Kevin Tillie : " Décrocher une médaille à l'Euro "

Kevin Tillie : " Décrocher une médaille à l'Euro "©Media365

Aurélie SACCHELLI, publié le lundi 06 mai 2019 à 09h00

Demi-finaliste du championnat d'Italie après avoir débuté la saison en Chine, le réceptionneur-attaquant international français Kevin Tillie (28 ans) fait le bilan pour notre site, et se penche sur les immenses défis qui attendent l'équipe de France dans les quatre prochains mois.

Kevin Tillie, comment allez-vous en cette fin de saison qui vous aura vu porter les couleurs de Pékin puis de Modène ?
Je profite d'un peu de repos. J'ai fait la saison en Chine, et ensuite les play-offs en Italie, et on a été éliminé en demi-finales. Maintenant je profite un peu, je suis de retour en France depuis mercredi.

Votre club de Modène s'est incliné au cinquième match décisif contre Pérouse en demi-finales, cela vous laisse-t-il des regrets ?
Oui, pas mal, car ils étaient censés être plus forts que nous. Ils étaient champions en titre, et ils ont pris en plus l'un des meilleurs joueurs du monde cette saison (le Cubain Wilfredo Leon Venero, ndlr). On était censés perdre facilement contre eux, mais on a réussi à aller jusqu'au cinquième match décisif. Et dans ce match on menait deux sets à un, on n'était vraiment pas loin de gagner (25-23, 15-8 pour Pérouse dans les deux derniers sets, ndlr). On n'a vraiment pas eu de chance. On était à deux doigts de la finale.

Vous êtes arrivés en mars à Modène, êtes-vous parvenu à vous adapter facilement à votre nouvelle équipe ?
Je m'adapte assez facilement un peu partout où je vais. Les gars étaient très sympas, le coach me faisait confiance. J'ai réussi assez rapidement à prendre ma place et à être titulaire sur les derniers matchs.

Le fait d'avoir déjà joué en Italie, à Ravenne en 2014-15, vous a-t-il aidé ?
Ce qui était très important, c'est que je parlais italien, donc c'était très facile pour s'adapter. Le coach n'a pas eu de problèmes avec moi. Je connaissais le championnat, même si ça change beaucoup car Modène est une des meilleures équipes alors qu'à Ravenne c'était plus en milieu de tableau, et c'était ma première année professionnelle. Là, j'avais un peu plus d'expérience, donc c'était plus facile pour moi.

Vous avez signé jusqu'à la fin de cette saison à Modène. Où serez-vous la saison prochaine ?
On est en train de voir avec Modène pour la saison prochaine, et aussi avec d'autres équipes. Modène est très content de moi. Je vais très bientôt me décider.

Vous avez joué de 2017 à 2019 à Pékin, que retenez-vous de cette expérience chinoise ?
Je n'en garde que des bons souvenirs. Pour moi, c'était une chance de pouvoir jouer dans un pays comme ça. C'était très cool. C'était une sorte d'aventure. J'ai beaucoup aimé et c'est pour ça que je suis resté deux ans. L'année prochaine, ils vont changer de joueurs, malheureusement. C'était une bonne expérience pour moi. J'ai beaucoup appris sur moi-même.

Tillie : « J'adore voyager, voir de nouveaux pays »

Comment était le championnat chinois ?
Le niveau est plus faible, ça c'est clair. Dans ce championnat, on est peu d'étrangers, donc on progresse beaucoup sur d'autres aspects. Par exemple, j'étais leader, j'avais plus de responsabilités que dans d'autres clubs, et ça m'a beaucoup apporté. Financièrement aussi, c'était un gros plus. Ce qui est frustrant, c'est qu'on a perdu deux fois en finale (contre Shanghai, champion depuis 2015, ndlr). La deuxième année, on sentait qu'on était meilleur et on a quand même perdu.

Vous qui jouiez auparavant à Kędzierzyn-Koźle en Pologne, cela a dû vous faire bizarre d'arriver à Pékin...
C'était le jour et la nuit (sourires). Avec ma femme on a beaucoup aimé Pékin. C'est une grande ville avec beaucoup de choses à faire, des endroits traditionnels, des temples, des restaurants, des parcs... Le fait de pouvoir prendre le métro ou le vélo partout dans la ville, c'était sympa. Je n'ai pas appris le chinois, c'est très compliqué. J'avais un traducteur avec moi, à tous les entraînements, tous les matchs, qui m'aidait.

Vous êtes un véritable globe-trotter du volley !
J'ai joué au Canada, aux Etats-Unis, en Italie, en Turquie, en Pologne et en Chine. J'adore voyager, voir de nouveaux pays, c'est ce que j'aime faire.

Et le championnat français ?
Peut-être, on verra... Pour le moment j'ai de bonnes opportunités à l'étranger, donc autant en profiter.

Après la saison en club, place à l'équipe de France, avec un programme extrêmement chargé d'ici septembre...
Cet été est très rempli, avec la Ligue des Nations jusqu'au mois de juillet, puis le Tournoi de qualification olympique en août, et l'Euro en France en septembre. Mais ce qui est bien, c'est qu'on a un peu de repos avant que ça commence, alors qu'il y a eu des saisons où on n'avait pas le temps. On va pouvoir se reposer avant de repartir à fond.

Quel est l'objectif le plus important ?
Cette année, l'objectif le plus important, c'est la qualification olympique et l'Euro. L'Euro, forcément, c'est très important parce que c'est en France. On n'a jamais eu un grand événement comme ça. On fera tout pour bien faire.

Tillie : « On a un peu de pression »

Quel sera l'objectif lors de cet Euro ?
Décrocher une médaille. Le problème c'est qu'on a toujours bien réussi la Ligue mondiale pendant l'été, et la compétition d'après, on n'a pas réussi à performer. On va tout faire cette année pour que ça se passe autrement. Quand je vois l'Euro de handball ou de basket en France, je trouve ça génial. J'espère que ce sera aussi bien. En plus, ils ont tous remporté des médailles. On a un peu de pression.

Comment voyez-vous le TQO en Pologne, qui s'annonce très difficile, avec un seul billet qualificatif ?
On a l'une des poules les plus dures. Il y a la Pologne championne du monde, mais aussi la Slovénie, qu'on avait battue en finale de l'Euro 2015, et la Tunisie. On espère se qualifier et ne pas jouer un deuxième TQO en janvier, on verra... Heureusement, il nous restera une chance après ce TQO d'août. Le problème c'est qu'au volley, les meilleures équipes sont en Europe et il y a peu de places pour les JO.

Cette année, la Ligue des Nations, qui vous réussit toujours bien, sera un peu mise de côté ?
Ce sera moins important. On la jouera quand même, mais je pense que ça sera un mode de préparation pour les événements d'après, ça pourra être l'occasion de faire tourner l'effectif.

Quand allez-vous rejoindre les Bleus, alors que le premier match de Ligue mondiale aura lieu le 1er juin en Serbie ?
Il y a des joueurs qui ont fini tôt et qui reprennent cette semaine. Moi, je reprendrai mi-mai. D'autres jouent encore et arriveront plus tard.

Aurez-vous le temps de voir vos frères d'ici là ?
On va sans doute se voir en juin, mais ce n'est pas facile. Mon petit frère est aux Etats-Unis, il se prépare pour la Draft NBA, on va voir si des équipes sont intéressées (Killian, âgé de 21 ans, a jusqu'au 29 mai pour confirmer son inscription à la Draft, ou décider de retourner à l'université de Gonzaga pour une dernière année, ndlr). Et mon grand frère (Kim, 30 ans) finit le championnat espagnol avec Gran Canaria (actuellement 12eme à quatre journées de la fin, ndlr).

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