Rétro 2017 : Les Bleus ont enfin soulevé à nouveau la Coupe Davis

Rétro 2017 : Les Bleus ont enfin soulevé à nouveau la Coupe Davis©Media365

Emmanuel LANGELLIER, publié le mardi 26 décembre 2017 à 09h28

Seize ans ! Oui, seize ans que la France du tennis attendait de connaitre à nouveau l'enivrement d'un sacre en Coupe Davis. Après trois échecs (2002, 2010, 2014) depuis la délivrance de Melbourne en 2001, les Bleus de Yannick Noah y sont enfin parvenus durant l'après-midi du 26 novembre dernier et cela restera comme l'un des moments sportifs les plus forts de l'année 2017.

Ça y est, on tient enfin les successeurs de Nicolas Escudé, Sébastien Grosjean, Cédric Pioline et Fabrice Santoro, tombeurs sur gazon des Australiens il y a seize longues années. En 2002, c'était passé tout près devant la Russie (2-3), mais Paul-Henri Mathieu avait craqué dans l'écrin de Bercy face à Mikhail Youzhny après avoir mené deux manches à rien et 4-2 au cours du quatrième set (en passant aussi à deux points du match à 5-4) dans l'ultime rencontre. Huit ans plus tard, Victor Troikcki avait envoyé la Serbie et son partenaire Novak Djokovic au septième ciel en terrassant Michaël Llodra, encore dans le dernier match (2-3). Et en 2014, Roger Federer et Stan Wawrinka avaient eu raison des hommes d'Arnaud Clément (1-3) à Lille. En 2017, tout s'est mieux déroulé. Bien mieux. L'équipe de France a eu, il est vrai, de la chance et a bénéficié avant la finale de l'absence des poids lourds des équipes rencontrées. Mais elle a su en profiter à chaque fois. Et puis, de quoi se souviendra-t-on dans vingt ans ? Du vainqueur, toujours du vainqueur. Les circonstances exactes d'alors ayant bien souvent tendance à s'estomper avec le temps... 4-1 FACE AU JAPON ET LA GRANDE-BRETAGNE POUR COMMENCER Au premier tour, début février, en l'absence de Kei Nishikori , leader de l'équipe japonaise, Richard Gasquet et Gilles Simon font le boulot face à respectivement Taro Daniel (6-2, 6-3, 6-2) et Yoshihito Nishioka (6-3, 6-3, 6-4) dès le premier jour à Tokyo, imités dans le double par Pierre-Hugues Herbert et Nicolas Mahut contre la paire Yuichi Sugita-Yasutaka Uchiyama. La troupe à Noah s'impose tranquillement (4-1). Confrontée ensuite début juillet à une Grande-Bretagne orpheline d'Andy Murray, touché au coude, l'équipe de France est elle aussi privée de Jo-Wilfried Tsonga (congé paternité), Richard Gasquet, Gaël Monfils et Pierre-Hugues Herbert (blessés), tandis que Gilles Simon est en méforme. Mais là encore, elle se qualifie aisément dès le deuxième soir. Retenus par Captain Noah pour évoluer sur terre battue à Rouen, Lucas Pouille domine Kyle Edmund (7-5, 7-6, 6-3) puis Jérémy Chardy écarte Daniel Evans (6-2, 6-3, 6-3). Mahut et Herbert plient ensuite l'affaire face au duo formé par Jamie Murray et Dominic Inglot à l'issue d'un âpre duel (7-6, 5-7, 7-5, 7-5). Les Français l'emportent 4-1 et gagnent le droit de défier la Serbie pour un billet en finale. Ils ne vont pas rater l'avant-dernière marche. Pourtant, confrontés à une formation privée de ses meilleurs atouts (Novak Djokovic, Viktor Troikci et Janko Tipsarevic), les Bleus débutent mal à Lille, mi-septembre. Engoncé dans une passe délicate depuis Wimbledon, Pouille se fait surprendre par Dusan Lajovic en quatre manches (6-1, 3-6, 7-6, 7-6) et la France prend peur. Heureusement, Tsonga rétablit l'équilibre en battant Laslo Djere (7-6, 6-3, 6-3). Puis, pour la troisième fois de l'année, la paire Herbert-Mahut s'impose (6-1, 6-2, 7-6 contre Krajinovic-Zimonjic) et offre l'avantage. Le dimanche, malgré une mauvaise entame, Tsonga conclut en «vengeant» Pouille devant Lajovic (2-6, 6-2, 7-6, 6-2). Trois ans après, revoilà les Tricolores en finale. Contre la Belgique, victorieuse de l'Allemagne (4-1), l'Italie (3-2) et de l'Australie (3-2), ils ne veulent pas laisser passer cette fois leur chance de conquérir le trophée tant escompté depuis des années. UN GOFFIN EN FEU, UN DOUBLE INÉDIT Avant cette finale tant attendue, l'affaire s'annonce jouable. Mais les Belges sont emmenés par un David Goffin en feu, tout frais tombeur de Roger Federer en demi-finale du Masters (avant de s'incliner pour le titre contre Grigor Dimitrov). Dans un stade Pierre-Mauroy où ils rêvent d'effacer la désillusion de 2014, les joueurs de Yannick Noah, qui annonce contre toute attente le jeudi la mise à l'écart de Mahut et Julien Benneteau (alors en très grande forme à 35 ans après avoir dominé Cilic et... Goffin au Masters 1000 de Paris), le vérifient rapidement. Le 7eme joueur mondial, auteur du doublé Shenzhen-Tokyo fin septembre-début octobre, ravage presque tout sur son passage et dame le pion d'entrée à Pouille (7-5, 6-3, 6-1). Les Diables Rouges mènent 1-0 à Villeneuve d'Ascq où de nombreux supporters belges ont fait le court déplacement. Cela s'enclenche mal. Pourtant, comme en demi-finale, Tsonga égalise et soulage tout un pays (6-3, 6-2, 6-1 contre Steve Darcis). Le double risque d'être alors décisif et une grosse pression pèse sur Gasquet et Herbert, choisis par Noah, dont le choix initial semblait porter sur une paire Benneteau-Mahut... Totalement inédit, le duo français va faire basculer la rencontre du bon côté. Le troisième set est crucial. Mal embarqués après avoir aisément empoché la première manche, les Tricolores s'accrochent comme des beaux diables devant un fabuleux public nordiste et finissent par offrir un importantissime deuxième point (6-1, 3-6, 7-6, 6-4 contre Bemelmans-De Loore). POUILLE EN HÉROS DEVANT SON PUBLIC NORDISTE La journée de dimanche va-t-elle être aussi folle qu'en 1996 quand Arnaud Boetsch eut fini d'avoir raison de Nicklas Kulti en soirée après deux rencontres très serrées ? Tout le monde retient son souffle quand Goffin et Tsonga pénètrent sur le magnifique court échafaudé dans le stade du LOSC. «Jo» tient la dragée haute au lutin belge, il est percutant et s'offre une balle de premier set à 6-5. Mais Goffin attaque avec efficacité sur son coup droit puis arrache le jeu décisif (7-5) avant de faire cavalier seul (7-6, 6-3, 6-2). Tout repose alors sur Pouille. L'enfant de la région va-t-il faire triompher les Bleus face à ce diable de Darcis qui s'est imposé à cinq reprises lors du match décisif en Coupe Davis ? La réponse surgit rapidement. Aérien face à un élément complètement dépassé, Pouille maitrise et va le faire de bout en bout (6-3, 6-1, 6-0). Sur une dernière faute du joueur belge, le Nordiste s'écroule se retrouve enseveli sous ses coéquipiers venus fêter cette dixième «Davis». La génération des «Mousquetaires» est enfin sacrée.

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