Aurélie Sacchelli, Media365, publié le vendredi 22 mai 2026 à 14h55
Interrogé au sujet de la gronde des cadors du tennis mondial, qui réclament une meilleure répartition des revenus des tournois du Grand Chelem, Jo-Wilfried Tsonga estime qu'il faut d'abord aider financièrement les joueurs classés au-delà de la 150e place mondiale.
Ce vendredi, le traditionnel "media day" de Roland-Garros a été légèrement perturbé, la plupart des joueurs et joueuses ayant mis leur menace à exécution en ne s'exprimant que pendant 15 minutes chacun devant la presse. Par cette action, ils souhaitaient interpeller les organisateurs des quatre tournois du Grand Chelem sur la répartition des revenus. A l'heure actuelle, environ 15% des revenus des Majeurs sont répartis entre les joueurs (pour Roland-Garros par exemple, une présence au premier des qualifications permet de gagner 24 000 euros, une présence au premier tour du tournoi 87 000 euros, un quart de finale 470 000 euros et une victoire finale 2,8 millions d'euros), alors qu'ils souhaiteraient en recevoir 22%.
Tsonga demande un meilleur équilibre
Ancien n°5 mondial, Jo-Wilfried Tsong a été interrogé à ce sujet par L'Equipe, et il est assez partagé, lui qui a été joueur et qui est désormais organisateur de tournois, via sa structure All In. « Au vu des comparaisons qu'on pourrait faire autour d'autres sports, je peux évidemment comprendre. Après, en étant des deux côtés, en tant que propriétaire de tournoi, je sais qu'il y a évidemment une conjoncture économique qui doit être équilibrée au maximum. Le but des joueurs, c'est d'aller à la table pour éventuellement discuter, c'est de trouver le meilleur équilibre entre ces organisations qui ont besoin de bien fonctionner et ces joueurs qui se donnent à fond tout au long de l'année et qui, d'une certaine manière, méritent la récompense du show qu'ils présentent."
Tsonga : "On a tous vécu comme des troubadours"
Si ce sont les meilleurs joueurs et meilleures joueuses du monde qui font entendre leur voix, ce qui semble assez normal puisque ce sont eux qui font venir les spectateurs dans les stades, même si cela peut les faire passer pour des millionnaires trop gâtés auprès du public, Jo-Wilfried Tsonga estime que ce sont les joueurs les moins bien classés qu'il faut aider. "Quand je jouais, les prize money n'étaient pas trop bas pour ceux, comme moi, qui allaient loin dans les tableaux. Effectivement, pour les joueurs au‐delà de la 150e place mondiale, évidemment que je trouvais ça trop bas puisqu'on a tous vécu comme des troubadours, à essayer de trouver 10 euros par‐ci, 10 euros par‐là pour pouvoir se payer un billet d'avion. Le fonctionnement du tennis mondial favorise les 150 premiers joueurs mondiaux. Ce serait bien d'augmenter les joueurs au‐delà du top 150. » A titre d'exemple, Thomas Faurel, âgé de 20 ans et 382e mondial, n'avait gagné que 67 000 euros depuis le début de sa carrière, et est assuré de recevoir un chèque de 87 000 euros grâce à ses trois victoires en qualifications.












