Violences sexuelles dans le patinage artistique : Abitbol ne porte pas plainte

Violences sexuelles dans le patinage artistique : Abitbol ne porte pas plainte©Media365

Aurélien CANOT, publié le vendredi 07 février 2020 à 22h30

Sarah Abitbol n'a finalement pas porté plainte contre son ancien entraîneur et violeur présumé Gilles Beyer.

Sarah Abitbol n'a finalement pas porté plainte contre Gilles Beyer. Après avoir hésité, précisément en raison de la date à laquelle remontaient les violences sexuelles présumées qu'elle dénonce dans son livre « Un si long silence » (éditions Plon), l'ancienne championne avait finalement décidé de déposer une plainte contre son ancien entraîneur, nous avait appris la Ministre des Sports Roxana Maracineau, mardi dernier sur le plateau de France Info. « Nous lui avons proposé de porter plainte. Elle comptait déjà le faire. Elle va porter plainte. C'est à la justice de dire si les faits sont prescrits, mais au vu de toutes les plaintes qui sont déposées, elle va avoir du travail. » Au même moment, on apprenait alors qu'en dépit de l'antériorité des viols présumés subis par Abitbol de la part de Beyer, le parquet de Paris avait annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire pour viols et agressions sexuelles sur mineurs par personne ayant autorité sur la victime, tandis que la veille, la ministre avait appelé le président de la FFSG Didier Gailhaguet à démissionner, ce qu'il n'a pas fait à ce jour (cela pourrait être le cas samedi lors d'un conseil fédéral exceptionnel). On sait depuis vendredi que l'ex-patineuse, aujourd'hui âgée de 44 ans, n'a pas porté plainte et ne le fera pas.

Abitbol reste à la disposition de la justice comme témoin

Comme elle l'avait laissé entendre dès ses premières interventions, il y a en effet prescription. « Les actes de viol commis de 1990 à 1992, par son entraîneur, personne ayant autorité, à l'encontre de Mme Sarah Abibtol, née le 8 juin 1975, sont prescrits, elle ne porte donc pas plainte mais reste à la disposition de la justice comme témoin », ont fait savoir dans un communiqué les avocats de Sarah Abitbol Jean-Luc Chetboun et Isabelle Burlacot-Hunsinger. Dans ce même communiqué, Abitbol précise de son côté qu'elle a pris la parole dans son livre dans l'unique but de « pouvoir se reconstruire, mais également pour apporter sa voix et son soutien aux femmes en souffrance, qui n'ont pas divulgué leur lourd secret ». Depuis les révélations de l'ancienne championne, de nombreuses sportives ont elles aussi confié qu'elles avaient été victimes du même type de harcèlement moral, physique et de violences sexuelles, dont plusieurs dans le milieu du patinage artistique également. Et ce n'est probablement que le début d'une longue série.

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