Emmanuel LANGELLIER, Media365 : publié le vendredi 22 mai 2026 à 11h00
Roland-Garros dispose désormais de deux courts dotés d'un toit rétractable pouvant permettre jouer lorsque la pluie s'en mêle.
A l'image de l'Open d'Australie (depuis 1988), de Wimbledon (2009) et de l'US Open (2016), Roland-Garros a évolué ces dernières années en optant pour un grand changement : l'apparition de toit rétractable. C'est l'ère de la modernité et c'était une nécessité décidée dans le cadre des travaux de modernisation du stade Roland-Garros, le plus désuet des 4 tournois du Grand Chelem, lancés par la Fédération Française de tennis dès 2011 et débutés en 2017. L'épreuve française a rattrapé son retard par rapport aux autres Majeurs et deux courts sont désormais dotés d'un toit.
On peut jouer sur deux courts toute la journée
Bijou architectural, le nouveau court Philippe-Chatrier, le court « central », le plus grand doté de 15 000 places, a été inauguré en grande pompe en 2020 , année particulière durant le Covid. Composé d'ailes en référence au biplan de l'aviateur Roland-Garros (11 ailes de 330 tonnes, dépliables en 15 minutes et couvrant une surface d'un hectare), l'endroit vivra sa 6e année en 2026, tandis que le court Suzanne-Lenglen en sera à sa 3e. Avec ses 10 000 places, le deuxième plus imposant court de la Porte d'Auteuil, inauguré il y a deux ans, dispose maintenant d'une nouvelle structure complétée par une toile faisant référence à la jupe de Suzanne Lenglen, la grande championne française de tennis lauréate des deux premières éditions de Roland-Garros en 1925 et 1926.
Mauresmo : « Ça va beaucoup nous aider »
Bien que placé à la fin du printemps et débutant à un peu moins d'un mois du début de l'été, le 2e tournoi du Grand Chelem de la saison tennistique pouvait souffrir des aléas climatiques et de la pluie. Toutes les rencontres étaient alors interrompues et le programme ne pouvait absolument pas avancer, ce qui pouvait engendrer des soucis bien dérangeants de programmation. Désormais, lorsqu'il pleut, on peut jouer simultanément sur deux courts et cela change forcément la vie. « Ça va beaucoup nous aider », soulignait Amélie Mauresmo, la directrice du tournoi, avant le lancement de l'édition 2024. L'ancienne numéro 1 mondiale confiait alors que le nouveau toit permettrait au comité organisateur de bénéficier de plus de flexibilité au niveau de la logistique des matchs et qu'il assurerait le bon déroulement des activités pour 25 000 spectateurs et les téléspectateurs qui n'auraient pas à prendre leur mal en patience sur leur canapé. Les soubresauts de Dame Nature ont désormais moins d'impact lorsqu'ils surviennent à Roland-Garros.
Une équité sportive en question
Cela étant dit, ce que le toit du Philippe-Chatrier est susceptible de permettre le soir peut provoquer des situations particulièrement incongrues. En night-session, on ne peut plus lancer de match au-delà de 23 heures, tout Roland-Garros qu'on est, par rapport aux riverains. Il y a deux ans, en raison d'une partie précédente ajoutée sur le central en raison de la pluie tombant en continu - elle avait commencé la veille - et s'étant sérieusement étirée entre Grigor Dimitrov et Zizou Bergs, Novak Djokovic et Lorenzo Musetti ne sont entrés sur l'ocre qu'à 22h25. Au terme d'un combat de 4h28 remporté par le Serbe, ils avaient conclu à 3h06 du matin... Un horaire extrêmement tardif qui a fait que « Djoko » s'était ensuite couché vers 6-7 heures ; problématique pour la récupération.
Alors qu'il avait plu quasiment deux jours sans interruption, on avait aussi évoqué un tournoi à deux vitesses entre les joueuses et joueurs pouvant jouer sous un toit et celles et ceux qui jouaient dehors à cause de la pluie. Des cadors protégés et bien servis à l'abri des reports et reprogrammations sous le toit du Chatrier et du Lenglen ? L'équité sportive posait question. « On a l'impression de perdre son énergie pendant la journée, on est sur les courts, on est ailleurs, on revient, on repart », avait notamment regretté Aryna Sabalenka. « On essaye de maintenir autant que possible un équilibre et une équité sportive. Malheureusement, on n'a pas pu le faire pour tout le monde », avait reconnu Mauresmo. Les toits ne font pas le bonheur de tout le monde, mais sans eux, ce pourrait être quand même bien pire.









