Patinage : Abitbol, " violée à quinze ans ", sort du silence

Patinage : Abitbol, " violée à quinze ans ", sort du silence©Media365
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Thomas Siniecki : publié le mercredi 29 janvier 2020 à 22h50

Les langues se délient de plus en plus à propos des abus sexuels dans le sport, et Sarah Abitbol vient peut-être d'apporter une pierre importante à l'édifice. L'ancienne patineuse, qui publie un livre en ce sens, a d'ores et déjà décidé de raconter ce qu'elle a subi dans sa jeunesse.

Sarah Abitbol, médaillée mondiale de patinage artistique en 2000, publie jeudi son livre Un si long silence. En écho à la une publiée par L'Equipe mercredi, qui dénonce les abus sexuels sur de jeunes sportives, elle témoigne : « En 1990, j'avais quinze ans, le manager du stage faisait le jour et la nuit à Paris, avec tous les enfants. La nuit, il n'y avait pas de porte, c'était un box ouvert. Le coach avait l'habitude de venir avec sa lampe, vérifier si les filles et les garçons étaient bien à leurs étages. Un jour, il me réveille, assis tout doucement sur mon lit, et il m'embrasse voire plus... J'avais une petite chemise de nuit, on m'a toujours appris que c'est ce qu'il fallait pour bien dormir. Et il a commencé à me faire des choses horribles, jusqu'aux abus sexuels. J'ai été violée à quinze ans. »



Désormais mère de famille et âgée de 44 ans, elle poursuit ses révélations : « C'était la première fois qu'un homme me touchait. J'espérais qu'il ne revienne pas, je me disais que ça ne se reproduirait peut-être pas. Mais il est revenu discuter un peu, et ça continuait dans un autre dortoir. Après le stage, je me suis dit que j'allais retourner dans ma famille, avec mes parents, que le cauchemar finirait enfin. Mais il me gardait sur la glace en prétextant mon sale caractère, qu'il ne fallait pas s'inquiéter et qu'il allait me ramener. Mes parents se disaient qu'il était gentil, ils ne voyaient pas le mal. Sauf qu'il m'enfermait à clé dans sa voiture, et qu'il m'emmenait sur un parking pour faire ces choses dégoûtantes... Je rentrais, je prenais ma douche et je me sentais très sale. J'essayais de faire semblant de rien. Je ne mangeais plus, je ne dormais plus, j'essayais de sauver ma peau. On se tait car on a honte, c'est répugnant. Et il disait que c'était un secret. Depuis 2003, je suis sous antidépresseurs. » L'ancienne patineuse finit aussi par dénoncer le ministre des Sports de l'époque, non nommé : « Je l'ai appelé. Deux jours plus tard, il m'a dit qu'il tairait l'affaire. »

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