Thomas Siniecki, Media365 : publié le mardi 27 mai 2025 à 21h30
Une "super expérience", c'est ainsi que Jakub Mensik a vécu sa victoire bouillante devant Alexandre Muller.
Le match entre Jakub Mensik et Alexandre Muller a été marqué par une forte tension descendue des tribunes sur le petit court n°14, le public dépassant parfois les bornes à l'endroit du Tchèque de 19 ans qui, malgré son jeune âge, est resté globalement calme et semble surtout avoir tiré profit de cette atmosphère : "Je savais avant le match que ce serait difficile, que l'ambiance serait dingue mais pour lui. Je n'en attendais pas beaucoup, pour être honnête. Mais c'était une super expérience, je suis content. Tout le monde me disait qu'à Roland-Garros, le public français est particulier."
"J'imaginais juste que c'était moi que le public encourageait"
Le 19e joueur mondial, vainqueur en mars du Masters 1000 de Miami (sur dur) et qui a atteint les quarts sur terre à Madrid, a pensé très fort à son idole Novak Djokovic, jusqu'à imiter comme lui un chef d'orchestre : "Je sais qu'il dit que lorsque le public est contre lui, ça le pousse. Je me le suis répété. Et lorsqu'on criait son nom, j'essayais de me concentrer et de me dire dans ma tête que c'était mon nom qu'ils criaient." Pas facile par moments, mais il juge s'en être bien sorti et il a plutôt raison. "Peut-être que ça m'a poussé et que c'est pour ça que j'ai aussi bien joué au quatrième set..." A même pas 20 ans, c'est en tout cas aussi formateur que prometteur pour cette grande machine, effectivement réglé comme un métronome et qui a joué le plomb pendant plus de trois heures face à ce Français si accrocheur.
Alexandre Muller, lui, estime que le public a joué son rôle et a apprécié. Presque comme Mensik, finalement, ce dernier ayant ostensiblement célébré après le gain du tie-break dans le troisième set : "Dans ma tête, j'imaginais juste que c'était moi que le public encourageait, c'était la clé. Parce que si je m'insultais et que je me disais que je détestais cette situation, j'aurais commencé à mal jouer." Le vainqueur du jour estime qu'on était encore dans les limites du fair-play : "Parfois, crier et faire du bruit entre les services, c'est peut-être aller un peu loin. Mais c'est une expérience et Roland-Garros est aussi connu pour ces fans extrêmement présents. Quelquefois, on dirait un peu un match de football. Je pense que ça allait." Aux supporters français, peut-être, de commencer à réfléchir au fait que les adversaires se servent désormais de leurs attitudes.












