Patinage artistique : Gilles Beyer aussi accusé de chantage sexuel

Patinage artistique : Gilles Beyer aussi accusé de chantage sexuel©Media365

Paul Rouget : publié le mercredi 05 février 2020 à 21h59

Accusé de viol par plusieurs patineuses, dont Sarah Abitbol, Gilles Beyer aurait aussi essayé d'obtenir des faveurs sexuelles de la part d'une ancienne championne de France juniors et de sa mère.



Quelques heures après la conférence de presse de Didier Gailhaguet, un président de la Fédération française des sports de glace (FFSG) à qui Roxana Maracineanu, la ministre des Sports, a demandé de démissionner en raison du scandale de violences sexuelles dans le patinage français, et qui a reconnu avoir commis une "erreur" mais pas de "faute" alors qu'un rapport de l'Inspection générale du ministère de la Jeunesse et des Sports recommandait en 2000 que Gilles Beyer, accusé de viol par Sarah Abitbol et Hélène Godard alors qu'elles étaient encore mineures, n'ait plus de fonctions d'encadrement de jeunes, ce dernier est aussi accusé d'avoir exercé un chantage sexuel sur une autre jeune patineuse et sa mère.

"Tu couches avec moi et tu ne paies rien"

Sabina Mahamoud, la mère de la championne de France juniors 2014 Nadja Mahamoud, a ainsi raconté à L'Equipe comment l'entraîneur aurait tenté d'obtenir des faveurs sexuelles de sa part à l'automne 2017, alors qu'elle voulait faire rentrer sa fille aux Français volants, le club dont Gilles Beyer vient d'être exclu. Elle explique comment il lui a envoyé de très nombreux messages obscènes pendant plusieurs mois. «Tu couches avec moi et tu ne paies rien et je fais monter ta fille à haut niveau...», lui aurait-t-il notamment déclaré. "Je me suis sentie très mal. Je voulais la réussite de ma fille mais pas à ce prix-là. Il savait que j'avais peu de moyens, il a voulu profiter de la situation. Je me sentais humiliée. Il m'a dit : « Je couche avec toi quatre fois par semaine et tu ne paieras rien pour ta fille »", assure-t-elle.

Une fille "écœurée par ce milieu"

"J'ai refusé mais il a continué à m'envoyer des messages. Il m'a demandé si ma fille était encore vierge. (...) J'étais choquée. «Elle a un beau cul ta fille, me disait-il, on pourrait dormir tous les trois.» Je lui ai répondu : «Comment parlez-vous de ma fille ? On est là pour faire des patinage». Ça a duré des semaines", poursuit Sabina Mahamoud. "J'ai su qu'il proposait aussi que ce soit moi", continue sa fille "choquée", qui a quitté le club parisien quelques jours plus tard et se dit aujourd'hui "écœurée par ce milieu" dont elle "préfère rester volontairement éloignée".

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