XV de France : Un ancien capitaine des Bleus dézingue l'équipe de France

XV de France : Un ancien capitaine des Bleus dézingue l'équipe de France©Media365

Thibault Laurens, publié le vendredi 19 avril 2019 à 09h35

Ancien capitaine du XV de France durant le mandat de Pierre Berbizier (1991-1995), Jean-François Tordo a détaillé son point de vue concernant la descente aux enfers que vivent les Bleus depuis quelques saisons. L'ancien talonneur, qui n'a pas sa langue dans sa poche, n'a pas hésité à pointer du doigt les failles du rugby français.

« Les joueurs du XV de France, ils ont 500 chevaux sous le capot, mais ils n'ont pas la tête pour passer la quatrième vitesse... » Ces mots signés Jean-François Tordo, ancien capitaine des Bleus lorsque Pierre Berbizier en était le sélectionneur, démontrent à quel point l'équipe de France frustre les observateurs du rugby français. Dans un entretien accordé, ce vendredi, au Dauphiné Libéré, l'ancien talonneur de Bourgoin-Jallieu s'est montré extrêmement critique envers la sélection tricolore : « Le XV de France ne rêve plus, il est malheureux. (...) Physiquement, techniquement on n'a pas à rougir des autres nations. En revanche, mentalement on est très nuls. Quand on parle de rugby aujourd'hui, on parle de statistiques, de performances, de GPS... » Pour l'ancien international, le problème du XV de France réside donc avant tout dans le côté mental. Un constat justifié par les piètres prestations durant certaines rencontres, quand les Bleus semblaient alors être largement capables de l'emporter, avant de sombrer mentalement.

Tordo : « Ces joueurs, ils ne respirent pas la joie de vivre »



Mais comment faire alors pour souder un groupe, une équipe, une nation qui traverse, sans l'ombre d'un doute, la pire période de son histoire ? « Il faut que les entraîneurs se penchent sur la fraîcheur mentale des joueurs, poursuit Tordo. C'est quoi la fraîcheur mentale ? C'est des séjours en altitude, à la mer, c'est apprendre une langue (...) Qu'ils s'ouvrent à l'extérieur ! On est passé d'un rugby ouvert, parfois trop à notre époque, on pensait trop à faire la bringue, à un rugby de couvent. Ils ne respirent pas la joie de vivre ces joueurs. Il faut du plaisir. » Un plaisir qui devrait permettre aux joueurs du XV de France de se sublimer pour l'amour du maillot. Mais pour « Jeff », certaines attitudes sont également à revoir : « Ce que je n'aime pas, c'est quand ils répondent après les matchs « On a fait le job. » Non ! Le rugby, ça doit être un privilège ! Le XV de France, c'est le Graal. Un vrai job, je peux leur montrer ce que c'est, je peux les emmener sur les chantiers. Ça va les remettre sur terre. » Le message est passé.

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