Bonzi : "C'est sur la bonne voie"

Bonzi : "C'est sur la bonne voie"©Panoramic, Media365
A lire aussi

Aurélien CANOT, Media365, publié le lundi 11 avril 2022 à 17h39

Vainqueur de son septième titre sur le circuit Challenger mais surtout demi-finaliste à Marseille avec au passage son premier succès sur un joueur du Top 15, retenu pour la première fois de sa jeune carrière en Coupe Davis avec les Bleus avant d'être tout près de passer trois tours à Indian Wells, pour son premier Masters 1000, Benjamin Bonzi (25 ans) n'en finit plus d'avancer. La tête bien calée sur les épaules, le Gardois, finalement toujours en course à Monte-Carlo, ne veut se mettre aucune pression pour autant ni brûler les étapes. La seule recette, à l'entendre, pour pouvoir poursuivre son impressionnante progression.


Benjamin Bonzi, que vous inspire votre début de saison ?
Le début de saison a été bon. Il y a eu de bons passages, et des nouveautés aussi. Dans l'ensemble, il y a eu pas mal de bonnes choses : des premières victoires assez importantes, des premières demies en Grand Prix et cette première sélection en Coupe Davis. Donc il y a eu plein de choses positives. C'est un peu dans la lignée de la saison dernière. J'ai aussi compris des choses sur comment ça fonctionnait, ce qu'il fallait que je fasse tennistiquement, donc plein de positif. Maintenant, place à la suite !

Vous aviez terminé le dernier exercice exténué. Comment l'avez-vous entamé ? De nouveau au meilleur de votre condition physique ?
Oui, j'ai repris du jus. C'est vrai que la fin de saison avait un peu été compliquée. Entre la nouveauté, le gros enchaînement des tournois Challenger puis la fin de saison, où j'avais fait des tournois plus forts. Avec cette découverte-là, c'est vrai que j'avais fini cramé (sic). Mais j'ai récupéré, j'ai digéré et je suis revenu plutôt bien physiquement. Et ça continue. Il y a aussi beaucoup plus de fraîcheur mentale qu'en fin de saison, c'est cool.

La saison dernière, vous aviez couru après cet électrochoc en Grand Prix pour franchir un cap, mais il n'est jamais venu. Avez-vous le sentiment qu'il soit intervenu à Marseille en février dernier ?
Le déclic de la victoire, je l'ai eu. Après, est-ce qu'il est venu tard ou pas ? Je n'en sais rien. J'ai pris le temps de comprendre les choses, ça s'est fait petit à petit. Bien sûr que j'aurais aimé faire une meilleure fin de saison dernière, mais il fallait faire ce process. Il fallait que j'apprenne, que je comprenne et que tout s'intègre bien. C'est ce qui a été fait petit à petit et c'est ce qui continue depuis cet enchaînement à Marseille, où le contenu des matchs sur des mecs forts avait été bien meilleur, où j'étais arrivé à battre Karatsev et à faire deux fois trois sets contre des Top 10. J'avais aussi battu Sonego. Tout est dans la progression. Après, c'est loin d'être fini. Je pense qu'il y a encore plein de choses à faire et à a assimiler. En tout cas, passer ce petit cap-là, me sentir davantage à ma place et avoir la confirmation que je peux battre ces joueurs-là, c'est certain que c'est un cap qui a été passé.

"Les mecs sont embêtés..."

A Montpellier, contre Goffin, vous étiez pourtant retombé dans vos travers en perdant ce match que vous aviez pourtant bien en main...
En fait, cette défaite contre Goffin (2-6, 7-5, 6-1 après avoir mené 6-2, 3-0), c'est un peu à part, car ce n'était pas vraiment un problème tennistique ou mental. C'est juste que je sortais du vaccin une semaine avant et que j'avais été pas mal fracassé. Pendant une dizaine de jours, j'avais même été complètement out. Et c'est ce schéma-là qui s'est répété sur ce match. Au bout d'une heure, je n'avais plus rien dans le réservoir. Mais le contenu de la première heure avait été très bon. Donc c'était aussi dans cette évolution positive qu'il y avait depuis le début d'année. Ensuite, il y a eu cet enchaînement. J'ai gagné Cherbourg, je suis arrivé en confiance à Marseille et il y a eu ce petit déclic de victoires.

Vous avez ensuite confirmé à Indian Wells en Masters 1000 dans un contexte là aussi tout nouveau pour vous...
Oui, l'enchaînement a été bon. Je jouais très bien au tennis à la fin à Marseille. Ensuite, je suis parti en Coupe Davis, où j'ai pu faire une très bonne semaine d'entraînement. En termes d'expérience, c'était fabuleux. On s'est vraiment tous très bien entraîné. Et pour moi, ça a vraiment eu des effets positifs pour la suite, car je suis arrivé à Indian Wells physiquement prêt, déjà, car la semaine avait été bonne. Tennistiquement, j'avais très bien joué toute la semaine donc je restais sur ma confiance de Marseille. Et l'enchaînement a été bien plus simple du coup à Indian Wells. Il y a eu de bonnes victoires, tout s'est bien passé assez rapidement, donc c'était parfait.

Face à Sinner, vous êtes passé tout près de l'exploit. Néanmoins, vous avez pu de nouveau prouver sur ce match que les top-joueurs ne vous faisaient plus peur, et que vous aviez même désormais le potentiel pour les faire chuter ?
Oui, ce sont des matchs où je ne suis pas loin. Alors, après, il manque encore des petits trucs, mais c'est sur la bonne voie. Je ne sais pas si je vais accrocher ces joueurs à chaque fois, mais quand j'arrive à être bien en place physiquement, à me sentir bien tennistiquement et que je n'hésite pas à leur rentrer dedans et à aller les chercher, on voit que les mecs sont embêtés. Ce sont des éléments intéressants pour la suite. Ça montre que l'on travaille dans le bon sens, il va falloir continuer et on verra comment cela va se passer.

Votre nouveau « statut » fait-il de vous un joueur plus exigeant encore envers vous-même qu'auparavant ?
Oui, après, cette exigence, je l'ai souvent eue. Quand je suis arrivé sur les Grands Prix, je voulais même peut-être un peu trop bien faire. L'exigence est encore là. Après, c'est sûr que mentalement, j'ai peut-être passé un cap en réussissant à me canaliser, à être plus serein et à le faire beaucoup plus dans la tranquillité. Bien sûr que j'ai envie de bien jouer à chaque tournoi et que j'ai envie de progresser. Mais il faut rester lucide, prendre les choses étape par étape, et ça viendra.

"Ca ne reste que ma première année"

Vous parliez de « nouveautés » au début de cet entretien. Faisiez-vous référence notamment aux nouvelles choses que vous avez mises en place avec votre entraîneur Lionel Zimbler ?
Oui, on a quand même cette ligne directrice depuis plus de deux ans sur le travail que l'on fait. On essaye de rajouter des petits choses au fur et à mesure, de trouver de nouvelles pistes, d'améliorer certains aspects de mon jeu, et ça se fait petit à petit. Il y a eu une super évolution depuis le début. Honnêtement, il y a encore beaucoup de travail à faire. Il va falloir prendre le temps de le faire, prendre le temps d'assimiler. C'est important de ne pas vouloir être trop pressé. Il y a eu de bons résultats, il y a eu de bons enchaînements, mais il va falloir éviter de se mettre trop d'attente ou trop de pression sur les épaules, car en soi, ça ne reste toujours que ma première année sur le Grand circuit, avec les Grand Prix, les Masters 1000... etc... Il faut garder cette fraîcheur, ne pas trop s'en mettre sur le dos et continuer à travailler.

Vous avez raison de le rappeler : vous êtes encore tout frais sur le circuit. On a tendance à l'oublier...
Oui, c'est clair. J'ai fait pas mal d'années en Challenger, je suis rentré dans les cent (premiers joueurs mondiaux) en juillet dernier et j'ai commencé à jouer mes premiers gros tournois assez régulièrement à partir de septembre-octobre, donc ça reste tout frais. Chacun a son rythme d'évolution, il ne faut pas chercher à se presser. Il y a encore des choses à faire, surtout des choses que je peux mieux faire, ça c'est une certitude et j'en suis conscient. C'est important de garder ce côté fraîcheur.

Commencez-vous à travailler certains aspects de votre jeu avec votre entraîneur ?
Non, ça reste complet. Après, on ne laisse rien de côté. S'il y a un truc hyper important qu'il voit et qui fait une énorme différence, on va se focaliser dessus, mais on ne va pas non plus regarder que ça. C'est un peu un mix des deux au final. Il y a pas mal de discussion entre nous quand on est sur le court. Il a suffisamment d'expérience pour savoir où il veut m'amener et comment il veut que je fasse les choses. Il y a pas mal de dialogue et on se concentre un peu sur tout. Il a ses idées principales, il sait quoi en penser et on travaille en fonction.

A lire aussi : Bonzi : « C'est ce que je voulais depuis très longtemps »

Vos réactions doivent respecter nos CGU.