ATP : Le sacre discret de "Mister Nobody"

ATP : Le sacre discret de "Mister Nobody"©Panoramic, Media365

Nicolas Kohlhuber : publié le lundi 23 novembre 2020 à 13h10

Vainqueur du Masters après une semaine parfaite, Daniil Medvedev n'a pas laissé exploser sa joie. Le Russe a savouré discrètement la plus belle victoire de sa carrière. Un comportement qui contraste avec les débordements dont il avait l'habitude.



Dans une O2 arena à huis clos pour le Masters, il n'y a pas eu de cris de joie à la fin de la finale remportée par Daniil Medvedev. Ni dans les tribunes, vides, ni sur le court, où le Russe s'est contenté de fixer son box du regard. Le joueur de 24 ans avait pourtant de nombreuses raisons d'être heureux en terminant le tournoi des Maîtres avec cinq victoires dont trois face au podium du classement ATP. Sa série de dix succès entamée à Paris lui a permis d'achever une saison 2020 bien particulière de la meilleure des manières. Mais ça n'a pas été suffisant pour le voir verser dans l'exubérance. Ce Daniil Medvedev n'est plus d'actualité. Sur le court, le natif de Moscou n'est plus qu'une machine à gagner. Ca promet pour les prochaines années...

Celui qui a été aperçu entrain de jouer sur un simulateur de Formule 1 à la fin du week-end a renié ses vieux démons. Si sa progression a été jalonnée de dérapages, il a décidé de se calmer. Le vainqueur du Rolex Paris Masters l'a lui même avoué à l'issue de son sacre dans des propos rapportés par la BBC. "Je ne célèbre plus mes victoires. C'est ma signature et je l'aime. Je l'ai décidé durant l'US Open quand j'ai eu quelques difficultés avec le public."

Sur le circuit Challenger, racisme et accusation de corruption

Pour mieux comprendre de quoi est capable le numéro 4 mondial, il faut revenir à l'été 2019. Au troisième tour de l'US Open, le Russe a eu un geste d'humeur envers un ramasseur de balle qui lui apportait sa serviette. Il avait été sifflé par le public du Louis Armstrong Stadium. Le début d'un jeu entre le tennisman et les spectateurs. Le joueur qui est francophone avait fait un doigt d'honneur mais surtout provoqué le public en annonçant que les sifflets avaient contribué à son succès sur Feliciano Lopez. Jusqu'à la finale perdue face à Rafael Nadal, les provocations s'étaient multipliés. On assistait là au dérapage le plus médiatique de celui qui était entrain de se révéler.



Ce n'était pas le dernier, Diego Schwartzman l'a traité d'imbécile à l'ATP Cup depuis, mais c'était surtout loin d'être le premier. Habitué à casser des raquettes depuis son plus jeune âge, Daniil Medvedev avait aussi été accusé de racisme lors d'un tournoi Challenger et avait donné des pièces à une arbitre qu'il estimait corrompue sur le même circuit. « Quand j'étais jeune, j'étais complètement fou sur le court. Je n'acceptais pas de perdre un point. J'ai toujours jeté ma raquette à la fin, mais j'ai travaillé dur pour arrêter ça. J'ai beaucoup progressé, mais pas encore assez. Je suis toujours en colère, ce qui n'est pas bon pour mon équipe, mais ils essaient de m'aider, même si c'est difficile sur le terrain car les émotions sont nombreuses. » disait l'an passé celui qui, conscient des problèmes provoqués par son attitude, a voulu faire des progrès dans ce domaine. Il semble y parvenir. Même s'il ne l'a pas célébré, le Russe a inscrit son nom au palmarès du Masters.

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