JO d'Hiver 2030 : Le CIO justifie son choix de privilégier le dossier présenté par les Alpes françaises

JO d'Hiver 2030 : Le CIO justifie son choix de privilégier le dossier présenté par les Alpes françaises ©Panoramic, Media365

Mathieu Warnier, Media365, publié le mercredi 29 novembre 2023 à 19h15

A l'occasion d'une conférence de presse, les responsables du CIO sont revenus sur les éléments qui ont fait pencher la balance en faveur de la candidature des Alpes françaises pour l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver 2030.



Le Comité International Olympique (CIO) a été séduit. Ce mercredi, à l'occasion d'une conférence de presse, l'instance dirigeante du mouvement olympique a officiellement mis fin au suspense et confirmé avoir « décidé d'inviter la candidature française pour un dialogue ciblé » concernant l'organisation de l'édition 2030 des Jeux Olympiques d'hiver. Portée par les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur, cette candidature a été qualifiée de remarquable par Karl Stoss, président de la Commission d'Attribution des JO 2030, en raison de sa « vision pour l'expérience des athlètes et les soutiens locaux ». « Les principes de durabilité, de réduction de coût, de protection de l'environnement... La décision d'aujourd'hui s'est fondée sur ces éléments positifs », a-t-il ajouté. Egalement en lice, la Suisse et la Suède auront l'occasion d'« améliorer l'expérience des athlètes à l'avenir et travailler les soutiens politiques », en vue des prochaines échéances. En effet, si ces deux dossiers ont été recalés, c'est essentiellement en raison du « manque de soutien politique et populaire », quand la proposition suédoise a des difficultés avec ses « stratégies de financement ». Alors que la commission souhaite « cibler les délais » pour la phase de dialogue qui s'annonce, la première échéance est attendue pour le mois de février prochain. Directeur chargé des Jeux Olympiques au sein du CIO, Christophe Dubi est revenu sur ce qui pourrait faire échouer la phase de « dialogue ciblé » qui va s'ouvrir entre les dirigeants du mouvement olympique et les tenants de la candidature française.

Le CIO compte sur l'expérience de Paris 2024

« C'est le travail qui reste à faire, à savoir compléter un dossier dans le détail, a-t-il déclaré à la question de savoir ce qui pourrait faire dérailler le projet français. Mais il y a une excellente base, il faut reconnaître la capacité de la France à organiser des grands événements d'hiver à intervalles réguliers. Il faut travailler sur les transports, les finances. » Néanmoins, Christophe Dubi a ajouté que « le CIO a estimé qu'elle a toutes les capacités et toutes les garanties ». Pour Karl Stoss, les points forts de la candidature lancée par les Alpes françaises sont essentiellement « une longue tradition de sports d'hiver et une longue tradition d'organisation de compétitions de sports d'hiver » mais également « l'expérience recueillie avec Paris 2024 qui est un grand avantage par rapport aux autres candidatures ». A cela vient s'ajouter le soutien politique à tous les échelons, des municipalités au Président de la République. « Tout le monde se réjouit d'organiser les JO », a-t-il affirmé. Si la France est désormais en bonne voie pour accueillir les Jeux d'hiver en 2030, l'édition 2034 devrait également être attribuée l'été prochain, en marge de Paris 2024, avec Salt Lake City qui va également entrer dans un « dialogue ciblé » avec le CIO. « Nous avons déjà un ferme soutien de la part de la municipalité de Salt Lake, de l'Utah et du gouvernement fédéral, y compris du président Biden », a assuré Karl Stoss.

Salt Lake City choisi pour 2034, la Suisse souhaitée pour 2038

Pour ce dernier, « les Alpes françaises et Salt Lake doivent d'abord faire leurs devoirs » avant d'obtenir le feu vert définitif. Un point d'achoppement reste l'anneau de patinage de vitesse et une délocalisation à l'étranger reste sur la table mais le temps presse. « il faut qu'ils choisissent avant la session de l'été prochain. Ils doivent nous montrer où organiser le patinage de vitesse, a martelé Karl Stoss. Ce peut être un site temporaire, un pays voisin, ou une autre ville de France. Mais ils doivent présenter ce site avant la session. » Il en est de même pour le hockey sur glace, alors qu'aucune décision à ce sujet a encore été prise par la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Enfin, les responsables du mouvement olympique n'ont pas caché leur intérêt concernant une candidature de la Suisse à l'avenir. « La première des priorités dans ce dialogue privilégié sera de devenir hôte en 2038, mais s'il leur faut davantage de temps ce sera 2042 », a confirmé le président de la Commission d'Attribution des JO 2030 face à la presse. « Oui, jusqu'à fin 2027 le dialogue sera privilégié avec la Suisse, a ajouté Christophe Dubi. Si jamais ça ne marche pas il faudra relancer une procédure. » Mais il faudra surtout aux autorités sportives helvètes convaincre la population et la sphère politique de soutenir cette candidature. Alors que les doutes sur la pérennité des Jeux Olympiques d'hiver existent, le CIO entend verrouiller au plus vite ses dossiers.

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