ATP : Passionné par le tennis, Bublik confirme que l'appât du gain guide sa carrière professionnelle

ATP : Passionné par le tennis, Bublik confirme que l'appât du gain guide sa carrière professionnelle©Panoramic, Media365
A lire aussi

Mathieu WARNIER, publié le mercredi 19 février 2020 à 17h46

Remarqué lors du tournoi ATP de Montpellier par des déclarations tapageuses, Alexander Bublik a précisé sa pensée dans un entretien accordé au quotidien L'Equipe.

Alexander Bublik détonne dans le monde souvent très lisse du tennis professionnel masculin. Le Kazakh d'origine russe s'est fait remarquer lors du dernier tournoi ATP de Montpellier, ayant déclaré avec beaucoup de franchise qu'il hait le tennis et chaque jour où il doit jouer. Présent à Marseille pour l'Open 13, où il va défier Benoît Paire en huitièmes de finale après son succès face à Marton Fucsovics au premier tour, le 55eme joueur mondial s'est longuement confié au quotidien L'Equipe, un entretien durant lequel il a précisé sa pensée. « Pour tout vous dire, je ne vois pas de point positif à être joueur de tennis. Je ne joue que pour l'argent, assure Alexander Bublik. S'il n'y avait pas d'argent en jeu, j'arrêterais tout de suite. » Ayant cumulé 1,25 million d'euros en prize money depuis le début de sa carrière professionnelle selon le site officiel de l'ATP, le joueur de 22 ans assure n'avoir pas encore cumulé assez pour quitter le circuit. « Non, sinon j'aurais déjà pris ma retraite. Ou peut-être pas, assure qui a disputé en 2019 ses deux premières finales sur le circuit principal. Je n'en suis pas encore arrivé au même point que mon ami Bernard Tomic. Mais je n'en suis pas loin. »

Bublik : « J'adore frapper dans la balle »

Mais, si Alexander Bublik ne voit pas ou peu de bons côtés au tennis professionnel, le sport qu'est le tennis reste une passion. « J'aime ce sport, je ne peux pas dire le contraire, j'adore frapper dans la balle, assure le Kazakh. Après ma carrière, je suis sûr que je continuerai à frapper des milliers de balles. Je pense que je mourrai en jouant au tennis. » Mais ce sont certains aspects du professionnalisme, notamment concernant les possibles moments de méforme, qui posent problème au joueur de 22 ans. « Mais être joueur professionnel, se confronter chaque jour à de nouveaux adversaires, même si vous avez mal partout, c'est difficile, ajoute ce dernier. Vous ne pouvez pas dire 'Je ne me sens pas bien donc je ne joue pas'. Si tu te sépares de ta copine, si tu divorces, tu dois quand même aller jouer. » Mais cette passion a tout de même des limites selon lui.

Bublik : « C'est mon côté russe, nous sommes tous un peu cyniques »

S'il y a bien quelque chose qu'Alexander Bublik avoue avoir du mal à accepter, ce sont les critiques et notamment celles à l'issue des défaites. « Quand tu perds, tout le monde te demande pourquoi tu as perdu. Mais va te faire voir, va sur le court si tu crois que tu pourrais faire mieux que moi, tonne le Kazakh C'est cette partie du tennis que je déteste. Dans n'importe quel autre sport collectif, tu peux aller voir ton entraîneur et lui dire que tu ne te sens pas bien et que tu ne peux pas jouer. Au tennis, ce n'est pas possible. » Et pour expliquer les raisons derrière une telle prise de position, Alexander Bublik n'hésite pas à invoquer ses racines et à faire une comparaison avec le comportement récent de Daniil Medvedev, qui n'avait pas hésité à provoquer le public de Flushing Meadows quand il était hué pendant les matchs. « C'est mon côté russe, nous sommes tous un peu cyniques, assure celui dont le meilleur classement a été la 48eme place en octobre 2019. Je me rappelle ce qu'avait dit Daniil Medvedev à la foule qui l'avait hué lors du dernier US Open. Nous sommes russes, des joueurs durs au mal. » Une dureté qui pourrait s'étioler au fil d'une carrière où l'appât du gain prend le dessus sur la passion.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.