Biathlon - Mondiaux d'Östersund : Fourcade a fait abstraction du début de saison

Biathlon - Mondiaux d'Östersund : Fourcade a fait abstraction du début de saison©Media365
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Rédaction Sport365, publié le mercredi 06 mars 2019 à 16h02

Après plus d'un mois de coupure, Martin Fourcade retrouvera la compétition à l'occasion de ces Championnats du Monde d'Östersund, qui débuteront jeudi avec le relais mixte, auquel participera justement le champion français. Le septuple détenteur du gros globe avoue avoir une idée de pourquoi il a raté son début de saison, mais il cessera de se poser la question le temps de ces Mondiaux pour avoir une chance d'y décrocher deux médailles d'or, son objectif. Avec le sentiment de tout reprendre à zéro.

Vous n'avez plus couru en compétition officielle depuis le 27 janvier. Dans quel état de forme vous trouvez-vous ?
Je ne le sais pas trop et je n'ai pas envie de le savoir car il faudra faire avec les moyens du jour. Donc, éviter de se poser des milliers de questions. On est tous ici avec une forme, un état d'esprit. Moi, j'ai envie que cet état d'esprit soit le meilleur possible et d'aller chercher de belles choses. Je suis persuadé que je suis capable de le faire. Après, savoir si je vais évoluer au niveau des dernières années ou du début de saison, je ne le sais pas trop. Pour le coup, c'est une incertitude pour moi. Je ne me prends pas trop la tête avec ça.

Quel niveau pensez-vous avoir sur ces Mondiaux ?
Je ne sais pas, on aura la réponse samedi lors du sprint. J'aborde ces Mondiaux de manière positive, mon début de saison a été compliqué, mais je n'ai pas envie de me poser de questions. Je ne cherche plus à comprendre ce qui a été et ce qui n'a pas été dans ce début de saison. J'aurai la coupure au printemps pour faire le vide et analyser. J'ai de belles choses à jouer d'ici là.

Comment expliquez-vous ce début de saison difficile ?
Je me suis posé beaucoup de questions en début de saison pour essayer de comprendre et analyser cette fatigue, ce manque de dynamisme sur les derniers tours. Je n'ai aucune réponse rationnelle par rapport à ça, mis à part une sorte de charge qui a été trop élevée sur ces dernières années. L'accumulation des années au haut niveau, les sollicitations, les attentes, les filles à la maison qui ont pas mal bouleversé mon quotidien font peut-être qu'à un moment mon corps a dit stop. Il était trop fatigué pour répondre à ce que mon cerveau lui demandait. C'est la seule explication rationnelle que j'ai. Mais, à aucun moment, je n'ai eu de crainte sur ma faculté à retrouver mon meilleur niveau, je n'en ai toujours pas. Aujourd'hui, j'ai envie de mettre ça de côté pour la fin de saison. Je pense que j'aurai suffisamment le temps d'y penser ce printemps pour faire un bon break et repartir sur des bases saines sur la prochaine saison. Là, on est sur une parenthèse importante et j'ai envie de mettre toutes ces questions de côté durant cette période pour attaquer les Mondiaux de la meilleure façon possible.

Ce début de saison démontre finalement que vous n'êtes pas un surhomme...
Ça m'a permis de me rendre compte que l'anomalie n'était pas dans le fait d'être moins bien cette année mais dans le fait d'avoir dominé ces sept dernières saisons, d'avoir été au top pendant dix ans sans aucun coup de mou. Je suis toujours reparti des compétitions en ayant rempli mes objectifs, j'ai été beaucoup sollicité... Dans ces moments-là, on se sent un peu invincible, d'où le fait que ce qui s'est passé en début de saison a été difficile à vivre. Mais je pense être le même athlète, avec le même désir de performance.



Qu'avez-vous fait pendant cette coupure ?
La première semaine, je me suis vraiment reposé et j'ai passé du temps avec mes filles. J'ai pris du temps pour moi et pour nous. J'ai fait le vide après un début de saison qui avait été compliqué et une étape d'Antholz où j'étais sorti fatigué. J'ai repris l'entrainement après des tests médicaux qui étaient bons. Ensuite, je suis parti en stage à Prémanon. Je suis tombé tout de suite malade et je suis rentré à la maison. J'ai eu une semaine compliquée et très violente en termes de fièvre et fatigue. Ça m'était rarement arrivé dans le passé. Depuis, j'ai repris l'entrainement et ça s'est bien passé.

Mais ce break vous a-t-il fait du bien ?
Il ne s'est pas passé comme je l'aurais souhaité puisque je suis tombé malade au milieu, mais cette pause était nécessaire. J'avais besoin de couper, de me reposer. J'ai été arrêté dans mon élan, il faudra faire avec. La situation est particulière mais mon objectif reste inchangé. Forcément, je me battrai et j'attaquerai ces Championnats avec l'envie d'aller chercher au moins une médaille d'or.

Pourrez-vous alors parler de Championnats du Monde réussis ?
Je viens d'abord pour un titre individuel, mais j'ai aussi des ambitions collectives. Des Mondiaux réussis, ce serait donc deux titres.

Comment jugez-vous votre préparation ?
Ça a été une préparation un peu saccadée. Ce n'était pas la façon dont j'envisageais cette impasse idéalement. Il faudra faire avec et on ne peut pas revenir en arrière et faire en sorte de ne pas tomber malade. Ça fait partie des aléas d'une saison. J'ai fait table rase de ça et je me concentre sur le morceau qui arrive.

C'est un contexte auquel vous ne nous aviez pas habitué...
C'est une saison particulière pour moi et ce n'est pas comme ça que je l'imaginais. Il faut faire avec. Ça fait partie des aléas d'une carrière et ça m'a montré que j'avais aussi eu la chance d'être infaillible pendant sept années. Un moment, on se sent invincible car tout réussi. C'est peut-être ce qui a rendu ce début de saison difficile, car j'étais habitué à rebondir dès le lendemain d'une contre performance. Les ressorts mentaux qui m'ont permis de le faire sont toujours là, mais cette année, le corps ne m'a pas permis de le faire au-delà de l'envie et de la capacité de réaction que j'ai pu montrer sur de nombreuses courses.

Quand est-ce que vous vous êtes-vous rendu compte de tout ça ?
Ce mois-là m'a permis de mettre ça en lumière, de regarder un peu de loin et me montrer que j'avais toujours envie. Peut-être que ce sera difficile sur ces Mondiaux et que j'aurai une fin de saison difficile, ou peut-être que ça pourra totalement me relancer, au contraire. La vérité des courses nous le dira. Je pars avec un état d'esprit conquérant et avec l'envie de performer.

La pression sur vos épaules en est-elle plus forte ?
Non, c'est la même pression. J'aurais aimé arriver en outsider affûté comme une lame, mais la préparation n'a pas été celle que j'espérais et il faudra faire avec.

Quel est votre objectif aujourd'hui ?
Le même qu'en début de saison. C'est ce titre mondial. Je ne peux pas occulter mon passé car j'ai un début de saison compliqué. Je ne vais pas dire que je serais content avec une cinquième place, car ce n'est pas vrai.

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