Thomas Siniecki, Media365 : publié le mardi 14 juillet 2026 à 15h57
Il n'y a rien qui puisse sauver le double dans sa configuration du moment, d'après Julien Boutter qui se livre à une destruction en règle.
L'ATP aimerait réduire de moitié tous les tableaux de ses tournois de double, c'est le sens de sa réforme annoncée contre laquelle Edouard Roger-Vasselin s'est déjà insurgé. C'est de bonne guerre, chacun défend sa paroisse, avec cette réalité en toile de fond : personne ne connaît les spécialistes au niveau international et ça n'intéresse quasiment aucun spectateur. A entendre Julien Boutter, qui jouait lui-même le double (mais en même temps que le simple) lors de sa carrière de 1996 à 2004, ça enquiquine jusque sur le circuit (pour L'Equipe) : "En termes de popularité, il n'y a aucun intérêt pour un tournoi, ni pour son public, à avoir des mecs qui ne font que le double. C'est une catastrophe ! Je peux même vous dire qu'à un moment, les joueurs du simple en avaient ras le bol parce qu'en salle, ils ne pouvaient pas s'entraîner à cause des spécialistes de double qui occupaient les courts. Quand tu es obligé de partager le terrain avec des mecs qui font leur gamme au service, en retour, ça fait chier tout le monde..."
"Ils ne font pas vendre un billet. C'est un emploi fictif ! Il n'y a personne dans les tribunes, c'est le désert"
Devenu ensuite directeur du tournoi de Metz, celui qui fut l'adversaire de Roger Federer en finale pour le premier titre du Suisse à Milan (en 2001) n'a jamais compris qu'on lui demande "de dépenser de l'argent pour quelque chose qui n'en rapporte pas" : "Ça n'a aucun sens. On paie des joueurs, en plus des frais qu'ils représentent, et ils ne font pas vendre un billet. Ce système n'est pas viable." Pour lui, et ça ne plaira toujours pas à des Edouard Roger-Vasselin ou Pierre-Hugues Herbert, "on peut envisager que le double soit réservé uniquement aux joueurs ayant été dans les 50 premiers mondiaux en simple" : "Ils ont un nom et, entre guillemets, le niveau de jeu. Pour eux, ça peut être une continuité de carrière."
Dernière salve qui ne manquera pas de faire réagir lesdits spécialistes : "Au niveau tennistique, ça joue -2/6, -4/6... Tu ne peux pas jouer à ce niveau et gagner 400 000 ou 500 000 dollars par an. Ce n'est pas possible, c'est un emploi fictif ! Tu ne génères pas du tout cet argent car jusqu'en finale, il n'y a personne dans les tribunes, c'est le désert."












