Roland-Garros : Pourquoi il ne faut pas enterrer Thiem trop vite

Roland-Garros : Pourquoi il ne faut pas enterrer Thiem trop vite©Media365

Arthur Merle, publié le jeudi 08 juin 2017 à 20h13

Rafael Nadal fonce vers un dixième sacre à Roland-Garros. Mais vendredi, en demi-finale, l'Espagnol pourrait être beaucoup plus gêné qu'on ne le pense par l'obstacle majeur que représente Dominic Thiem. Voici pourquoi.

Parce que Thiem est le dernier tombeur de Nadal sur terre battue

C'est une donnée qui revient souvent au moment d'évoquer le duel qui opposera l'Autrichien (23 ans, n°7 mondial) à l'Espagnol (n°4), vendredi à Roland-Garros. Thiem est le seul joueur à avoir battu Nadal sur ses 25 derniers matchs sur terre battue. C'était lors du quart de finale du Masters 1000 de Rome, le 19 mai dernier. Le premier revers de la saison sur terre battue pour l'Espagnol, et le dernier en date. L'Autrichien avait eu la peau de l'ogre Rafa en deux sets (6-4, 6-3), après avoir subi sa loi à deux reprises, à Barcelone et Madrid. Sportivement, la courbe d'évolution des performances de Thiem contre Nadal franchirait en tout cas un nouveau palier en cas de succès vendredi : une défaite sèche à Barcelone (6-4, 6-1), un nouveau revers marqué par un premier set de très haut niveau à Madrid (7-6, 6-4), une victoire en deux sets à Rome... avant une victoire dans un Grand Chelem ?

Parce qu'il est en confiance et n'a rien à perdre

Si sa septième place à l'ATP fait de lui l'intrus de ce dernier carré, sa troisième place à la Race confirme en revanche sa forme étincelante du moment. En 2017, l'Autrichien a enregistré jusqu'ici 35 victoires et 12 défaites. Mais avec son titre à Rio de Janeiro (victoire 7-5, 6-4 face à Carreno Busta) et ses deux finales à Barcelone et Madrid, c'est sa saison sur terre qui impressionne véritablement. Le joueur reconnaît d'ailleurs volontiers qu'il se sent très bien sur cette surface, qui lui permet de bien sentir la balle. A l'échelle de Roland-Garros, Thiem n'a, comme son adversaire de vendredi, toujours pas lâché un set dans cette quinzaine, écartant Tomic, Bolelli, Johnson, Zeballos, et même Novak Djokovic en trois manches. De l'autre côté, dire que Rafael Nadal est lui aussi en confiance serait un euphémisme, au vu de ses 22 petits jeux perdus depuis le début du tournoi. Mais avouons-le, l'Espagnol a bien plus gros à perdre que son adversaire : une Décima qui lui est promise depuis plusieurs semaines et qui serait, à 31 ans, son premier titre en Grand Chelem depuis Roland-Garros 2014. Nadal est ultra-favori, mais il sera intéressant de voir comment il gérera la pression, à deux matchs d'un potentiel sacre si important à ses yeux.

Parce qu'il a les armes pour lutter sur terre, en cinq sets

Soyons clair, la possibilité de voir Dominic Thiem s'imposer en trois petits sets vendredi est plus que minime. Si un exploit devait arriver, on peut supposer qu'il serait l'épilogue d'une rude bataille en cinq manches, de celles dont ce Roland-Garros 2017 a (pour l'instant) cruellement manqué. Et l'Autrichien semble avoir les armes pour un tel combat. L'impact que le joueur est capable de mettre dans chaque frappe de balle est impressionnant et représente un vrai atout pour ne pas avoir à défendre plusieurs mètres derrière sa ligne. Son revers à une main peut faire très mal, (11 coups gagnants face à Djokovic, son meilleur total du tournoi), et son coup droit est très lourd. Thiem, qui a effectué son service militaire alors qu'il était 39eme mondial à 21 ans, possède aussi des qualités physiques hors normes, qui peuvent lui permettre de tenir sur la durée. Enfin, du haut de ses 23 ans, l'Autrichien a déjà montré qu'il savait gérer les moments importants, comme à 5-6 au premier set contre Djokovic mercredi, puis dans le tie-break. Nadal, de son côté, a passé moins de huit heures sur les courts avant cette demi-finale et sera donc très frais physiquement. Mais vendredi, le niveau risque de monter de plusieurs crans, et il n'est pas impossible qu'il subisse un petit contrecoup après plusieurs matchs qui furent des formalités.

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