US Open (F) : Les joueuses mères de famille seront protégées à l'avenir.

US Open (F) : Les joueuses mères de famille seront protégées à l'avenir.©Media365
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Mathieu WARNIER, publié le dimanche 24 juin 2018 à 07h47

La présidente de la Fédération Américaine de tennis a confirmé que l'établissement des têtes de série pour le tableau féminin de l'US Open prendra en compte la grossesse de certaines joueuses.

Absente des courts pendant plus d'un an pour donner naissance à sa fille Alexis Olympia Ohanian Jr, Serena Williams avait été privée du statut de tête de série à Roland-Garros par son classement. Classée à la 453eme position au début de la quinzaine parisienne, l'Américaine n'avait pas été protégée et, sans un forfait pour une blessure à un bras, elle aurait dû affronter Maria Sharapova dès les huitièmes de finale. Suite aux critiques nombreuses contre la Fédération Française de tennis à ce sujet, venant notamment d'Amérique du Nord, la Fédération Américaine de tennis (USTA), par la voix de sa président Katrina Adams, a pris une mesure en faveur des joueuses revenant de grossesse en vue du prochain US Open. Cette situation particulière sera prise en compte par les organisateurs de la dernière levée du Grand Chelem, qui aura lieu du 27 août au 9 septembre prochain à Flushing Meadows, lors de l'établissement des têtes de série.

Adams : « Un bon message pour nos joueuses et futures joueuses »


Actuellement classée à la 183eme place mondiale, Serena Williams, avec cette nouvelle disposition, pourrait très bien prétendre au statut de tête de série. L'Américaine, avant de mettre entre parenthèses sa carrière à la suite de sa victoire à l'Open d'Australie 2017, pointait à la première place mondiale et pourrait, ainsi, retrouver un statut de tête de série. « C'est la bonne chose à faire pour ces mamans qui retrouvent la compétition, assure dans un entretien au New York Times Katrina Adams. L'US Open pourrait corriger les têtes de série si la grossesse est un facteur du classement actuel d'une joueuse. » Cette décision, qui fait notamment suite aux critiques contre les organisateurs de Roland-Garros venant de personnalités comme Ivanka Trump, fille du président des Etats-Unis Donald Trump, est vue par la présidente de l'USTA comme une décision juste, visant à ne pas pénaliser les choix de vie des joueuses. « Nous pensons que c'est un bon message pour nos joueuses et futures joueuses, ajoute cette dernière. Vous pouvez très bien vous en aller, être une femme, devenir maman et revenir à votre travail, je crois que c'est un message important. »

Adams : « Je ne voudrais pas être la 32eme joueuse mondiale »


Mais, même au sein des joueuses du circuit WTA, cette décision risque de faire grincer des dents. Alors que Petra Kvitova, interrogée ce jeudi en marge du tournoi de Birmingham, a assuré qu'elle considérait que Serena Williams méritait la neuvième place mondiale à l'heure actuelle, ce n'est pas le cas de Barbora Strycova. La Tchèque, actuellement 24eme mondiale, a été très claire à ce sujet. « Pourquoi devrions nous accorder le statut de tête de série à quelqu'un qui a fait le choix d'avoir un bébé ? Ce n'est pas comme si c'était une blessure, assure celle qui a remporté deux titres sur le circuit WTA. Je ne pense pas que vous devriez recevoir ce statut dans un tel cas. C'est dur, mais c'est mon opinion. » Face à cette situation, Katrina Adams assure assumer une telle décision et comprendre que cela puisse engendrer de la frustration. « Je suis une ancienne joueuse et c'est quelque chose que je comprends. Je ne voudrais pas être la 32eme joueuse mondiale, qui a travaillé dur durant l'année écoulée pour obtenir ce classement, tempère la patronne du tennis américain. Mais nous sommes un tournoi du Grand Chelem et nous avons le droit et l'opportunité de classer les joueuses en fonction de ce que nous pensons être justifié. » Reste à voir quelle sera la position retenue pour Serena Williams ou encore pour Victoria Azarenka, qui a également mis entre parenthèses sa carrière ces dernières années pour son fils Leo.

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