ATP : Nadal, autopsie d'un retour sur terre

ATP : Nadal, autopsie d'un retour sur terre©Media365
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Gabriel Vanhoutte, publié le mardi 14 mai 2019 à 09h42

Depuis le début de sa saison sur terre battue le 17 avril dernier, Rafael Nadal n'a remporté aucun des trois tournois qu'il a disputés. S'il ne vient pas à glaner un trophée au Foro Italico de Rome cette semaine, le Majorquin entamera Roland-Garros après un tour d'Europe vierge de succès. En quatorze ans ans, cette situation ne s'est présentée qu'une fois, en 2015. Le « Taureau de Manacor » avait alors échoué porte d'Auteuil.

« J'ai gagné Barcelone et Monte-Carlo dans le passé. Mais je ne vais pas gagner quinze Monte-Carlo, c'est la réalité. C'est plus normal ce qui m'arrive maintenant que ce qui m'est arrivé les quatorze dernières années » déclarait Rafael Nadal, au sortir d'une semaine madrilène qui s'est soldée par une défaite en demi-finale contre Stefanos Tsitsipas samedi. Une troisième élimination consécutive en demi-finale pour l'Espagnol, après les défaites contre Fognini à Monte-Carlo et Thiem à Barcelone. A Rome cette semaine, le Majorquin cherchera donc enfin à lancer sa saison sacrée et prendre de la puissance pour entamer sa quinzaine parisienne à la fin du mois. Le défi qui attend Nadal au Foro Italico est d'importance. Depuis 2005, le taureau de Manacor a toujours gagné au moins l'un des quatre tournois méditerranéens, à l'exception de 2015. Plombé notamment par les blessures, il avait alors échoué porte d'Auteuil.

Comme Rome, Nadal ne s'est pas fait en un jour

Superstitieux sur le court, Nadal reste terre à terre devant la presse. Ce lundi, l'Espagnol a refusé de céder aux inquiétudes qui l'entourent : « Cette année, j'ai manqué quelques tournois et quand j'ai joué, je n'étais pas loin de gagner. » Pourtant, le Majorquin n'a encore rien gagné après quatre mois cette année, une première depuis 2004. Nadal n'aura vécu ni douzième sacre à Monte-Carlo et/ou Barcelone, ni de sixième trophée à Madrid. Et ce qui au fil des ans était devenu une voie royale vers la couronne porte d'Auteuil est devenu une route laborieuse vers Paris. C'est avec une préparation loin d'être optimale qu'il retrouvera donc Rome, pour essayer de glaner une neuvième victoire et de rattraper un printemps en demi-teinte, qui redonne espoir à ses rivaux de voir le trône parisien changer de mains.

La seule année durant laquelle Nadal n'avait pas triomphé lors de ses quatre tournois fétiches (Monte-Carlo, Barcelone, Madrid, Rome), en 2015, l'Espagnol s'était également effondré à Roland-Garros. Mais cette mauvaise passe, il y a quatre ans, était avant tout due aux multiples blessures dont il avait été victime. En 2016, toujours handicapé par ses douleurs au dos, le « Taureau de Manacor » avait encore échoué à Paris, malgré une préparation encourageante avec deux succès à Monte-Carlo et Barcelone. Or, après deux nouveaux sacres à Roland-Garros, son état physique interpelle de nouveau cette année.

Le colosse aux pieds d'argile

Avant de poser ses valises sur la terre battue européenne, Nadal avait disparu des radars pendant un mois après son forfait en quarts de finale d'Indian Wells mi-mars, touché à un genou. L'Espagnol était catégorique, ce lundi matin encore en Italie : « Je me sens bien. » Concernant ses trois derniers revers dans ses jardins européens, le natif de Manacor préfère philosopher. « Nous n'allons pas en faire un drame ou trop réfléchir parce que les choses ne vont pas dans le bon côté. C'est le sport. On gagne et parfois on perd, il faut accepter les deux » juge-t-il. On ne peut toutefois pas s'empêcher de ressasser les mots de Toni Nadal, oncle et ancien entraîneur du Majorquin, début avril : « Rafael n'est pas un joueur de tennis, c'est un blessé qui joue au tennis. »

Si Rafa n'invoque ni blessure, ni manque de rythme, c'est que l'Espagnol sait que la seule réponse éventuelle qu'il pourra donner à ses rivaux, Djokovic et Thiem en têtes, interviendra sur les courts romains. Au Foro Italico, le Majorquin aura l'occasion de glaner une neuvième couronne et surtout de tempérer les ardeurs de ses adversaires, qui se prennent de nouveau à rêver d'une Coupe des Mousquetaires longtemps inenvisageable. Et même s'il échoue de nouveau à Rome, et passe un peu plus de favori à bête blessée, le meilleur joueur de l'histoire sur terre semble posséder toujours une longueur d'avance sur ses rivaux sur les matchs en cinq sets sur terre battue. A ce jour dans ce domaine, il reste le « Roi de France. » Sauf preuve du contraire.

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