Patinage artistique : Avec une défense acharnée, Didier Gailhaguet assure qu'il ne va pas démissionner

Patinage artistique : Avec une défense acharnée, Didier Gailhaguet assure qu'il ne va pas démissionner©Panoramic, Media365

Mathieu WARNIER, publié le mercredi 05 février 2020 à 15h49

Alors que le patinage artistique français est dans la tourmente, Didier Gailhaguet a longuement confié sa vérité lors d'une conférence de presse et ne compte pas démissionner de la présidence de la FFSG.

Après les accusations, place à la contre-attaque pour Didier Gailhaguet. Mis sous pression par Roxana Maracineanu, le président de la Fédération Française des Sports de Glace (FFSG) s'est exprimé face à la presse. Le dirigeant a pu longuement dérouler ses arguments, en commençant par son entrevue ce lundi au Ministère des Sports. « Si je suis ici devant vous, c'est que madame la Ministre ne m'a pas entendu, drapée dans des certitudes et une médiatisation en folie, a déclaré un Didier Gailhaguet combatif. La médiatisation autour de cette affaire est inexacte, je suis ici pour rétablir la vérité. En démocratie, il ne suffit pas d'avoir raison, il faut savoir convaincre. » Théâtral, le président de la FFSG a ensuite eu quelques mots pour les victimes présumées. « Je suis atterré de ce triste constat de vie de femmes brisées, bouleversées à jamais par la faute de salauds qui ont profité de leur innocence. Il n'y a pas de mot pour décrire mon dégoût, a confié Didier Gailhaguet avant de s'ériger en défenseur de son institution. La fédération, ce n'est pas un ramassis de pervers sexuels ayant la culture du viol. » Il l'a martelé, Didier Gailhaguet ne savait pas. « Ces faits, je les ai découverts pour 90% d'entre eux par la presse et par un livre. Ils sont affreux, inadmissibles, nous ne les supportons pas, ajoute le dirigeant. Vous ne trouverez jamais mon nom dans des affaires de violence, de maltraitance de l'enfant. Je suis un homme imparfait, mais je suis un homme clean. »

Gailhaguet : « Je suis un homme imparfait, mais clean »

Comme pour vouloir dédouaner la FFSG, Didier Gailhaguet n'a pas hésité à mettre en avant que des affaires similaires ont éclaté dans bien d'autres sports. « Nous ne sommes pas les seuls. 28 sports ont été concernés par des affaires sur des mineurs de moins de quinze ans. Le sport français est victime de ce fléau, tonne le dirigeant. Il semblerait qu'en raison du livre de madame Abitbol, tout soit concentré sur la FFSG. C'est une honte car toutes les victimes ont droit au même respect. » Didier Gailhaguet est ensuite revenu sur les attaques personnelles dont il se dit être victime. « Je suis sali par des minables qui ne connaissent ni mon travail, ni l'homme, assure-t-il. Où aurais-je bien pu pêcher par ignorance, naïveté ou incompétence ? Si je n'ai pas fait de fautes, des erreurs, j'en ai trouvé. » Il conclut son intervention sur le sujet par un laconique : « Il n'y a pas eu un seul cas pendant ma présidence qui n'ait pas été traité ». Didier Gailhaguet est ensuite revenu en longueur sur le signalement des exactions qui auraient été commises par Gilles Beyer. « C'est moi qui ai demandé l'enquête administrative au Ministère des Sports. La thèse du copinage, bonjour ! Ils m'ont écouté et entendu. M. Beyer a été placé dans une fonction purement administrative, assure le président de la FFSG. Une fédération sportive, ce n'est pas la justice, ce n'est pas la police, ce n'est pas le ministère des Sports. Je n'avais jamais entendu parler de viol sur les personnes d'Hélène Godard et Sarah Abitbol. »

Gailhaguet ne compte pas démissionner

Depuis les premières révélations à ce sujet, de nombreuses voix ont affirmé que le petit monde du patinage artistique français savait ce qui se tramait. Face à cela, Didier Gailhaguet n'a pas fait évoluer son propos : « Tout le monde savait ? Que diable ceux qui savaient n'ont pas dénoncé les faits ? Il est trop facile de venir baver sur les plateaux de télé en disant que tout le monde savait, sans n'avoir rien dit avant. » Assurant qu'il n'avait pas de relations cordiales avec Gilles Beyer, le président de la FFSG a nié tout réseau permettant de protéger ce dernier. « Parler de réseau de copains, s'auto-protégeant, d'omerta... De biens grands mots pour désigner une méconnaissance des faits et des dysfonctionnements avérés, y compris ceux de l'Etat, c'est trop facile, a répondu Didier Gailhaguet. Nous avons agi pour faire en sorte de traiter ce sujet. Il n'y a pas de fédération parfaite, car c'est la société et les hommes qui ne le sont pas. Je n'ai absolument pas protégé Gilles Beyer. Je suis celui qui a diligenté l'enquête administrative. » Mais, contrairement à la demande du Ministre des Sports, le président de la FFSG ne compte pas démissionner. « Pour être démissionnaire, il faudrait que j'aie commis une faute. Je n'estime pas en avoir commise. Des erreurs, certainement, mais pas des fautes. Il m'est demandé de démissionner à propos de faits qui remontent à trente ans, que je connais depuis une semaine et demie. » Une ligne de défense agressive qui ne risque pas de faire baisser la pression sur la FFSG.

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