Ski alpin - Mondiaux d'Äre : Paris sacré, Clarey médaille d'argent

Ski alpin - Mondiaux d'Äre : Paris sacré, Clarey médaille d'argent©Media365
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Aurélien CANOT, publié le mercredi 06 février 2019 à 13h55

Seulement deuxième à neuf centièmes du champion du monde italien Dominik Paris, ce mercredi sur le Super-G des Mondiaux d'Äre, la faute à une protection de sa combinaison qui s'est relevée à dix mètres de la ligne, Johann Clarey a rejoint à 38 ans le clan très fermé des médaillés français sur la spécialité. Une médaille d'argent que le skieur de Tignes partage avec l'Autrichien Vincent Kriechmayr, arrivé dans le même temps lors de cette journée marquée par un joli tir groupé des Bleus (trois Français dans les sept premiers), avec cette première médaille.

Deuxième épreuve et première médaille pour les Bleus ! Johan Clarey (38 ans), l'un des héros de l'hiver en Super-G (il avait notamment terminé deuxième à Kitzbühel), avait pris date ce mercredi lors des Championnats du Monde d'Äre pour signer l'un des plus beaux exploits de sa vie alors qu'à son âge, beaucoup ont déjà pris leur retraite. Deuxième derrière le champion du monde du jour Dominik Paris, le skieur de Tignes a rejoint le clan très fermé des Français (Franck Picard, Adrien Théaux et Guathier de Tessières) montés sur le podium mondial, dix ans après de Tessières, lui aussi médaillé d'argent. Concurrent le plus âgé de l'histoire de la compétition à grimper sur la boîte, Clarey a levé les bras de joie après avoir passé la ligne. Il aurait également pu les garder baissés et regretter de ne pas avoir décroché ce premier sacre mondial en Super-G pour un skieur de l'équipe de France tant il était près de la victoire. Non seulement parce qu'il échoue à neuf tous petits dixièmes de Paris, mais surtout parce qu'il avait course gagnée encore dix mètres avant la ligne.

Clarey : "Du mal à réaliser"

Malheureusement pour notre représentant et seul concurrent du jour à perdre du temps sur Paris sur le bas, c'est le moment qu'a choisi une protection de sa combinaison pour se relever et faire perdre à celui qui se trouvait devant l'Italien au premier intermédiaire les quelques précieux centièmes qui lui auraient permis d'être couronné et d'achever en beauté une carrière presque uniquement marquée par des pépins et par le décès tragique de son ami et coéquipier David Poisson. « Je sens qu'elle se déchire, que l'air passe et ça me coûte quelques dixièmes », expliquait après-coup Clarey l'argenté ( à égalité avec l'Autrichien Vincent Kriechmayr) au micro d'Eurosport sans pester contre les circonstances. « Je suis resté très calme, j'ai senti que j'avais bien skié en haut. Malheureusement, j'ai commis quelques erreurs en bas qui me coûtent très cher et peut-être la première place, mais c'est fantastique. Je suis tellement heureux. J'ai le cœur qui palpite à mille à l'heure. C'est incroyable ce qui m'arrive, j'étais tellement hors du coup avant le Super-G et maintenant, je me retrouve sur le podium mondial, c'est incroyable, j'ai du mal à réaliser. » La journée aurait pu être plus belle encore pour Johan Clarey. Elle restera malgré tout comme l'une des journées de sa vie, pour ne pas dire LA journée de sa vie. Le Tignard pourra d'autant plus apprécier que sa médaille d'argent est venu récompenser un joli tir groupé des Français, avec trois Bleus dans les sept premiers.


Pour sa der, Svindal passe au travers

Lui aussi médaillé aux Mondiaux (en bronze), Adrien Théaux, deuxième Français le mieux classé de ce Super-G, termine à une belle cinquième place, deux centièmes derrière un autre Italien Christof Innerhofer. Toutefois, comme Clarey, il aurait pu faire beaucoup mieux. Il faut dire qu'il a abandonné six dixièmes de manière assez incompréhensible sur le haut du parcours. Rageant, car il a livré ensuite un bas... presque parfait. « Si on enlève le premier inter, je fais un run de folie, je me suis tiré une balle dans le pied, mais c'est comme ça. Je me suis fait plaisir sur une piste magique », relativisait Théaux, encore marqué par le voyage épique de la délégation française pour arriver jusqu'à Äre. Une mésaventure qui n'a pas empêché Brice Roger de finir lui aussi à une place d'honneur très encourageante (7eme). Le Plagnard a, certes, payé son manque de vitesse à mi-pente dans une partie déterminante du tracé, mais il n'a pas eu de chance lui non plus, puisqu'après avoir heurté une porte, il a été contraint de ralentir à deux reprises pour remettre son masque, qui avait glissé sous ses yeux. Nils Allègre (25 ans), lui, n'a rien à se reprocher. Si ce n'est son manque d'expérience. Avec un peu plus de bouteille, il devrait pouvoir faire mieux que cette 14eme place. Même si pour un premier grand rendez-vous international, il s'agit d'un résultat extrêmement satisfaisant pour le champion de France de la spécialité. Le jeune skieur de Serre-Chevalier peut même se vanter d'avoir terminé devant le quintuple champion du monde Aksel Lund Svindal (16eme). Pour le dernier Super-G de sa carrière, le légendaire norvégien de 36 ans, peut-être crispé par l'enjeu, est passé au travers. Rendez-vous manqué également pour le champion olympique autrichien Matthias Mayer, parti à la faute.

SKI ALPIN - CHAMPIONNATS DU MONDE
Super-G hommes - Mercredi 6 février 2019
1- Dominik Paris (ITA), en 1'24"20
2- Johan Clarey (FRA), à 0"09
- Vincent Kriechmayr (AUT), mt
4- Christof Innerhofer (ITA), à 0"35
5- Adrien Théaux (FRA), à 0"37
6- Josef Ferstl (ALL), à 0"39
7- Brice Roger (FRA), à 0"41
8- Mattia Casse (ITA), à 0"50
- Steven Nyman (USA), mt
- Adrian Smiseth Sejersted (NOR), mt
...
14- Nils Alllègre (FRA), à 0"64

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