Biathlon - Jacquelin : "Je m'excuse, mais je ne sais pas de quoi"

Biathlon - Jacquelin : "Je m'excuse, mais je ne sais pas de quoi"©Media365
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Thomas Siniecki, Media365 : publié le vendredi 05 mars 2021 à 17h41

Toute l'équipe de France s'exprime et cherche des solutions, en vain, à propos de l'incroyable raté d'Emilien Jacquelin vendredi, sur le relais de Nove Mesto. Ce dernier, alors deuxième, a manqué sept balles de suite sur son tir couché !



Le craquage d'Emilien Jacquelin, vendredi en conclusion du relais à Nove Mesto, n'a pas fini de faire causer dans les rangs de l'équipe de France. Déjà en souffrance lors de la mass start en conclusion des Mondiaux, il y a deux semaines (voir plus haut), le double champion du monde de la poursuite avait changé de matériel. Tout allait bien à l'entraînement, et voilà que Jacquelin a sorti en haut (parfois très en haut) ses... sept premières balles. Rentrant finalement la dernière, il est donc allé parcourir quatre tours de pénalité alors que la France jouait encore la victoire, ce qui l'a replacé huitième à près de trois minutes - pour une cinquième place au final. Cette séquence de tir couché a duré précisément une minute et 17 secondes.

Desthieux "énervé"

"Je m'excuse encore auprès de mes coéquipiers, du staff et de tous ceux qui nous regardent, mais sincèrement, je ne sais pas de quoi, se désole Jacquelin. J'étais très concentré, sans anxiété ni peur ou hyperémotivité. J'étais naturel et simple, au travail. C'est encore incompréhensible. J'essaie de supprimer des éléments, ce qui pourrait me faire comprendre, mais je ne trouve pas. Ce n'est pas sûr à 100% que ce soit la carabine, mais j'essaie tout ce qui peut me libérer un peu l'esprit. En rigolant, Antonin Guigonnat m'a dit de mettre six clics en bas... Je l'ai écouté et c'est passé sur le tir debout, ce qui montre bien que j'étais prêt mentalement et techniquement. C'est d'autant plus frustrant et étrange."

Jacquelin, qui n'a pas les données que tout le monde peut voir en direct, réglait son viseur sur le côté, ce qui ne pouvait rien arranger puisqu'il fallait donc le baisser... "Il faut toujours que ça me serve, je suis désolé mais je ne sais pas de quoi, c'est incroyable... Si la première balle tombe samedi sur mon tir couché au sprint, ce sera une réelle satisfaction. Il y aura du stress, alors que là je n'y ai pas pensé une seconde. J'y penserai, mais c'est à moi de me battre afin de rester sur le travail pour contrer toutes ces pensées parasites." Le coach Vincent Vittoz parle aussi de "tirs vraiment incompréhensibles, pas au niveau de ce qu'on attend de lui".


Patrick Favre, l'entraîneur du tir, "ne pense pas que ce soit la carabine" : "Je suis surpris, comme tout le monde. Je n'ai pas vraiment d'explication, je ne sais pas... Dans ma carrière de coach, ça ne m'est jamais arrivé. On va réfléchir avec lui. Il y a sûrement un truc qui lui échappe, qu'il ne fait pas bien, peut-être une petite négligence... Je vois les impacts aux jumelles, et aussi avec vos images. Parfois, on voudrait être avec eux sur le tapis, mais on ne peut pas." A chaud, Simon Desthieux avait du mal à cacher sa frustration : "Je suis énervé. C'est tellement dommage, il faudra qu'on explique ça. Je ne sais pas ce qu'il a pu faire pour se retrouver si haut, à l'entraînement ça va... Des balles aussi hautes, je n'en sais rien, ça peut être plein de choses. Une tension dans le bras, de mauvais clics... A lui de tirer les leçons."

Guigonnat, avec un peu plus de recul, parvenait lui à dédramatiser : "Il y a toujours cette peur à gérer, celle de foirer en relais. Ça peut arriver à tout le monde, même en confiance. Je ne sais pas si les gens se rendent compte comme c'est compliqué. Mettre toutes les balles comme l'a fait Martin Fourcade pendant toutes ces années, ce n'est pas normal, c'est quand même exceptionnel. Là, je suis 20 mètres derrière lui, la télé nous montre qu'il est en haut, on a presque envie de lui dire... Un jour ce sera mon tour, et il ne faudra pas me jeter la pierre ! Car c'est difficile."

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