Judo : La mort de Veitia, un des plus grands entraîneurs de l'histoire

Judo : La mort de Veitia, un des plus grands entraîneurs de l'histoire©Panoramic, Media365
A lire aussi

Thomas Siniecki, Media365 : publié le mardi 06 décembre 2022 à 19h26

Ronaldo Veitia est décédé à l'âge de 75 ans, des suites du diabète. Le technicien cubain a glané plus de 20 médailles olympiques, dont cinq titres avec les filles de son pays qu'il a porté très vite à un niveau inespéré. Il était un monument incontournable.



Si vous êtes un observateur de judo depuis plus de dix ans, même sans être expert, vous l'avez forcément vu lors des diverses compétitions sur le bord des tatamis : on ne pouvait pas manquer Ronaldo Veitia, le truculent et imposant entraîneur de l'équipe féminine de Cuba, qui a amené son pays vers de nombreux succès depuis les Jeux de 1992 à Barcelone - et jusqu'en 2015, année de sa retraite. C'est à ce moment-là que le judo féminin a fait son entrée au programme olympique. On n'a jamais trop bien su si ce personnage haut en couleurs, ancien judoka amateur, était sévère ou protecteur. Sans doute un peu des deux. Mais il y avait une certitude, la seule qui comptait réellement dans ce qu'on lui demandait : des résultats tout à fait exceptionnels.

Pierantozzi : "Ceux qui ne jurent que par la technique devraient méditer"

Dès 1992, Odalis Revé était ainsi championne olympique en -66 kg, puis Driulis Gonzalez en 1996 à Atlanta (-56 kg), Legna Verdecia (-52 kg) et Sibelis Veranes (-70 kg) en 2000 à Sydney, et enfin Idalys Ortiz (+78 kg) en 2012 à Londres. En six olympiades, le technicien aura glané pas moins de 24 médailles pour son pays, ce qui a fait de lui l'entraîneur le plus titré de l'histoire des Jeux. Rien que ça. En 2015, à l'occasion de sa retraite, il résumait ce qui constituait selon lui la recette du succès : "La disponibilité et le désir absolu de vouloir devenir celui que tes capacités te permettent d'espérer être."


Reconnu jusqu'au Japon, il fascinait aussi par sa seule mentalisation du judo, comme l'expliquait l'Italienne Emanuela Pierantozzi : "Je ne l'ai jamais vu démontrer une technique, un uchikomi ou une esquive. Jamais ! Je pense que ceux qui ne jurent que par la technique devraient méditer là-dessus..." Il avait aussi un mot pour la France et son incontournable tête d'affiche : "Quand je vois, malgré son palmarès, la modestie et la simplicité d'un Teddy Riner lorsqu'il s'adresse à moi, je me dis qu'il y a à apprendre de ça." Un certain art à l'ancienne, à faire perdurer dans la transmission de ses valeurs.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.