Divers : Le père de Claude porté disparu au Québec

Divers : Le père de Claude porté disparu au Québec©Media365

Thomas Siniecki : publié le jeudi 23 janvier 2020 à 17h01

L'information, donnée par les frères Fabien et Florent Claude eux-mêmes en direct, a fait l'effet d'un choc terrible : leur père Gilles fait partie des Français portés disparus dans un lac au Québec. L'émotion subite est à son comble, le jour du premier podium de la carrière de Fabien Claude à Pokljuka.

Les fans de biathlon étaient tout à leur bonheur, savourant le premier podium de la carrière de Fabien Claude sur l'individuelle de Pokljuka, troisième derrière Johannes Boe et Martin Fourcade. Et puis la terrible nouvelle est tombée : le père des frères Claude, Fabien mais aussi Florent - qui court pour la Belgique (47eme jeudi) -, compte parmi les cinq Français portés disparus après une sortie aux abords d'un lac au Québec, mardi. « Il y avait tellement de choses dans ma tête depuis mercredi soir, explique, forcément très ému, Fabien Claude. On a décidé de prendre le départ tous les deux, je suis content de lui rendre hommage de cette façon. Je n'ai pas envie de m'étendre plus sur ce tragique accident, mais ce podium est pour lui. Je suis sûr qu'il est fier de nous, je suis fier de ce que j'ai fait. »

Fourcade : « Ce qu'on vit n'est rien sans l'aventure humaine »

« C'est important, ça nous tenait à coeur, confirme son frère Florent. Le but n'était pas forcément le résultat, mais de faire notre course du mieux possible afin de rendre un dernier hommage. » Les mots de Martin Fourcade ont aussi été très forts : « Je savais qu'il ferait quelque chose de grand. Parfois, on a besoin de sens afin de savoir pourquoi on fait ça... Je suis fier de lui et de l'équipe, on réalise tous une belle course. On avait à coeur de faire ça pour eux et leur famille. » En plus de Martin Fourcade et Fabien Claude, Quentin Fillon Maillet termine septième et Antonin Guigonnat onzième. « C'est beaucoup plus que du sport. Ce qu'on vit n'est rien sans l'aventure humaine autour. Et parfois, elle réserve des coups durs. Mais c'est là-dedans qu'on sent que les hommes autour ont une grande valeur. Leur maman peut être fière d'eux. Ce n'était pas facile de prendre le départ. »




Guigonnat a aussi eu beaucoup de mal à trouver ses mots : « C'était dur de skier, il y a beaucoup d'émotion. » Le coach Vincent Vittoz conclut : « C'est un sentiment pas évident, toutes nos pensées vont à lui et ses frères, sa mère. » Emilien, 20 ans et également grand biathlète en devenir, complète la fratrie. « Ça montre toute sa passion, il a ça en lui. Il a encore un petit espoir aussi, il se raccroche un peu à ça... C'est beaucoup de fierté en cette journée très particulière. Il savait qu'il aurait des moments difficiles durant la course, avec beaucoup d'émotion. S'il a voulu partir, c'est qu'il avait ses raisons. Lui seul les connaît, et il s'y est raccroché. Il a montré beaucoup de force de caractère, c'est ce qu'on retiendra. » Les deux frères ont décidé de rentrer en France, alors que l'espoir de retrouver leur père vivant est de plus en plus infime.

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