ATP : Gilles Simon en veut aux arbitres

ATP : Gilles Simon en veut aux arbitres©Media365

Emmanuel LANGELLIER, Media365 : publié le jeudi 02 septembre 2021 à 13h50

Actuellement confiné à l'hôtel, Gilles Simon s'exprime sur la polémique des pauses, problème soulevé par Stefanos Tsitsipas à l'US Open. Le Français de 36 ans en veut notamment beaucoup aux arbitres, devenus des « robots ».



En l'absence de Roger Federer et Rafael Nadal, et alors que Novak Djokovic pourrait réaliser le Grande Chelem en s'imposant dans dix jours, l'US Open est marqué lors de ses premiers jours par les longues pauses prises par Stefanos Tsitsipas. Le Grec a fait beaucoup parler en quittant le terrain pour aller aux vestiaires lors de ses rencontres contre Andy Murray, devenu fou furieux, et le Français Adrian Mannarino. Une polémique que le numéro 3 mondial ne comprend pas.

Questionné à ce sujet, Gilles Simon a délivré un avis cinglant dans L'Equipe, jeudi. Ce qui est très intéressant, c'est que les premiers à avoir abusé de cette règle-là, c'est la nouvelle génération, avec la soupape : je vais pisser quand je perds un set... Quand je les ai joués, je l'ai dit directement, notamment contre Shapovalov, qui sortait quand il perdait une manche contre moi. Sinner et Medvedev me l'ont fait aussi. Et ça s'est cristallisé quand Novak (Djokovic) l'a fait à Roland cette année. Il ne le faisait pas forcément avant, il avait plus tendance à appeler le kiné. Et Novak, ce n'est pas rien dans les discussions. Mais on peut se demander soudainement pourquoi tout le monde l'utilise... »

Simon : « C'est trop violent »

« À un moment, que font certains joueurs pour calmer les choses si ça se passe mal ? Ils prennent dix minutes, ils ont le sentiment d'être au moins peinards un moment, poursuit Gilles Simon qui est confiné à l'hôtel en tant que cas contact. Et pourquoi ce sont les jeunes qui le font le plus ? Parce qu'ils ont grandi avec ces nouvelles règles qui font que, aujourd'hui, quand tu es à 26 secondes (entre deux points, la règle étant de 25 au maximum), tu as l'arbitre qui te met un warning. Avant, quand à un moment ça n'allait pas trop pour eux, Novak et Rafa, c'était dans le jeu qu'ils mettaient plus de temps avant de servir. Aujourd'hui, quand ça ne va pas, la seule solution c'est de se dire "je me casse", car tu joues en mode robot. »


Le Français estime qu'on est désormais allé trop loin pour accélérer le jeu. « Bien trop loin, oui. Au changement de côté, on est passé à une minute. Même là, tu n'as plus le temps de souffler, de réfléchir. Et c'est une minute à l'annonce du score, donc 40 secondes quand tu arrives à la chaise. Tu es en train de faire un intermittent, en fait. C'est trop violent. Il faut laisser 1'30''. Quant aux 25 secondes entre les points, ça a toujours été comme ça. Mais il faut en finir avec la shot-clock (l'horloge qui fait le décompte sur le court). Je suis formellement contre », fulmine le vétéran de 36 ans qui en veut aux arbitres.

Simon sur les arbitres : « Il n'y a plus aucun bon sens, c'est dérangeant »

« J'en veux beaucoup aux arbitres en ce moment car ils ne font pas leur travail de tenue de match, lâche Simon, 103eme au classement ATP. On a des robots sur la chaise. Il n'y a plus aucun bon sens, c'est dérangeant. Avec le live Hawk-Eye (le système d'arbitrage informatisé qui a conduit à la disparition totale des juges de ligne pour cet US Open), ils n'ont même plus les annonces à faire, il ne leur reste plus que ce qu'il y a à côté, et contrôler le temps. Leur grande fonction, c'est de gérer le temps, et de te mettre un warning à 26 secondes. Terrible. Ils n'ont plus à regarder les balles, ils regardent tout ce qui se passe autour. Et hop, warning ! Ce n'est pas ça, leur travail. Au moins, redonnons-leur une certaine liberté en renonçant à la shot-clock. Et s'ils ne sanctionnent pas un joueur pour dépassement de temps, ça deviendra un fait de jeu, comme un hors-jeu non sifflé en foot. »

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