Coupe Davis : Un joueur français vent debout contre la réforme

Coupe Davis : Un joueur français vent debout contre la réforme©Media365

Alix Vermande, publié le mercredi 15 août 2018 à 13h12

Alors que l'Assemblée Générale de l'ITF doit s'exprimer ce jeudi sur la réforme à venir de la Coupe Davis en partenariat avec le fonds d'investissements Kosmos mené par Gérard Piqué, Nicolas Mahut a confirmé dans un entretien accordé au quotidien L'Equipe son opposition au projet.

Un dernier cri d'alarme. C'est ce que semble vouloir faire passer Nicolas Mahut à la veille du vote des fédérations membres de l'ITF en faveur ou non de la réforme de la Coupe Davis. Ainsi, le Français a fait part de son opposition concernant ce projet, ce mercredi, au quotidien L'Équipe. De l'espoir semble tout de même demeurer chez l'Angevin, notamment en raison de la mobilisation internationale : « J'ai encore de l'espoir quand je vois la mobilisation des Australiens et tous les anciens champions qui se mobilisent. Les Français se sont mobilisés aussi ». Cependant, le joueur de 36 ans n'est pas sans savoir que sa propre fédération a voté pour ce changement avec 61% des voix des délégués de la FFT, ce qui le laisse assez perplexe : « J'ai beaucoup de respect pour nos élus, mais quand on voit la future capitaine Amélie Mauresmo et l'ensemble des joueurs actuels et passés qui ont porté ce maillot en Coupe Davis dire qu'il fallait des modifications mais surtout pas celles-là, et qu'à l'Assemblée Générale ils ont quand même voté oui je n'arrive pas à comprendre ».

Mahut : « Ils n'ont pas proposé une alternative sportive »


Nicolas Mahut émet également des critiques sur les intentions du nouveau partenaire Kosmos qui compte investir trois milliards de dollars sur vingt-cinq ans, faisant de la Coupe Davis un tournoi financièrement attractif avec des gains conséquents : « Je ne pense pas qu'une mesure qui est prise en réaction soit une bonne réflexion. Ce qui me dérange, c'est que pour eux, c'est ça ou rien d'autre. Ils n'ont pas proposé une alternative sportive ». Un constat sportif que semblent partager les autres joueurs du circuit, restant tout de même en faveur d'une évolution du format de l'épreuve : « En clair, ils n'aiment pas cette réforme, mais ils la préfèrent quand même au format actuel où il faut jouer quatre semaines par an, où il n'y a pas suffisamment d'argent et où ça prend du temps sur le programme ». Pour rappel, le souhait de l'ITF serait de passer de quatre à deux semaines de compétition dans l'année avec un premier tour en février puis un second en novembre où dix-huit nations s'affronteraient sur terrain neutre.

Mahut : « On est en train de détruire quelque chose d'historique »


Le fait de ne plus évoluer chez l'adversaire ou sur ses terres est un des arguments du Français pour justifier son opposition à ce projet, lui qui prône régulièrement la représentation de son pays : « Là on est en train de détruire quelque chose d'historique. Si le vote passe, très clairement la Coupe Davis ne sera plus du tout la Coupe Davis. Si jamais je suis sélectionné, je jouerai parce que c'est pour le pays et que j'adore jouer pour l'équipe de France, mais ça n'aura plus rien à voir ». De plus, le natif d'Angers concède que le parallèle sera inévitablement fait avec la potentielle World Team Cup organisée par l'ATP qui aurait lieu en janvier à partir de 2020 et mettrait aux prises plusieurs nations comme son nom l'indique : « Il n'y aura aucune différence avec la World Team Cup de l'ATP. Je n'ai aucune raison sportive de privilégier la Coupe Davis par rapport à la World Team Cup ».

Mahut : « Il n'y a aucune logique sportive »


Ainsi, la proximité entre ces deux futurs tournois internationaux va clairement créer un dilemme pour les joueurs en termes de calendrier, un obstacle de plus relevé par Nicolas Mahut : « Va demander des joueurs qui finissent leur saison à Bercy, pour ceux qui ne jouent pas le Masters, de continuer à être performant et à s'entraîner pour jouer la Coupe Davis trois semaines après. Et pour que trois semaines après, la saison suivante commence. Il n'y a aucune logique sportive ». Le Tricolore estime donc que la préparation pourrait être limitée, de même que les vacances, ceci en raison d'un aspect économique qui l'emporterait sur le sportif : « Ils sont bloqués sur cet aspect économique. Parce qu'il n'y a pas de réflexion sportive pour le bien du jeu et du sport. C'est une vision à réaction pour prendre de l'argent ». Vainqueur de la Coupe Davis en 2017, le spécialiste du double compte bien se faire entendre pour conserver l'esprit d'une compétition dans laquelle il a brillé à de nombreuses reprises et qu'il considère comme indispensable au tennis : « On est en train de saccager l'une des plus belles compétitions de notre sport ». Reste désormais à savoir si ce dernier cri d'alarme aura un écho à Orlando, jeudi après-midi, où les 147 nations membres de l'ITF vont voter pour ou contre ce projet.

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