Emmanuel LANGELLIER, Media365 : publié le lundi 18 mai 2026 à 11h15
Au cours de l'histoire de Roland-Garros, plusieurs Français ont marqué les esprits grâce à leurs exploits réalisés sur la terre battue parisienne.
Si le public français attend toujours un successeur à Yannick Noah, dernier vainqueur tricolore en 1983 , et une première lauréate depuis Mary Pierce en 2000, il a eu l'occasion à plusieurs reprises de s'enflammer sur les courts de la Porte d'Auteuil pour ses représentants. Depuis au moins une quarantaine d'années, plusieurs éléments de l'Hexagone ont fait vibrer l'assistance parisienne grâce à des performances d'envergure restées dans les mémoires. La plus ancienne dont on a choisi de vous parler ici est aussi la plus avancée dans le tournoi. Alors classé 139e joueur mondial, Christophe Roger-Vasselin s'était offert le numéro 1 mondial de l'époque, Jimmy Connors, en quarts de finale lors de l'édition 1983. Quelques jours avant le sacre de Noah, tombeur d'Ivan Lendl (n°3) en quarts, CRV avait anéanti l'Américain en 3 sets (6-4, 6-4, 7-6).
Christophe Roger-Vasselin, 139e, surprend Connors (n°1 mondial) en quarts
« Effectivement je croyais rêver (à 2 sets 0). Moi sur le Central en train de battre Connors ! (...) Avant chaque match, je me dis pourquoi pas ? Tout peut arriver en tennis, on peut battre des joueurs très forts, même si on a un peu d'appréhension. En fait, c'est vrai que je me surprends un peu quand même... », avait lâché après son exploit Roger-Vasselin, ensuite étrillé par Noah en demi-finales (6-3, 6-0, 6-0). Olivier Mutis, seul Français à avoir vaincu Rafael Nadal sur terre battue , avait lui réussi à sortir un numéro 2 mondial à Roland-Garros : le 26 mai 2004, au 2e tour, le jeune Français (71e mondial) avait renversé Andy Roddick, peu à l'aise sur terre battue, après 5 manches d'effort (3-6, 6-3, 6-7, 6-3, 6-2). Éric Winogradsky, âgé de 21 ans et 152e à l'ATP, avait fait presque aussi bien en éjectant le 3e meilleur joueur du monde en 1987. Celui qui entraînera Jo-Wilfried Tsonga bien des années plus tard avait enflammé le Grand Chelem tricolore lorsqu'il avait surpris Stefan Edberg (7-6, 7-6, 7-5) en 1987.
Gilbert s'offre Becker le même jour que le sacre européen de l'OM
Avec sa patte de gaucher, Rodolphe Gilbert (92e) s'était offert le scalp de Boris Becker, 4e mondial, en 3 manches également (7-5, 6-3, 7-5) au 2e tour, un certain 26 mai 1993, jour qui s'était achevé par la victoire de l'Olympique de Marseille contre l'AC Milan (1-0) en finale de la Ligue des champions. De son côté, Jérôme Haehnel, 271e et issu des qualifications, avait éliminé d'entrée un ancien vainqueur (en 1999) : Andre Agassi, alors 6e mondial, en fin de carrière à 34 ans et gêné par des douleurs récurrentes au dos, battu sèchement (6-4, 7-6, 6-3) en 2004. Et, vous souvenez-vous de Nicolas Coutelot ? 208e au classement mondial et amoureux de l'ocre, le Français avait signé l'exploit en 2003 aux dépens de l'Argentin David Nalbandian, 8e mondial, au 2e tour (6-3, 6-3, 4-6, 2-6, 6-1).
L'émouvante victoire de Razzano contre Serena Williams
Les Françaises se sont elles aussi illustrées à Roland-Garros par des performances surprises. Tout le monde se souvient de l'émouvante victoire de Virginie Razzano sur Serena Williams. Le 29 mai 2012, au 1er tour, la 111e mondiale, touchée quelques mois auparavant par la perte de son compagnon et entraîneur, vaincu par un cancer, avait attendu sa 8e balle de match pour écoeurer la légende américaine (5e à la WTA) au terme d'un énorme combat de 3h03 (4-6, 7-6, 6-3). 2 ans plus tard, l'exploit était signé Kristina Mladenovic (103e), tombeuse de Na Li, n°2 mondiale et lauréate de l'Open d'Australie en début de saison, au 1er tour (7-5, 3-6, 6-1). D'entrée, Diane Parry avait également surpris la dauphine du classement planétaire en 2022. A seulement 19 ans, la 97e mondiale avait supplanté la tenante du titre Barbora Krejcikova (1-6, 6-2, 6-3) dans l'ambiance surchauffée du court Philippe-Chatrier au toit fermé. L'an passé, Roland-Garros s'était enflammé pour Varvara Gracheva (88e), joueuse d'origine russe naturalisée française en 2023, étonnante vainqueure au 1er tour de la Grecque Maria Sakkari, 7e mondiale, en 3 sets (3-6, 6-4, 6-3).














