La mode à Roland-Garros

La mode à Roland-Garros©Icon Sport, Media365

Clément Pédron, Media365 : publié le mercredi 13 mai 2026 à 11h00

Détail pour certains, élément incontournable pour d'autres, la tenue d'un joueur ou d'une joueuse a logiquement évolué avec le temps. Aujourd'hui, les marques n'hésitent plus dans l'excentricité.

Wimbledon a été le premier tournoi du Grand Chelem à voir le jour, c'était en 1877. Et le tournoi sur gazon organisé dans le sud-ouest de Londres a également été le premier à inscrire dans son règlement, en 1963, une obligation de porter du blanc lors des matchs. Si depuis, la règle a été (très) légèrement assouplie, les joueurs et les joueuses restent dans l'obligation de porter une tenue adéquate, au grand dam d'ailleurs de certains à l'image de Roger Federer qui n'avait pas hésité à confier son agacement. De son côté, Roland-Garros n'a jamais inscrit pareille mesure dans son histoire. Et c'est justement ce qui a conduit les différents équipementiers à innover sur cet aspect, soit pour la performance, soit pour le coup de communication. Bien sûr, le blanc a souvent été de rigueur Porte d'Auteuil, surtout dans les années 1920 avec René Lacoste, père fondateur de la marque au crocodile. Puis la couleur a fait son apparition sur les courts dans les années 1970, en même temps que son arrivée sur les téléviseurs. Comme le rapporte France Info, la balle autrefois blanche est devenue jaune à partir de 1987, ce qui a aussi contribué à cette tendance sur les tenues des joueurs et des joueuses.

La polémique Serena Williams en 2018

En plus de trente-cinq ans, il y a eu logiquement un sacré panel de tenues qui a également évolué en fonction des époques et de la société. À Paris, la liberté de choix concernant les styles a accouché de modèles audacieux qui font partie de l'ADN du tournoi. Comme le rapporte Le Monde, la Fédération Française de Tennis a même lancé une exposition appelée « Jeu, set et mode » dans son propre musée. « Les joueurs pouvaient se permettre de faire un défilé de mode sur le central et ainsi apporter des révolutions en matière de tennis et de mode », estimait d'ailleurs Michaël Guittard, coordinateur de cette exposition au Monde. Conscients de l'enjeu du tournoi, notamment sur le plan marketing, les équipementiers ont fait parler leur imagination sur les tenues. Avec plus ou moins de réussite... On pense à Björn Borg avec ses longs cheveux et son bandeau de la marque Fila sur le front qui a notamment démocratisé cet accessoire, à Stan Wawrinka avec son short « pyjama » en 2015, Maria Sharapova en marinière dessinée par Jean-Paul Gautier en 2015 également, André Agassi et son fameux short en jean Nike en 1990 ou encore Venus Williams avec sa robe nuisette en 2010. Serena Williams avait notamment créé une polémique bien malgré elle en jouant Porte d'Auteuil avec une combinaison noire moulante et une ceinture rose, lui permettant d'empêcher l'apparition de caillots de sang après son accouchement. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que l'Américaine fait sensation. Dans un entretien à Tennis Magazine, Bernard Giudicelli, le président de la Fédé à l'époque, n'avait que peu goûté à ce choix : « Je crois qu'on est parfois allé trop loin. »

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