Yoka : " Le combat le plus exigeant tactiquement "

Yoka : " Le combat le plus exigeant tactiquement "©Media365
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Aurélien CANOT, Media365, publié le mardi 07 septembre 2021 à 11h18

A trois jours de disputer son onzième combat chez les professionnels, face au Croate Peter Milas, pour le grand retour de la boxe à Roland-Garros, Tony Yoka a conscience qu'il va devoir modifier sa façon de boxer face à cet adversaire qui présente notamment la particularité d'être ambidextre. En tout cas, une chose est sûre : le Français, toujours invaincu, est surmotivé.


La Conquête, épisode 11. Tony Yoka s'attaque à une nouvelle étape. Mais certainement pas la plus facile. A deux jours de retrouver les rings à l'occasion du grand retour de la boxe à Roland-Garros, "l'Artiste" semble même laisser entendre que le combat qui l'attend vendredi soir face au Croate Peter Milas devant 8 500 spectateurs pour sa 11ème sortie chez les professionnels a tout du match piège. Le Croate, qui n'a encore jamais perdu lui non plus (15 victoires en 15 combats, 11 par KO), présente en effet en plus d'être un redoutable adversaire sur le papier la particularité d'être un boxeur ambidextre. Une grande première pour Yoka, conscient qu'il va devoir boxer différemment qu'il en a l'habitude. Et rien que pour ça, le champion olympique de Rio se méfie. ""C'est un profil que je n'ai jamais boxé. C'est bien de s'y mettre. Un ambidextre, c'est encore plus complexe car tu trouves ta distance en droitier et, là, il switche en garde inversée de gaucher. Psychologiquement, ça demande pas mal de réflexion (...) Ce sera le combat qui va être le plus exigeant tactiquement." Affûté comme il ne l'a jamais été à l'entendre ("Je me sens bien, très rapide et plus puissant qu'avant"), Yoka a déjà une idée toutefois de comment il va devoir s'y prendre pour poursuivre sa série de victoires aux dépens de celui qu'il décrit ce mardi dans L'Equipe comme "compliqué à boxer, car il est tout le temps en déplacement. Il aime prendre l'ascendant, décider quand il a envie de reculer ou d'attaquer. Il prend son temps, c'est un faux lent." "Je vais devoir être vigilant, ne pas rentrer dans son rythme et imposer ma boxe d'entrée. Il faudra le brusquer un peu", analyse avant l'heure le protégé de Virgil Hunter, qui compte notamment sur son jab du gauche pour déstabiliser le Croate. Mais pas que. "Il va falloir autre chose, mais ça reste la clé, au moins en début de combat, histoire de le perturber car il aime avoir les mains un peu en bas, il aime se balader, donc le pilonner du bras avant au corps ou à la face, ça peut le déranger."

Deux autres membres de la Team Solide également au programme



L'essentiel pour Yoka, qui ne cache pas dans le quotidien qu'il a "travaillé vraiment très dur depuis plusieurs mois et consenti à des sacrifices dans (sa) vie personnelle deux mois loin de ses fils pour (se) concentrer sur ce combat", demeure à l'arrivée de rester invaincu et pouvoir continuer à monter en gamme et à s'offrir des adversaires toujours un peu plus forts et compliqués à battre ("ramenez-moi un adversaire de top 10 mondial, je ne veux plus perdre de temps"). Mais pour cet ex-boxeur hyper stressé ayant appris à se nourrir du stress au fil des années, un échec vendredi serait d'autant plus mal vécu qu'il attend beaucoup de ce retour devant du public, de surcroît dans une telle enceinte. "C'est un évènement qui est attendu après plus d'un an de boxe sans public et presque cinquante ans d'absence de boxe à Roland-Garros (...) La présence du public m'a toujours transcendé. Qu'il soit pour moi ou contre moi, ça me motive (...) Et puis il y a l'envie d'honorer au mieux l'invitation du monde du tennis de nous recevoir à Roland-Garros et de montrer que le noble art a sa place dans cet endroit prestigieux." Et ce d'autant que figureront également à l'affiche de cette réunion deux autres anciens héros de cette Team Solide qui avait tout fracassé sur son passage à Rio : Mathieu Bauderlique et Souleymane Cissokho. "Je vais reboxer pour la première fois à leurs côtés. Ce retour de la Team Solide, c'est excitant." "Je ne vais pas venir sur la pointe des pieds", assure celui qui rêve de briller dans ce jardin qui a longtemps été propriété de Rafael Nadal (13 titres Porte d'Auteuil). Mais qui ne demande qu'à se lever vendredi soir pour un autre champion.

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