WTA : Après avoir annoncé son retour, Bartoli s'explique

WTA : Après avoir annoncé son retour, Bartoli s'explique©Media365

Rédaction Sport365, publié le mercredi 20 décembre 2017 à 17h16

Marion Bartoli a tenu une conférence de presse mercredi pour expliquer pourquoi elle avait décidé de revenir sur le circuit WTA en 2018.

Marion Bartoli, que représente ce retour sur les courts pour vous ? Ça a été un grand moment pour moi après tout ce que j'ai traversé, avec les ennuis de santé que j'ai pu avoir en 2016. Me retrouver devant vous et vous annoncer mon retour, c'est déjà une immense victoire pour moi. Après, le chemin va être long, je ne suis pas encore à mon meilleur niveau physique, même si je progresse bien. Pourquoi avez-vous donné rendez-vous au tournoi de Miami, en mars ? Mi-mars me paraît réaliste par rapport au calendrier qu'on s'est fixé et aux progrès réalisés. Ce retour, je le fais avec beaucoup d'émotion car ça représente un long chemin qui n'a pas été facile, mais je suis vraiment heureuse d'envisager un retour sur les courts. Quelle a été votre motivation ? Ça s'est fait en plusieurs étapes. Mon arrêt avait été un crève-cœur pour moi, dans la mesure où je venais de remporter mon premier tournoi du Grand Chelem. J'ai dû malheureusement m'arrêter pour une blessure à l'épaule droite qui m'empêchait de jouer au niveau que j'estimais être le mien. Après, s'il ne m'était pas arrivé ce qu'il m'est arrivé en 2016, je ne pense pas que j'aurais eu ce sentiment aussi puissant de revenir sur les courts, car c'est le tennis qui m'a tenu en vie et ça a été le point de départ pour revenir finir ce que je n'ai pas pu finir. Je n'aurais peut-être pas les résultats que j'ai eus quand j'ai arrêté ma carrière, mais c'est déjà une grande victoire pour moi de me donner cette possibilité-là. Votre père sera-t-il de l'aventure ? Sur le plan tennistique non. Ce sera un soutien affectif qui m'aidera énormément, car c'est un grand défi et le soutien familial sera précieux, mais ça restera un soutien affectif. N'avez-vous l'impression de mettre la barre très haut ? J'ai forcément des objectifs élevés en tant que compétitrice, après, ça reste des rêves. J'ai envie de bien représenter mon pays et d'aller le plus loin possible en Fed Cup, mais le plus important pour moi, c'est de continuer à m'entraîner et que mon corps soit prêt. Si je suis capable de retrouver mon meilleur niveau, je pense que j'ai une chance d'atteindre ces objectifs. Mais ce ne sera que du bonus, parce que mon titre à Wimbledon, personne ne pourra me l'enlever. En avez-vous parlé avec Yannick Noah, sachant que vous aviez mis la Fed Cup entre parenthèses à un moment de votre carrière ? Yannick m'a envoyé des messages d'encouragement pour mon retour, car il était au courant avant vous, je suis désolé. Il était au courant que je me ré-entraînais. Pour ce qui est de la Fed Cup, j'avais fait à l'époque la demande que mon papa soit présent, ce qui m'avait été refusé. Mais lors de ma séparation avec mon papa, j'ai tout de suite joué la Fed Cup. Et à partir du moment où mon papa ne fait pas partie de l'aventure, c'est normal que la Fed Cup fasse partie de mes objectifs. Comment avez-vous fait pour revenir à un bon niveau ? La phase initiale a été dirigée par une équipe médicale, car il fallait d'abord être sûr que je puisse enchaîner les journées sans que ça nuise à ma santé. J'ai fait aussi beaucoup d'examens de mon épaule droite. Ça s'est fait crescendo, ça peut paraître impressionnant de l'extérieur, mais je ne sais pas faire autrement que d'être tout de suite dans l'intensité à l'entraînement, donc je n'ai pas l'impression de m'infliger quelque chose de surhumain, j'ai toujours eu l'habitude de m'entraîner comme ça, et je sais qu'il va encore falloir augmenter les doses. On n'est qu'au début. Pouvez-vous nous dire ce qui vous est réellement passé par la tête lorsque vous avez songé à revenir sur les courts ? Le jour le plus difficile de ma vie a été en 2016 quand je devais jouer le tournoi des légendes de Wimbledon, mais que je n'avais plus l'état physique pour pouvoir jouer. Wimbledon m'a autorisé à ne pas jouer, car les organisateurs pensaient que je pouvais faire un arrêt cardiaque et mourir, donc je me suis jurée que si je pouvais un jour être sur un court, je voulais pouvoir revivre ce que j'ai vécu trois ans avant, ça a été là le point de départ. Je voulais pouvoir m'accrocher à quelque chose d'assez fort pour pouvoir tenir la tête hors de l'eau. A quel pourcentage physique et tennistique vous estimez-vous aujourd'hui ? Au niveau tennis, je suis à 80% du niveau que j'avais quand j'ai gagné Wimbledon. Au niveau physique, il me manque 40% par rapport à ce niveau maximal qui m'avait permis de gagner ce tournoi du Grand Chelem. C'est pour ça qu'il y a encore deux ou trois mois à attendre. Comprenez-vous que les gens s'interrogent à propos de votre retour ? Oui, la question est totalement légitime. C'est pour ça que la première phase a été supervisée par une équipe médicale pour être sûr que j'étais capable d'encaisser des séances assez difficiles et d'enchaîner les journées. Aujourd'hui, j'ai le feu vert et je suis très motivée. N'avez-vous pas l'impression de risquer de gâcher votre première partie de carrière en reprenant la compétition ? Non, car personne ne pourra m'enlever ce que j'ai fait auparavant. Si je m'entraîne et que je fais ce que je fais au quotidien, c'est pour gagner, pas pour perdre tout au premier tour. Ce n'est pas une partie de poker où je prends le risque de gâcher ce que j'ai fait auparavant. J'espère vivre encore de belles choses. Je ne vois pas en quoi je mets en péril ce que j'ai fait auparavant. Votre identité de jeu sera-t-elle différente ? Non, ce sera exactement la même chose, je ne vais pas inventer un nouveau jeu à 33 ans. Remettre la balle dans le terrain trois mètres derrière la ligne ça n'a jamais été mon jeu et ça ne le saura jamais. C'est sur cette intensité que je suis la plus forte et ça me convient très bien. En revanche, ce qui va changer, c'est qu'avant, je servais avec un bras tendu. Il va falloir que j'apprenne à servir avec un bras armé fléchi, ce qui n'est pas facile à 33 ans, mais il faudra s'y faire. Est-ce l'instabilité des joueuses au plus haut niveau ces dernières années qui vous laisse penser que vous avez votre place à la table des grandes du circuit ? Non, parce que s'il ne m'était pas arrivé ce qu'il m'est arrivé, je n'aurais pas eu cette volonté de vouloir revenir. Pour reprendre à zéro comme ça, il faut vraiment que ça soit au fond de vous. Même si les noms sont peut-être moins connus, le niveau reste élevé. Ce qui me guide, c'est l'amour du tennis. J'avais toujours un contact très fort avec le tennis, c'est cette motivation-là qui me guide au quotidien, pas de me dire que c'est plus facile de jouer Ostapenko que Serena Williams. Allez-vous de nouveau n'orienter uniquement votre carrière que sur le tennis ? Non, car je continue mes collections de mode et le reste de mes occupations. J'adore les voir sortir et les voir porter, mais ce sont des projets différents. Je resterai dessinatrice de mode et je continuerai de commenter quelques matchs. Pensez-vous que votre challenge soit plus difficile que celui de Serena Williams, qui va reprendre après avoir eu un enfant ? Vous oubliez de dire que j'ai eu quatre ans d'absence, quatre mois d'hospitalisation, que je suis redescendue à 41 kilos et passée près de la mort. Après, Serena, c'est la plus grande joueuse de tous les temps, donc elle pourrait revenir après quasiment tout. Vous avez évoqué un retour à l'occasion du tournoi de Miami. Mais pensez-vous que vous recevrez une invitation ? Je n'en ai pas encore fait la demande, mais j'ai atteint les demi-finales du tournoi deux fois, donc je pense avoir des chances de l'obtenir. Mais nous n'avons pas encore contacté les organisateurs du tournoi. Vous êtes-vous déjà mise en règle par rapport au règlement antidopage ? J'étais inscrite depuis le 12 novembre, donc je peux reprendre la compétition à partir du 12 février. J'ai donné mon programme pour les trois mois à venir à partir de janvier.

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