Biathlon - Coupe du Monde : Que retenir du début de saison ?

Biathlon - Coupe du Monde : Que retenir du début de saison ?©Media365

Clément Pédron, Media365, publié le vendredi 25 décembre 2020 à 21h18

La saison de biathlon a repris avec son lot de surprises, d'incertitudes et d'émotions aussi. Trêve de Noël oblige, plusieurs indications se dégagent sur la saison qui nous attend.


La Finlande a ouvert le bal, le 28 novembre dernier de la saison de biathlon. Une saison déjà hors du commun au regard de la situation sanitaire premièrement mais également à la lecture du plateau de biathlètes. Cette année, point de Martin Fourcade. La légende tricolore de la discipline a décidé, le 13 mars dernier, de ranger les skis et remettre la carabine dans son étui. Fort de ses cinq titres olympiques, ses treize titres aux Mondiaux et ses sept gros globes (et vingt-cinq petits), le Français laisse forcément un vide derrière lui. Même si la France ne manque pas de relève, on ne s'affranchit pas de l'absence d'un tel athlète comme cela. Au sein du clan bleu, blanc, rouge, orphelin de sa tête de gondole depuis plusieurs années, Antonin Guigonnat, Emilien Jacquelin, Fabien Claude et bien entendu Quentin Fillon Maillet ont pris les clés du camion. À la pause de Noël, le bilan reste cependant contrasté pour l'équipe de France avec du bon et du moins bon. On ne va pas faire la fine bouche mais les Bleus n'ont fait « que » 6 podiums cette saison pour une seule victoire, celle de Fillon Maillet lors de la première poursuite d'Hochfilzen (Autriche). La France donne cette regrettable impression de pouvoir rivaliser avec ses concurrents, principalement les Scandinaves, que par intermittence, ici ou là, jamais sur la continuité. Pour exemple, les Norvégiens ont remporté 6 des 9 courses individuelles et ils sont cinq à représenter le pays dans le Top 10 du général quand les Bleus n'en comptabilisent deux. Face à l'émergence de quelques pépites (Samuelsson et Ponsiluoma) et à la présence de l'armada norvégienne, ils doivent élever le niveau et gagner en régularité.

Les surprises du début de saison

Si les principaux représentants français affichent ce bilan, c'est également à cause du rayonnement de plusieurs biathlètes de haut-niveau, qui ont « perturbé » l'apparente hiérarchie au sein de la discipline. On peut évoquer Stuart Holm Laegreid, le Norvégien de 23 ans, vainqueur du 20 kilomètres, il y a un gros mois à Kontiolahti et étincelant à Hochfilzen (1er au sprint et à la poursuite). Lors de la mass-start dimanche dernier, c'est même lui qui avait pris le wagon de tête avant de finalement baisser pavillon au tir. Sebastian Samuelsson, le Suédois de 23 ans également, est lui aussi en forme. Triplé médaillé en Corée du Sud en 2018, il a brillamment remporté la poursuite en Finlande. Le dernier larron de ce cru est Martin Ponsiluoma. L'autre Suédois de 25 ans était pourtant le plus rapide lors de la mass-start dimanche dernier en Autriche mais il s'est heurté, au prisme d'un 19/20 au tir, au vétéran allemand Arnd Peiffer auteur d'un sans-faute avec sa carabine. À coup sûr, le champion d'Europe 2019 du relais mixte, sera au rendez-vous lors de la 5eme étape de la Coupe du monde à Oberhof (Allemagne), le 7 janvier prochain.

Le taulier Johannes Boe

Nombreux ont été les suiveurs du biathlon à observer l'actuel leader de la Coupe du monde au général, Johannes Boe surtout en l'absence de Fourcade. En ce début de saison, le Norvégien paraît légèrement en manque d'un peu de tout, que ce soit de vitesse sur les skis, de précision sur les tirs ou de gestion de ses efforts. Il y a un peu de vrai dans ce diagnostic et certes, il n'a comptabilisé qu'une seule victoire jusqu'à présent mais l'immense champion scandinave est encore là. Vainqueur du premier sprint en Finlande, Boe a aligné ensuite 6 podiums et n'a jamais fait pire qu'une 7eme place, c'était dimanche dernier en Autriche lors de la mass-start. « Les gens s'attendaient à ce que je gagne tout le temps, et je n'y suis pas parvenu. Ça a beaucoup fait parler » a reconnu le Norvégien. Avec 86% de précision au tir debout et 90% au tir couché, le patron reste toujours Johannes Boe.

Les Bleues, du bon relais moins en individuel

Il y a du mieux au sein de l'équipe de France féminine de biathlon mais le bilan à Noël reste encore en-deçà. Les Bleues montrent de la belle volonté et une nette progression sur le pas de tir et sur les skis mais l'ensemble reste moyen une fois la ligne d'arrivée franchie. Les Françaises ne comptent que 2 podiums individuels pour le moment et c'est à mettre au crédit d'Anaïs Chevalier-Bouchet (2eme du deuxième sprint en Finlande) et Julia Simon (3eme de la première poursuite en Autriche). Face à la France, d'autres jeunes talents, plus réguliers et efficaces au tir comme Dzinara Alimbekava et Hanna Oeberg ou Dorothea Wierer prennent place dans le haut de tableau. Dans les courses individuelles, les Bleues ne parviennent pas à résister durablement dans le Top 10, au contraire du relais où les Françaises restent sur deux podiums (deux deuxièmes places) lors des deux premières courses.

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