Kevin Tillie : "Tours, un beau challenge"

Kevin Tillie : "Tours, un beau challenge"©Media365

Aurélie SACCHELLI, Media365, publié le lundi 03 mai 2021 à 09h00

Après huit ans passés à l'étranger, le réceptionneur-attaquant international français Kevin Tillie (30 ans) va découvrir la Ligue A ces deux prochaines saisons, du côté de Tours. Pour notre site, il revient sur ce choix de carrière, sa saison en Italie et ses objectifs en équipe de France.


Kevin Tillie, pourquoi avez-vous choisi de signer à Tours ?
Pour le vin et les châteaux (rires). Non, c'était pour moi une opportunité de venir dans le championnat de France, où je n'ai jamais joué, malgré mes 30 ans et le fait que je sois français. C'était une belle proposition et un beau challenge. Tours est un des clubs les plus prestigieux de France et un des mieux organisés en Europe. On en discutait depuis pas mal de temps. J'ai eu une belle proposition de leur part il y a un peu plus d'un mois, et ça s'est fait petit à petit. C'est top. Je suis très content de voir leur envie de me voir dans leur club et dans le championnat de France.

Éliminé en quarts de finale de Ligue A par Chaumont, Tours ne disputera « que » la Challenge Cup la saison prochaine, cela ne vous dérange pas ?
La Champions League est une compétition très compliquée, il faut vraiment avoir une grosse équipe pour aller loin. Commencer avec ce club avec une Challenge Cup, qui sera une belle compétition l'année prochaine, avec de belles équipes comme Modène (quatre fois vainqueur de la Ligue des Champions dans les années 1990, ndlr), c'est pas mal, et on essaiera de se qualifier pour la Champions League l'année d'après.

Tours sera votre première expérience en Ligue A, comment est perçu ce championnat depuis l'étranger ?
Certains pensent que ce championnat est moins bon, mais d'autres savent que ce championnat est difficile car il est très homogène. Il y a beaucoup d'étrangers, de très bons joueurs viennent en France. Ce n'est pas un championnat facile, il faudra se méfier de ça. De l'étranger, certains disent que c'est plus faible que des championnats comme l'Italie, la Pologne ou la Russie. C'est clair, car les top clubs de ces championnats sont vraiment au-dessus, mais le niveau du championnat de France en général est très élevé par rapport aux autres, car tous les week-ends il faut se battre pour gagner.

Antonio Rouzier a signé à Paris, Nicolas Le Goff à Montpellier, vous à Tours..., le retour des internationaux en France est une nouvelle tendance ?
Ça fait pas mal d'années qu'on est à l'étranger. Ça fait envie de revenir en France.

Tillie : "J'ai vu le volley professionnel d'une autre manière cette saison"

Auriez-vous pu signer à Cannes, le nouveau champion de France, et ainsi retrouver votre Côte d'Azur natale ?
Je suis très content pour eux qu'ils soient champions de France, j'espérais qu'ils gagnent. J'ai toujours eu envie de venir à Cannes, c'est sûr, mais l'opportunité que j'ai eue était mieux à Tours, pour moi à ce moment-là. C'est une offre qui était bonne pour moi. Tours c'est un club très pro, un des meilleurs clubs pour un joueur qui vient de l'étranger. Au niveau organisation, salle, fans, c'est un club pour lequel beaucoup de joueurs ont envie de venir jouer.

Quel bilan tirez-vous de votre saison en Italie à Cisterna, où vous avez terminé derniers de la saison régulière, avec deux victoires en 22 matchs, et dixièmes de la poule de classement 5-12 ?
On a mieux fini que débuté la saison. C'était une saison très compliquée pour le club au niveau des blessures. Beaucoup ont eu le covid, dont moi. C'était très difficile de gagner, mais je pense que j'ai appris beaucoup. Il me fallait une saison comme ça. J'ai trouvé une autre motivation, alors que les autres années je voulais toujours gagner. Là, j'étais content de jouer au volley et d'être en forme. J'ai vu le volley professionnel d'une autre manière. On perdait beaucoup et il fallait trouver une autre manière de vouloir jouer, vouloir venir aux entraînements. J'étais avec ma petite famille, mon petit bébé, j'étais content de jouer au volley.

Comment avez-vous vécu votre contamination au covid-19 ?
J'ai été positif pendant 18 jours et j'ai dû rester enfermé dans l'appartement  pendant 18 jours. J'ai dû faire un match deux jours après la fin de mon confinement, c'était compliqué. On était six joueurs à avoir été touchés, d'où le problème du manque de victoires... Ce n'était pas qu'à cause de ça, mais ça n'a pas aidé.

Tillie : "On est un groupe de potes"

Vous avez disputé votre dernier match le 18 avril, qu'avez-vous fait depuis ?
J'ai pris une semaine de vacances  complète, puis j'ai commencé à reprendre les entraînements physiques au CREPS d'Antibes avec mon préparateur perso. Je vais essayer de me préparer au mieux avant le 17 mai et le début de la préparation avec l'équipe de France pour la Ligue mondiale. C'est le repos mental qui est le plus important.

Les Bleus n'ont plus joué depuis le TQO de janvier 2020. Comment l'avez-vous vécu ? Les automatismes seront-ils faciles à retrouver ?
Les joueurs qui évoluent dans le même championnat ont pu se voir, mais l'équipe de France en elle-même ne s'est pas vue depuis longtemps. On hâte de se revoir, ça manque. On est un groupe de potes et on ne s'est pas vus depuis un an et demi, presque. On se connait depuis tellement longtemps que je ne pense pas qu'on aura du mal à retrouver les automatismes. Pour une équipe qui ne se connait pas, qui est nouvelle, c'est sûr que c'est compliqué mais nous, ça fait dix ans qu'on joue ensemble donc ça devrait aller.

L'objectif de cette année, c'est la médaille à Tokyo ?
Ça c'est sûr, on voudrait tous revenir avec une médaille olympique.

Il se pourrait que les JO se déroulent à huis clos, le regrettez-vous ?
On a pris l'habitude cette saison, on a quasiment joué tous nos matchs sans spectateurs. C'est quand même compliqué pour un athlète de jouer sans spectateurs, car on joue aussi pour les fans, pour le fun, avoir l'adrénaline, le bruit... Avoir les supporters derrière nous est quelque chose qui nous motive énormément.

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