Open d'Australie (H) : Tsonga revient de très loin, Simon abandonne

Open d'Australie (H) : Tsonga revient de très loin, Simon abandonne©Media365
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Aurélien CANOT, publié le mercredi 17 janvier 2018 à 14h10

Jo-Wilfried Tsonga poursuit sa route à l'Open d'Australie, mais il a vu la sortie de très près, mercredi au deuxième tour face à Denis Shapovalov. Le tout jeune joueur canadien de 18 ans a malmené le numéro 1 français pendant cinq sets à l'issue d'un match dont le Manceau est finalement sorti vainqueur à l'arraché (3-6, 6-3, 1-6, 7-6, 7-5) après avoir remporté cinq jeux de suite dans le dernier set.

Shapovalov semblait pourtant tenir fermement sa victoire face à un Tsonga contraint de courir constamment après le score (il a été mené un set à rien puis deux sets à un) et bien mal embarqué dans la cinquième manche. Le 50eme mondial a mené 5-2 dans ce set décisif, puis a servi pour le match à 5-3. Mais alors qu'il avait fait preuve d'une très belle régularité depuis le début de cette partie, le protégé de Martin Laurendeau a vu sa très belle mécanique s'enrayer. Le Français n'en demandait pas tant et a sauté sur l'occasion pour recoller au score en prenant le service de son adversaire pour l'une des premières fois du match. Fébrile dans ce money time, Shapovalov s'est même fait breaker une deuxième fois de suite.Tsonga tient sa revanche avant de peut-être affronter KyrgiosA 6-5 en sa faveur, Tsonga, trop heureux d'avoir réussi à inverser une situation qui paraissait désespérée quelques minutes plus tôt, ne commettait pas la même erreur que le Canadien né à Tel Aviv et bouclait ce match à rallonge (3h37 de jeu) sur un service-volée parfaitement négocié. Sorti par ce même Shapovalov lors du dernier US Open, « Jo » pouvait exulter en voyant le retour du jeune joueur aux longs cheveux blonds atterrir dans le filet. Longtemps terrassée par la violence et la variété des coups du gaucher, balayée dans deux sets sur cinq, la tête de série numéro 15 revient de très loin, d'autant que sa dernière victoire en cinq sets remontait à deux ans, face à John Isner à Wimbledon. Mais le tirage au sort ne lui ayant fait aucun cadeau, c'est maintenant à un autre jeune joueur qui monte, Nick Kyrgios pour ne pas le citer, que Tsonga se mesurera au troisième tour. Tout sauf une formalité, surtout devant le public australien, dont Kyrgios est l'un des chouchous. Sorti dès le deuxième tour en 2017, le tennisman au look de footballeur a de nouveau fait preuve de beaucoup de sérieux face à Viktor Troicki. Et comme au premier tour face à Dutra Silva, il n'a eu besoin que de trois sets (7-5, 6-4, 7-6) pour se débarrasser du Serbe, toujours fâché avec les deuxième tours en Grand Chelem. Le vainqueur de Brisbane la semaine dernière est en grande forme, Tsonga est prévenu.Simon jette l'épongeAprès sa victoire à Pune, Gilles Simon, en plein renouveau, avait fait naître beaucoup d'espoirs chez les supporters français. Malheureusement pour les fans de notre « Gilou » national, ces espoirs ont fondu rapidement sous le chaud soleil australien. Arrivé blessé à Melbourne, le Français sorti dès le premier tour à Sydney la semaine dernière n'a pu défendre ses chances correctement face à Pablo Carreno Busta, ce mercredi au deuxième tour de l'Open d'Australie, en raison précisément de cette douleur à la cuisse gauche, doublé d'une autre à l'adducteur qui s'est réveillée lors de ce match face à l'Espagnol qui a tourné court. Après avoir perdu nettement le premier set face à la tête de série numéro 10, le Niçois, tétanisé et exténué par la qualité de jeu du numéro 11 mondial, d'humeur très amorties ce mercredi, a jeté l'éponge en milieu de deuxième set (6-2, 3-0) alors qu'il se dirigeait vers un cinglant 6-0. « J'ai essayé de faire ce que j'ai pu mais ça n'avait plus vraiment de sens d'essayer de jouer. J'ai deux muscles du quadriceps de la cuisse gauche qui sont touchés, l'adducteur aussi qui tire. Chaque jour ça devient plus compliqué de jouer en compensant. J'ai de plus en plus mal et la douleur est difficilement supportable », a expliqué Simon, précisant qu'il s'était blessé la semaine dernière à l'entraînement et avait déjà dû serrer les dents lors de son premier match, face au Roumain Copil. « Quand je suis arrivé de Sydney, jeudi, j'ai voulu faire une belle session pour me mettre en forme. Tout se passait bien, je bougeais bien et puis au bout d'une heure et demie, j'ai ressenti une grosse pointe sur la cuisse, elle n'est pas partie depuis. Je suis très fier de mon premier tour du coup, mais là, Pablo a senti que ça n'allait pas et il a mis son jeu en place. » Tandis que Simon s'arrête là et croise les doigts pour être de nouveau rapidement sur pied, Carreno Busta affrontera Gilles Muller au troisième tour.Nadal dérouleComme au premier match face à Estrella Burgos, Rafael Nadal n'a pas fait de détail face à Leonardo Mayer, mercredi à l'occasion de sa deuxième sortie. Une nouvelle fois, le numéro 1 mondial n'a laissé aucun set en route face au grand Argentin, tombé sur un Nadal injouable (6-3, 6-4, 7-6). Visiblement totalement débarrassé de ses soucis au genou droit, le Majorquin a fait très forte impression. Nettement dominé dans les deux premières manches, Mayer a pourtant offert une magnifique résistance dans la troisième manche, finalement remportée au jeu décisif par l'Espagnol, breaké à 6-5 pour la seule fois de la partie mais impérial ensuite durant le tie-break (7-4). Contraint de déployer son meilleur tennis pour s'en sortir dans ce troisième set face à un Mayer jouant sa chance à fond, Nadal, bousculé, a semblé très heureux après la balle de match de s'en sortir en trois manches. Il a même laissé exploser une joie grande et rare pour lui à ce stade de la compétition face à un adversaire aussi modeste sur le papier (52eme au classement ATP). Le patron du circuit avait besoin de se rassurer, c'est fait. Et de quelle manière !Dimitrov a trembléGrigor Dimitrov au bout de la nuit et du suspense. Alors qu'il s'était montré expéditif au premier tour face au qualifié autrichien Novak, le meilleur joueur de la fin d'année 2017 (victoire au Masters) a eu besoin de 3h30 de jeu et cinq sets (4-6, 6-2, 6-4, 0-6, 8-6) pour finir par se débarrasser de l'inconnu américain de 22 ans MacKenzie McDonald. Lui aussi issu des qualifications, le 186eme joueur mondial a posé d'énormes problèmes à un Dimitrov pas aidé par son manque de constance assez incroyable face à celui qui s'était ouvert les portes de son premier deuxième tour en Grand Chelem en éliminant un autre qualifié (le Suédois Ymer). Puni dans le premier set de son retard à l'allumage face au culot d'un McDonald plein d'appétit, le numéro 3 mondial a rapidement renversé la situation, avant de montrer son pire visage de nouveau dans le quatrième set, sanctionné d'un humiliant 6-0 par le droitier californien en vingt minutes de jeu top chrono, toujours autant décomplexé sur le court de la Rod Laver Arena. Poussé par le public, pris d'amour soudain pour le petit poucet de ce deuxième tour, McDonald a continué de jouer sa chance à fond dans le dernier set. Mais si Dimitrov s'était écroulé dans la manche précédente, il a retrouvé de sa superbe au meilleur moment pour faire le break à 6-6 et boucler l'affaire sur un 8-6 qui en dit long sur le mal qu'a eu le Bulgare à sortir vainqueur de cette partie XXL. Un autre enfer attend peut-être la tête de série n°3 au prochain match, puisqu'il sera opposé au jeune Russe Andrey Rublev, redoutable actuellement.Le marathon de KarlovicIvo Karlovic a dû puiser dans ses ultimes retranchements pour parvenir à se sortir des griffes du robuste Yuichi Sugita, tombeur de Jack Sock au tour précédent. L'immense serveur croate a pris le dessus face au Japonais après un marathon de 4h30 de jeu et à l'issue d'un dernier set au suspense insoutenable, remporté 12 jeux à 10 par le vétéran de 38 ans, bien moins classé que le Japonais (41eme, contre 89eme pour Karlovic). Une fois de plus, c'est dans son domaine de prédilection, le service, que le futur adversaire de l'Italien Andreas Seppi au troisième tour, a fait la différence. Le géant (2,11 m) a ainsi réussi 53 aces face à Sugita et son modeste 1,73 m. Mais il s'en est fallu d'un rien que David ne terrasse de nouveau Goliath.

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