Roland-Garros : Sinner monte au créneau à son tour

Roland-Garros : Sinner monte au créneau à son tour©Icon Sport, Media365

Aurélien Canot, Media365 : publié le jeudi 07 mai 2026 à 18h33

Après Aryna Sabalenka, c'est au tour de Jannik Sinner de taper du poing sur la table quant aux sommes touchées par les joueurs lors des tournois du Grand Chelem par rapport à l'argent que génèrent ces rendez-vous. Le numéro 1 mondial attendait notamment davantage du prize money du prochain Roland-Garros.

Les efforts d'Amélie Mauresmo et de la Fédération française de tennis - "conséquents sur les trois premiers jours", pour reprendre les mots de la célèbre directrice - n'ont pas convaincu Aryna Sabalenka. Jannik Sinner a été déçu lui aussi.

Et comme son homologue biélorusse qui trône au sommet du classement féminin, le numéro 1 mondial chez les hommes monte au créneau sur ce sujet ô combien brûlant du moment sur fond de prize money dans les tournois du Grand Chelem autour de la répartition des sommes qui reviennent aux joueurs et aux joueuses au regard de la totalité de la somme que rapportent ces Majeurs à leurs organisateurs ainsi qu'aux partenaires.

A l'aube de se lancer dans le Masters 1000 de Rome, avec peut-être un sixième sacre consécutif à la clé pour l'Italien, Sinner est lui aussi monté au créneau. "C'est une question de respect, vous savez ? Je pense que nous donnons bien plus que nous ne recevons. Je ne parle pas seulement des meilleurs joueurs ; cela concerne tous les joueurs, hommes et femmes", ne décolère pas l'ex-dauphin de Carlos Alcaraz, repassé aux commandes depuis plusieurs semaines maintenant.

Sinner : "Je comprends ceux qui disent qu'ils ne joueront pas"

Le premier joueur de l'histoire à remporter Indian Wells et Miami la même année sans perdre le moindre set ne cache pas qu'il est tombé de haut - et il sont visiblement nombreux dans ce cas - en découvrant le prize money du prochain Roland-Garros.

"Nous, les joueurs, sommes un peu déçus par... ce qu'a fait Roland-Garros. Dans les semaines à venir, nous connaîtrons également le prize money de Wimbledon, et nous espérons sincèrement qu'ils seront bien meilleurs", avoue Sinner, qui ne comprend pas non plus que la lettre rédigée conjointement par les champions et championnes du moment n'ait pas déjà entraîné du changement.

"Les dix meilleurs joueurs et joueuses ont écrit une lettre. Il est très regrettable de constater qu'après un an, nous sommes encore loin de la conclusion souhaitée. Quand les meilleurs joueurs d'autres sports se réunissent pour envoyer une lettre aussi importante, je suis convaincu qu'on obtiendrait non seulement une réponse sous 48 heures, mais aussi une réunion pour en discuter."

Sinner : "En matière d'argent, le plus important est de se sentir respecté, et ce n'est pas le cas"

Et Sinner de brandir comme Sabalenka la menace du boycott, sans pour autant envisager de l'appliquer pour l'instant. "Je comprends ceux qui disent qu'ils ne joueront pas (...) Nous sommes confrontés à ce problème depuis longtemps mais c'est la première fois que j'ai l'impression que tous les joueurs sont sur la même longueur d'onde et partagent la même vision. Et je pense que c'est la bonne chose à faire : sans nous, sans les joueurs, il n'y a pas de tournois (...) Nous sommes en discussion. En matière d'argent, le plus important est de se sentir respecté, et ce n'est pas le cas."

De là à employer la manière forte ? "Nous verrons bien ce que l'avenir nous réserve", modère Sinner. Mais pour combien de temps encore ?

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