Nadal en mode climatiseur

Nadal en mode climatiseur©Panoramic, Media365

Quentin Lecointe, publié le vendredi 07 juin 2019 à 20h30

Impérial face à Roger Federer en demi-finale de Roland-Garros, Rafael Nadal n'a pas offert l'occasion au public parisien de s'enflammer pour ce 39eme « Fedal » de l'histoire marqué par l'omniprésence du vent.



DE NOTRE ENVOYE SPECIAL A ROLAND-GARROS

Après un hommage rendu à Rod Laver, c'est devant des gradins clairsemés que Roger Federer et Rafael Nadal ont fait leur entrée sur le Court Philippe-Chatrier. L'horaire du match et la météo incertaine n'étaient sûrement pas étrangers à cette petite ambiance d'avant-match. Les spectateurs présents n'ont néanmoins pas manqué de se lever pour accueillir les deux légendes en leur offrant des encouragements partagés au moment de leur entrée sur le court. A voir la terre battue qui se soulevait du terrain et des objets en tout genre voler dans les quatre coins du court, on a rapidement compris que cette rencontre se déroulerait dans des conditions bien particulières. Et quand le chapeau d'un spectateur est venu perturber le jeu, un ramasseur de balles ne s'est pas embarrassé en le plaçant directement dans la glacière, suscitant l'hilarité du public. Présent tout au long de cette demi-finale, le vent aura été un acteur à part entière de ce « Fedal ». « Il y avait tellement de vent, c'était dingue. Je ne sais pas si vous comprenez, c'était juste fou le truc (...) Là, je vais vider mes yeux d'abord ! (Rires) Ce soir, avec Rafa, on aura du mal à voir ce que l'on mange », a commenté Federer après son match. Le bruit des rafales dans ce Court Central a offert une acoustique singulière, donnant parfois l'impression d'être dans un film de science-fiction plus que devant un match de tennis.

Nadal avait réponse à tout

Dans les tribunes, l'accueil partagé du début du match a rapidement laissé place à un soutien prononcé en faveur de Federer. Si la cote de popularité du Suisse est sans égal à travers le monde, le public donnait surtout l'impression de vouloir l'encourager au maximum pour éviter d'assister à un cavalier seul de Nadal, un scénario bien connu ici à Roland-Garros lors des précédents affrontements entre les deux monstres. Il a fallu néanmoins attendre le début du deuxième set et le break effectué par Federer pour entendre la foule s'emballer réellement en clamant ses premiers « Roger, Roger ». Un enthousiasme qui sera resté de courte durée à la suite du débreak réalisé dans la foulée par l'Espagnol. Un scénario que celui qui visera une douzième couronne à Paris ce dimanche aura réussi à imposer tout au long du match, ne laissant ainsi jamais au public le soin de s'enflammer pour un match accroché. Son break pour mener 5-4 en fin de deuxième manche, au moment où son adversaire se dirigeait vers un jeu de service tranquille, aura définitivement mis un terme aux espoirs des fans de Federer. Un moment clé qui n'a évidemment pas échappé à Nadal au moment de revenir sur cette victoire : « Cela a été un changement de dynamique très important au niveau mental, pour lui, en sa défaveur, et pour moi, en ma faveur. J'ai donc servi pour ce set, avec 100% de confiance. »

Federer conquis par l'accueil

C'est finalement le scénario le plus prévisible auquel aura eu le droit le public pour cette première demi-finale. Trop souvent en difficulté sur son revers et pas assez tranchant au service (trois aces), Federer n'a jamais été en mesure de créer suffisamment d'incertitude dans cette rencontre. A entendre l'ovation pour le Suisse à sa sortie du court, le public ne semblait pas lui en tenir rigueur, comme s'il était déjà content d'avoir pu assister à cette affiche loin d'être certaine de voir le jour au moment du tirage au sort. Une atmosphère propice à faire revenir l'homme aux 20 titres du Grand Chelem l'année prochaine à Paris ? « Le soutien du public a été fantastique, peut-être le meilleur de ma carrière sur le circuit et en Grand Chelem, a ainsi déclaré le Suisse. Ils m'ont soutenu. Que ce soit à l'entraînement, pendant les matchs ou à l'extérieur quand je sortais des courts, ils avaient l'air content de me voir (...) Il est vrai que j'ai toujours plaisir à jouer sur terre battue. Cela n'a pas été un choc, donc pourquoi pas ? »

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