Coupe Davis : En conférence de presse, Noah a lancé la finale face aux Belges

Coupe Davis : En conférence de presse, Noah a lancé la finale face aux Belges©Media365
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Rédaction Sport365, publié le mardi 14 novembre 2017 à 13h25

A la veille du début du stage des Bleus dans le Nord pour préparer la finale de Coupe Davis face à la Belgique des 24, 25 et 26 novembre prochains, Yannick Noah a répondu aux questions de la presse ce mardi.



Yannick Noah, comment en êtes-vous arrivé à bâtir une liste élargie pour cette finale contre la Belgique ?
Comme vous l'avez suivi, il y a eu pas mal d'émulation, avec des joueurs qui ont bien bossé parce qu'ils avaient à cœur de jouer cette finale. Je pense à Julien Benneteau, qui n'était pas dans la course au départ mais qui a gagné sa place. Mannarino était dans la course aussi, mais il était émoussé et un peu blessé aussi. J'ai parlé avec lui et il ne se sentait pas prêt à partir sur un stage qui va être physiquement éprouvant pour ce dernier rendez-vous de la saison, mais aussi le rendez-vous de l'année. Là, on part en stage, et le stage va être important, les gars ont bien travaillé et ils sont prêts. Jo, parce qu'il est motivé et que c'est notre numéro 1, Lucas, parce qu'il a fait deux bons tournois.

Comment imaginez-vous ce stage ?
On a vraiment neuf jours pour se préparer, du petit-dej jusqu'au coucher, on a vraiment toute la journée. Ça va être des journées pleines, on va avoir le temps. Il y aura beaucoup de tennis, du physique, de la récupération après les séances, qui seront longues, et des conversations. Tout ça, ça demande du temps. Et là, du temps, on en aura.

Avez-vous songé à un moment à retenir trois joueurs de simple et un seul de double ?
Non. Sur le peu de matchs que j'ai pu voir jouer en double de mes joueurs de simple, il n'y a pas vraiment un joueur de simple qui s'imposerait en double. C'est un choix et notre équipe de double est motivée et a répondu à mes attentes, donc on part là-dessus, mais en sachant que Julien (Benneteau) n'est vraiment pas loin. Il s'est surpris lui-même et nous a surpris aussi, et c'est très bien de le voir prêt à rentrer. Pour Richard, il n'a pas pu vraiment enchaîner ces dernières semaines, mais quand il peut enchaîner du travail et des heures, il retrouve son niveau très rapidement et aujourd'hui, c'est déjà un autre joueur.

Etes-vous gêné par le Masters de double et la présence à Londres de Nicolas Mahut et Pierre-Hugues Herbert alors que débutera le stage de préparation pour cette finale ?
Oui et non. Après, je prends ce qu'il y a. Je préfère avoir des joueurs qui reviennent après avoir gagné le Masters que des joueurs pas en confiance. Il n'y a pas meilleure préparation pour la confiance que d'arriver après avoir gagné des matchs. Ils ne seront pas là pendant toute la préparation mais l'équipe adverse a aussi ce problème avec un joueur (David Goffin, le numéro 1 belge) qui joue le Masters de simple.

Comment qualifieriez-vous votre équipe ?
C'est une équipe compacte, c'est un peu l'histoire de notre équipe, avec pas mal de joueurs qui sont susceptibles de nous représenter très bien et où l'émulation qui est saine permet aux gars de gagner leur place. J'ai parlé de Manna (Adrian Mannarino), mais il y aussi (Jérémy) Chardy, (Gilles) Simon... C'est ce qui fait la force de notre équipe. J'ai eu beaucoup de difficultés à choisir quatre joueurs, car j'en ai six et que les six sont capables de jouer, c'est ça notre force.
Noah : « Si un joueur risque d'être fatigué, ce n'est pas dans notre camp... »
Avez-vous le sentiment qu'il y ait eu un vrai changement entre 1996, date de votre dernier succès à la tête de cette équipe de France de Coupe Davis, et 2017 ?
Le contenu des entraînements change, parce que le matériel a changé, mais à la fin, un match de Coupe Davis se gagne avec la tête et le cœur.

Allez-vous resserrer le groupe avant le stage ?
Non, on part demain (mercredi) à six, et même à sept puisque (Jonathan) Eysseric nous donnera un coup de main pour les doubles, parce qu'il y a une possibilité qu'on joue en double contre un gaucher.

Dans la perspective d'un simple décisif le dimanche, avez-vous réfléchi à ce que vous feriez si Tsonga ou Pouille venait à se blesser ?
A chaque fois que l'on a gagné, c'est que l'on avait en nous un état d'esprit positif, on ne peut pas penser à ce qu'un joueur puisse se faire mal. Au haut niveau, on met de côté les doutes. On est une équipe beaucoup plus compacte, l'adversaire va s'appuyer en grande partie sur un joueur (David Goffin) et on a la possibilité de battre même leur numéro 1. Si on garde cette configuration, on s'attend à ce que nos joueurs de simple jouent un match le vendredi et un le dimanche. En face, il y a peut-être un joueur qui va jouer les trois jours, je me prépare à ça. Et s'il y a un joueur qui risque d'être fatigué, ce n'est pas dans notre camp. Mais si on arrive à jouer notre meilleur tennis, on est favoris et on devrait gagner.

David Goffin est-il à vos yeux un joueur hors-normes au même titre que peuvent l'être Djokovic, Murray ou Wawrinka ?
On a perdu l'année dernière contre une équipe où il y avait un joueur solide, Cilic, qui a fait une belle rencontre, mais on a aussi gagné des matchs où la cohésion de l'équipe a fait la différence.

Lors de la demi-finale, vous aviez semblé contrarié et aviez eu beaucoup de mal à communiquer avec vos joueurs. Vous êtes-vous remis en question par rapport à ça ?
Je n'ai pas réussi à communiquer à beaucoup de monde et j'ai eu deux mois pour me préparer. Je suis le capitaine de l'équipe de France, je prends ça vraiment à cœur, j'assume mes responsabilités. J'ai eu le temps d'y penser, on a beaucoup parlé avec mon staff de tout ce que l'on pouvait améliorer. Ce qui est agréable, c'est de savoir que l'on a une marge de progression avant cette finale, et je m'inclus dans cette marge de progression.
Noah : « Autant j'ai eu des doutes à certains moments pour Gaël, autant là... »
Allez-vous accorder une attention particulière sur le régional de l'étape, le Nordiste Lucas Pouille, pour éviter qu'il ne flanche de nouveau devant son public ?
Cédric (Pioline, capitaine-adjoint de l'équipe de France de Coupe Davis) a suffisamment d'expérience et connaît suffisamment bien Lucas pour vraiment l'aider. Dès le lendemain du match (la demi-finale), on avait déjà un plan au niveau des entraînements et du suivi. Il y a des choses qui peuvent être améliorées, et ce sont des améliorations techniques et tactiques, et je ne pense pas que Lucas a fait ces matchs parce qu'il jouait à Lille. Il a joué dans des ambiances plus chaudes que de jouer devant les gens qui l'aiment.

Concernant votre avenir personnel, avez-vous des certitudes aujourd'hui ?
Je n'ai aucune certitude, sur rien. J'ai vraiment à cœur de gagner ce match, ça serait énorme pour nous tous et ça va vraiment au-delà de notre équipe. Ça va beaucoup plus loin que mon avenir personnel. J'y pense forcément, parce que ma femme me demande ce que l'on va faire l'année prochaine. Mais pour moi, il n'y a pas de plus belle place que d'être là sur cette chaise de capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis et de pouvoir faire quelque chose de joli. Je verrai, je ne vais pas me projeter, j'ai juste envie de tout mettre de côté pour penser à ce que je peux faire pour préparer mes gars. Est-ce que le fait de leur dire si je serai là l'année prochaine les fera avancer ? Je ne pense pas. Comme dirait un copain, vous le lirez dans la presse (rires).

Etes-vous encore plus sûr qu'avant de pouvoir rayer des tablettes seize ans d'absence sur le palmarès ?
On n'a pas gagné parce que l'on n'a jamais réussi depuis quinze ans à jouer bien pendant une saison entière. Guy (Forget) avait la même analyse, Arnaud (Clément) aussi. Donc, il faut remotiver les troupes et recréer une atmosphère propice aux résultats, ne serait-ce que de donner envie d'être là, ce qui n'est pas banal par les temps qui courent. Gaël (Monfils) aussi aurait tellement aimé être là, j'espère sincèrement qu'il sera là l'année prochaine. L'objectif, c'était de remotiver tout le monde, on a déjà fait de jolies choses, connu de très bons moments, mais ça n'a rien à voir avec la balle de match de la finale. Ça, c'est une énergie unique, c'est ça que j'ai envie de vivre avec les gars, envie de les voir revivre ça et revenir lundi avec la coupe.

Comment vivez-vous l'absence de Gaël Monfils pendant toutes ces campagnes ?
J'espère de tout mon cœur que l'on va gagner et que ça lui donnera envie de venir. Si on gagne, il fera partie de l'histoire car quand bien même il n'a pas joué souvent, c'est un super joueur de Coupe Davis, avec les nerfs solides. Il aime cette compétition, comme il aime ce type de match et ces ambiances survoltées. Je suis frustré de ne pas avoir eu la chance de l'avoir plus souvent sur le court. Mais autant j'ai eu des doutes à certains moments, autant là je sais qu'il avait à cœur de revenir, mais il n'est pas très bien là. Est-ce qu'il va revenir ? Il hésite.
 
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