu'on sait qu'on a cette capacité d'évoluer positivement et d'augmenter notre force, notre niveau de jeu. Je pense qu'on peut faire encore mieux que ce que l'on a fait jusqu'à maintenant dans cette phase de qualifications.

Quels sont les écueils, les dangers à éviter ? Quels sont les points à améliorer ?
À mon sens, il va falloir qu'on soit un peu plus propres. Il s'agit de gommer les petites erreurs commises pendant les qualifications. Chaque joueur doit, à titre individuel, resté concentré sur ce qu'il a à produire sur le terrain. Cette exigence doit nous permettre de retrouver cette osmose sur le terrain qui est un peu notre marque de fabrique. Mais ça, ça ne me fait pas peur, parce que je sais qu'on va la retrouver. Il ne faut pas qu'on perde la main. Si on est à notre niveau, il va falloir jouer et tout donner, on verra aussi en fonction de l'adversaire. Mais pour moi, il faut vraiment qu'on se focalise sur notre jeu et qu'on montre de quoi on est capables. On aura beaucoup de regrets si on rate cette compétition.

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On a le sentiment que vous avez une marge de manœuvre beaucoup plus importante aujourd'hui, et un niveau de jeu moyen beaucoup plus élevé. Qu'en pensez-vous ?
On a tous grandi ensemble. Les jeunes qui sont arrivés nous poussent et nous, les cadres, même si on n'est pas très, très vieux, on se focalise beaucoup plus sur notre jeu. On est plus matures, on a pris de l'expérience. Donc on sait, on connait ce type de rendez-vous, on sait s'adapter, comment jouer tel ou tel type de point, comment gérer le match, comment le préparer également. Il y a quatre ans, on partait au charbon sans savoir. Là, on sait ce qu'il faut démontrer pour faire déjouer l'adversaire. On est vraiment devenu une équipe solide. Je pense qu'on est capable de hausser notre niveau de jeu. On a des grands joueurs qui jouent dans des gros championnats. Il faut qu'on utilise ça. On l'a vu pendant les qualifications, on a vraiment quatorze joueurs qui peuvent arriver derrière et apporter quelque chose en plus. Il y a eu beaucoup de changements durant ces qualifications, beaucoup de turnover. On peut compter sur tout le monde.

L'équipe de France était déjà qualifiée, mais vous avez mis un point d'honneur à terminer premiers. N'est-ce pas ça finalement la clé de votre réussite, cette capacité à conserver ce niveau d'exigence ? 
L'entraîneur a mis les points sur les « i » en disant « nous, on va se qualifier aussi sportivement, pour montrer à tout le monde qu'on est prêts ». On y est arrivé, de belle manière. On a terminé premiers de cette phase en procédant à un turnover conséquent. On a joué notre volley, on a appris et grandi avec ce groupe. C'est vraiment une belle récompense. Même en étant qualifiés, on n'a rien lâché, on a prouvé que l'on méritait cette place parmi les six meilleures équipes du monde.

La Pologne est la seule équipe de ce Final Six à vous avoir battus en qualifications, mais elle est dans l'autre poule, c'est plutôt une bonne nouvelle. D'un autre côté, vous allez affronter la meilleure équipe du monde pour débuter...
C'est le Final Six des meilleures équipes du moment. Pour moi ce sont vraiment les six meilleurs, il n'y a pas eu de surprises. Je ne pourrais même pas vous dire qui est le favori du tournoi. C'est du très haut niveau, tout le monde peut gagner. Tout le monde a sa chance durant cette compétition, on ne sait jamais ce qui peut se passer durant un match. On ne craint personne, mais on se méfie beaucoup.

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