Divers : Les médias, les consultants, le milieu du tennis... Simon sort le bazooka

Divers : Les médias, les consultants, le milieu du tennis... Simon sort le bazooka©Media365
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Aurélien CANOT, publié le jeudi 18 mai 2017 à 12h38

Joueur atypique du circuit ATP, Gilles Simon est connu pour ne pas avoir sa langue dans sa poche, tout spécialement lorsqu'il est question des médias. Dans une longue interview accordée à nos confrères du site spécialisé welovetennis.fr, le Niçois ne s'est pas gêné une fois de plus pour dire tout ce qu'il pense des journalistes.

« Vous êtes toujours à côté de la plaque, lance d'emblée Simon. Sur la durée, c'est fatigant, lassant. J'essaye pourtant à chaque fois d'être didactique mais je ne sais pas comment dire. Vous ne changerez jamais (...) En fait, vous vivez en cercle fermé, c'est votre gros problème. » Le 31eme joueur mondial n'est pas plus fan de la presse que des entretiens. Mais quand il accepte de s'exprimer, il n'y va pas par quatre chemins. En atteste le portrait qu'il dresse des médias, sans pour autant mettre tout le monde dans le même panier (« Certains sont plus pertinents que d'autres, car ils connaissent mieux le jeu. »)
Simon : « Consultant, ça représente tout ce que je déteste »
« Il faut regarder ce qu'il se passe sur le terrain et pas ce que vous avez envie de voir, le problème c'est que vous écrivez beaucoup, notamment avant le match en expliquant souvent ce qu'il va se passer et si par malheur le match ne tourne pas comme vous l'avez prévu vous ne changez pas d'avis. C'est consternant », déplore Simon, qui s'appuie sur un exemple précis pour donner encore davantage de corps à son argumentation. « Si je bats Novak aujourd'hui quoi qu'il arrive, c'est lui qui aura fait un mauvais match. C'est déjà écrit qu'il ne va pas bien. Donc on m'aurait même volé ma victoire. C'est cela qui est dingue (...) C'est pourtant votre travail de regarder le match et d'essayer de comprendre ce qu'il se passe. » Gilles Simon ne fait pas davantage de cadeaux aux consultants, qu'il considère également comme « contaminés par le milieu ». « Jamais je n'ai entendu un consultant dire : « je ne sais pas ». Pourtant ce serait souvent la bonne réponse. Etre consultant, ce n'est pas être dans l'action, c'est juste raconter des histoires », regrette « Gilou », qui assure à welovetennis.fr qu'il ne passera jamais du côté de la barrière comme beaucoup de joueurs le font de plus en plus, et certains presque machinalement. « C'est hors de question (que je devienne consultant), car ça représente tout ce que je déteste », avoue le si particulier Gilles Simon, qui abhorre de la même manière cette obligation de livrer son sentiment après un match.
Simon : « Seule l'image compte dans ce cirque des médias »
« Les conférences de presse sont assez inutiles comme ça. » Et quand Jo-Wilfried Tsonga ne vit pas toujours bien ce que disent les médias de lui (« ça peut les toucher, les blesser »), à en croire Simon, comme Roger Federer est comme un poisson dans l'eau sur les opérations de com (« Il enchaîne les interviews comme une machine. Il peut faire cela pendant trois heures. »), l'ancien numéro 6 mondial, conscient d'être un tennisman marginal, se moque, lui, royalement de ce que la presse peut écrire sur son compte. C'est même le dernier des soucis, semble-t-il, de celui qui reconnaît qu'il serait pourtant capable lui aussi de « dire des choses pour être aimé. » « Je ne suis pas cette logique. Je ne vous donne même pas ce pouvoir. Écrivez ce que vous voulez, ça m'importe peu, je ne le lis même pas. C'est drôle parce que parfois, j'ai même été menacé. On m'a expliqué que mon attitude pouvait avoir des conséquences que je n'évaluais pas comme celle de me faire une « mauvaise presse ». Ça m'a fait sourire. Après je comprends aussi que cela puisse être désarmant pour vous car vous n'êtes pas habitués à ce que l'on tienne ce discours. Je déplore d'ailleurs cette situation mais il faut bien reconnaître que seule l'image compte dans ce cirque médiatique. Et ce petit délire (sic), je ne veux pas en être complice. Il se dit beaucoup de choses, les entourages jouent aussi un rôle important. On a essayé de m'expliquer que c'était déterminant, qu'il fallait que je m'y soumette. Je cherche toujours à comprendre pourquoi. » De notre côté, on regretterait presque qu'il n'y ait pas davantage de joueurs anti-conventionnels façon Gilles Simon. Ce dernier ne parle pas souvent, mais quand il le fait, c'est un vrai régal.
 
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