Ferro : " Je ne dépense pas d'énergie inutile "

Ferro : " Je ne dépense pas d'énergie inutile "©Media365

Thomas Siniecki, publié le samedi 03 octobre 2020 à 20h57

Fiona Ferro, qui a vaincu Patricia Maria Tig samedi au troisième tour de Roland-Garros (7-6, 4-6, 6-0), c'est aussi l'avènement d'un caractère extrêmement posé. Ce qu'elle a expliqué après sa rencontre.

Fiona, qu'est-ce que ça fait de se qualifier pour la première fois de sa carrière en huitièmes de finale d'un tournoi du Grand Chelem ? Vous avez l'air toute intimidée par cette victoire...
Je suis très contente, c'était un combat long et difficile. Elle ne m'a pas donné beaucoup de points. C'était un type de joueuse complètement différente de celles que j'ai jouées aux tours précédents, il a fallu que je m'adapte. Je suis très satisfaite de mon attitude, je n'ai rien montré tout au long du match. J'ai réussi à rester positive. Il y a certains secteurs dans mon jeu où je peux faire beaucoup mieux, comme le coup droit où je pense que j'aurais pu être plus précise. Le point positif, c'est que j'ai un autre match pour faire encore mieux dans deux jours. Et ce n'est pas non plus une fin en soi d'atteindre les huitièmes.

On a vu que vous n'aviez pas vraiment le même profil psychologique toutes les deux, notamment quand elle pète les plombs en fin de tie-break au premier set ? A quel point le mental est-il important, notamment face à des adversaires comme ça ?
C'est clairement grâce à ça que j'ai gagné, parce qu'il y avait des moments où j'aurais pu m'exciter, où je n'arrivais pas forcément à faire la différence ; elle défendait assez bien, j'avais du mal à finir les points. Le fait de rester positive et de ne rien montrer, déjà je ne dépense pas d'énergie inutile, et ça a dû faire la différence au troisième set. Justement, j'avais encore de l'énergie, j'ai pu en mettre encore un peu plus. Et pour elle, ce n'était pas le cas. C'est vraiment très important, alors que c'était très accroché pendant les deux premiers sets. J'aurais peut-être pu faire tourner plus tôt, à 2-2 au deuxième set, il y a eu un jeu très long où j'ai eu plusieurs balles pour passer devant. Je ne l'ai pas fait, mais je suis restée positive et j'ai mis ce coup d'accélérateur au troisième set. J'ai aussi réussi pas mal d'amorties gagnantes, je suis contente parce que ce n'est pas un coup que j'utilise plus que ça. Ça m'a rapporté beaucoup de points, c'est vraiment positif.

Vous avez commencé un travail de préparation mentale, justement, il y a déjà un moment... On imagine que ça vous a aidé sur ce match.
Oui, et pas seulement. Depuis le début de la saison, je suis assez stable sur ce plan. J'ai vraiment eu une évolution constante depuis deux ou trois ans, je sens que c'est vraiment quelque chose où je peux faire la différence par rapport à d'autres filles. Comme je l'ai dit, je ne vais pas gaspiller d'énergie inutile. Dans ce genre de match et de tournoi, c'est vraiment important.

"Je ne me fixe pas de limite"

Après votre victoire à Palerme, cet été, votre coach Emmanuel Planque disait qu'il ne serait pas étonné que vous gagniez de gros tournois et que soyez top 5 un jour. Ce n'est donc qu'une étape, jusqu'où vous voyez-vous aller ?
Je ne me fixe pas de limite. Encore plus sur le circuit féminin qu'ailleurs, tout le monde peut battre tout le monde. J'ai déjà battu de bonnes joueuses, jamais de top 10 mais quelques top 20. Il n'y a pas une énorme différence, par exemple, entre Elena Rybakina que j'ai battue jeudi et Sofia Kenin, que je vais affronter lundi. Donc je ne mets pas de limite, j'essaie juste de faire de mon mieux et d'évoluer à tous les matchs.

Il y a cette jauge de 1 000 spectateurs, et quand les Français jouent, on l'a vu avec Caroline Garcia, Hugo Gaston voire Clara Burel, ils sont là derrière vous. On a l'impression d'une ambiance de Coupe Davis ou Fed Cup...
On ne dirait pas qu'ils ne sont pas nombreux, ils font beaucoup de bruit. En effet, ils nous soutiennent beaucoup, ils sont vraiment derrière moi. Je ne sais pas si c'est comparable à une ambiance de Fed Cup, mais je sens qu'ils sont là pour moi. Ils m'ont portée. Quand ce n'était pas facile physiquement, ça m'a vraiment aidé.

Jusque-là, votre meilleur résultat sur un tournoi du Grand Chelem, c'était un troisième tour à l'US Open l'an dernier Sur quoi diriez-vous que vous avez le plus progressé depuis ?
Clairement sur mon attitude. On en a déjà parlé, je montre beaucoup moins d'émotion que ce que je faisais avant. Après, j'ai vraiment progressé dans tous les secteurs, que ce soit physique ou tennistique, sur le courage pour toujours y aller. Toujours être offensive, même si parfois ça ne fonctionne pas. J'ai bien évolué là-dessus.

Physiquement, vous avez dit que ça a été dur, pourtant vous semblez capable de jouer des heures. Pensez-vous être une des joueuses les mieux préparées du circuit après ce confinement, ou avez-vous peut-être pu vous entraîner plus que d'autres ? Est-ce que ça peut jouer pour aller très loin sur ce tournoi ?
C'était dur, mais oui je me sens très bien, je pense que j'aurais pu encore jouer un set si nécessaire. Je m'entraîne beaucoup, c'est sûr que je fais beaucoup d'efforts à l'entraînement, après je ne sais pas comment les autres s'entraînent, donc c'est difficile de comparer. Physiquement, je me sens très à l'aise sur le court. Je serai à 100% pour le prochain match, prête à donner le meilleur de moi-même.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.