WTA : Les confessions de V.Williams

WTA : Les confessions de V.Williams©Media365
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Aurélien CANOT, publié le mercredi 10 juin 2020 à 12h28

Dans le cadre de sa série d'interviews pour la plate-forme Tennis Majors, Alizé Lim a recueilli récemment les confessions de Venus Williams.



L'interview-vérité de Venus Williams. Depuis son domicile floridien, la championne américaine a répondu longuement récemment aux questions d'Alizé Lim dans le cadre de la série d'entretiens Major Talk menée par la joueuse française pour la plate-forme Tennis Majors. L'aînée des deux sœurs Williams (39 ans) avoue notamment qu'elle n'est pas pressé de prendre sa retraite, même si elle ne se voit pas non plus fouler encore les courts à... 80 ans. « Je ne jouerai probablement pas aussi longtemps que ce que j'ai déjà joué, disons, sauf s'il y a un circuit spécial pour moi. On verra comment je me sens. J'aime toujours autant la victoire, mais quand c'est fini, c'est fini. » Ne serait-ce que pour pouvoir participer à de nouveaux Jeux Olympiques (à Tokyo en 2021, s'ils ne sont pas annulés), elle qui affiche déjà quatre médailles d'or à son palmarès (dont trois en double), mais reste toujours autant fan de l'épreuve. « J'adore les JO. Mon père a toujours aimé ça, ça a toujours été son rêve. C'est pour ça que j'ai joué au début et j'ai aussi adoré ça en grandissant, j'ai toujours aimé y être. » De la même façon, « V » ne désespère pas de remporter enfin Roland-Garros ou l'Open d'Australie avant de raccrocher. Mais pas uniquement. « Il faut toujours avoir des rêves, donc je continue d'en avoir. J'aimerais remporter Roland-Garros. Je n'en étais pas loin. Pareil pour l'Open d'Australie : je n'ai pas eu de chance, je l'ai toujours manqué de peu. Les Masters de double à la fin de la saison, ce serait super aussi, tout comme gagner le double mixte à Wimbledon et à l'US Open. »

V.Williams : « Je serais un entraîneur horrible ! »

Tout en haut de la liste de Williams, trône néanmoins le rendez-vous parisien du Grand Chelem. Un tournoi reporté en septembre mais sans aucune garantie encore à ce jour qu'il soit maintenu. La championne aux sept sacres en Grand Chelem « croise les doigts » : « Beaucoup de sports sont de retour et les gens veulent regarder du sport de nouveau. Ca rendrait les gens heureux, on devrait essayer. » La numéro 1 mondiale, confinée aux côtés de ses proches en Floride, où elle occupe son temps entre les lives Instagram et le tennis (« Mes journées sont dingues, encore plus qu'avant pour être honnête »), sans pour autant s'entraîner tous les jours - « moralement, j'ai besoin d'y aller, mais physiquement, je n'ai pas toujours envie » - ne cache pas que quel que soit le nombre d'années qui lui reste sur le circuit, une fois qu'elle aura tourné la page, il ne faudra pas s'attendre à la retrouver dans un box, le survêtement de coach sur les épaules. Car ça, visiblement, ce n'est pas fait du tout pour elle. « Je ne pense pas que j'aimerais ça. Être là pour aider quelqu'un d'autre et attendre qu'ils aillent mieux. Je suis tellement impatiente... Je serais sur le court en train de regarder Netflix sur mon téléphone et en mangeant du pop-corn en criant : ''Fléchis tes genoux !''. Je serais un entraîneur horrible, qui crie. La personne perdrait confiance en elle », s'amuse pour Tennis Majors et Alizé Lim la joueuse redescendue au 67eme rang mondial. De la même façon, elle ne se voit pas un jour endosser la casquette de commissionnaire de la WTA alors qu'il est de plus en plus question d'une fusion entre le circuit féminin et l'ATP dont elle ne sait d'ailleurs pas trop quoi penser.

V.Williams : « J'avais oublié que mon père était aussi drôle »

« C'est flatteur, merci, mais non. Je ne suis pas patiente ni assez tolérante pour la bêtise et pour travailler avec tout le monde. En plus, je suis lasse de travailler, vraiment. J'ai envie de danser, de faire de l'art, de passer du temps avec ma mère et mon père. » La peinture et la danse interprétative font notamment partie des passions de Venus Williams lorsqu'elle ne martyrise pas la petite balle jaune. Le cinéma aussi, elle aime beaucoup, et plus encore le film « King Richard », qui reviendra sur sa carrière avec Will Smith pour interpréter le rôle de son père (sortie prévue en 2021). « C'est vraiment un très bon film, honnêtement. J'avais oublié certains moments où mon père était aussi drôle. Il disait : ''Ma fille sera encore là longtemps après notre mort et je n'élève pas une débile !'' Il parlait comme ça aux agents, j'avais oublié comme c'était hilarant », avoue l'intéressée, qui se souvient au passage de ses années où elle était « juste une intello ». « J'adorais l'école. Avec du recul, je me demande comment j'ai fait pour être six heures par jour sur le court, six jours sur sept, et parfois plus. » A l'époque, la future patronne du circuit cassait des raquettes comme John McEnroe (« Je trouvais ça cool, mais on n'avait pas beaucoup d'argent à dépenser dans ces raquettes, donc mon père m'a dit que l'on ne pouvait plus faire ça »), était déjà folle de Boris Becker (« parce que je servais comme lui ») et surtout de Monica Seles (« Sa concentration était tellement impressionnante. C'est comme si elle n'avait jamais peur. Elle fonçait et frappait fort la balle. Elle trouvait des angles rapides et était toujours rapide, c'était incroyable ! C'était vraiment ma joueuse préférée ! »

V.Williams : « Je n'ai jamais voulu dominer »

Comme sa petite sœur Serena, elle avait déjà également cette soif constante de gagner, mais pas forcément de dominer ni de laisser un souvenir impérissable, comme beaucoup le pensent. « Mon rapport à la victoire ne vieillit pas (...) Mais je ne cherche pas à ce que l'on se souvienne de moi comme la meilleure. Je suis très spirituelle donc je pense qu'il y a une vie après celle-là et que c'est juste le début. Je ne cherche pas toujours à savoir si je suis la meilleure ou si je domine, c'est juste un détail. Je sais, ça paraît étrange, mais je n'ai jamais vraiment voulu dominer. C'est ma vision des choses et c'est pour ça que je ne m'en fais pas. Je n'ai jamais pensé que ce serait grave si je n'arrivais pas à être la meilleure. Je n'en suis jamais morte, j'ai vécu des moments incroyables, j'ai été au sommet, j'ai été tout en bas. J'ai vécu des hauts et des bas, j'ai tout vécu et j'ai été aussi heureuse à chaque fois et j'ai senti à chaque fois que j'avais tout donné. Je n'ai jamais pensé que j'avais échoué ou quoi que ce soit. » Un état d'esprit qu'elle partage avec sa sœur, et là aussi, contrairement aux apparences. « Honnêtement, je pense qu'elle ressent la même chose. Parce quand tu as de plus grands objectifs que celui d'être la meilleure, tu vois les choses différemment. C'est juste ton travail. » Un travail que Venus Williams espère achever de la plus belle façon qui soit. Avant de « passer à autre chose » : « Le tennis, j'ai fait le tour ».

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