XV de France - Trinh-Duc : " C'est l'histoire du numéro 10 en équipe de France "

XV de France - Trinh-Duc : " C'est l'histoire du numéro 10 en équipe de France "©Media365
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Rédaction Sport365, publié le vendredi 09 mars 2018 à 09h28

Une fois de plus, François Trinh-Duc aura sa chance comme titulaire, samedi contre l'Angleterre, alors qu'il ne faisait pas partie des premiers choix du sélectionneur. Jeudi, à Marcousis, le demi d'ouverture toulonnais, pas du tout revanchard ni amer, a rappelé à ceux qui auraient la mémoire courte qu'à son poste, ils ont été nombreux à faire le yo-yo dans l'histoire du XV de France et qu'il est loin d'être le seul.

François Trinh-Duc, vous devez être très heureux de débuter ce match ? Oui, c’est beaucoup de joie et de fierté de débuter ce match, qui est le plus important du Tournoi des 6 Nations. Il faut le gagner, c’est le match dont tout le monde nous parle : les supporters, la famille, les proches… C’est le match contre nos rivaux anglais. Ça va être dur, c’est vrai qu’au début, je n’étais pas dans les premiers choix du sélectionneur. Maintenant, je suis là, je me sens à ma place et je sais ce que j’ai à faire pour ce match. Je ne regarde plus derrière, je regarde devant avec ce match qui arrive samedi. On a travaillé depuis dix jours, ça travaille bien, il y a un bon état d’esprit, beaucoup de cohésion.

Comment le XV de France va-t-il devoir s’y prendre face aux Anglais ? Ça va être important d’être très solidaire, avec des conditions climatiques qui vont en plus être difficiles, car ils annoncent de la pluie. Il va falloir être serrés et solidaires en attaque comme en défense. Il va falloir être patient et tenir le ballon, car on ne va pas peut-être pas marquer dans le premier, le deuxième ou le troisième temps de jeu. Il va falloir être patient, jouer collectivement et les faire craquer, comme l’ont fait un peu les Ecossais il y a deux semaines. Ils les ont fait déjouer, ils ont été agressifs en défense et ils n’ont pas regardé. C’est une très belle équipe, elle joue mieux que nous, c’est certain, et si on les laisse jouer, ils vont effectivement finir derrière la ligne. Le but est de ne pas les laisser jouer, et de ne pas les regarder, parce que l’on a aussi de belles choses à faire valoir.

Vous attendiez-vous à cette titularisation ? Avez-vous compris assez rapidement que vous débuteriez samedi ? Non, je ne m’y attendais pas vraiment. Je suis là depuis trois semaines, l’équipe tourne à l’entraînement, elle change, c’est participatif. Tout le monde donne son avis, intervient. Après, c’est souvent cadré, carré, et on exécute. En tout cas, je ne m’y attendais pas plus que ça (il sourit).

Comment faites-vous pour revenir à chaque fois alors que vous n’êtes jamais le premier choix des sélectionneurs au poste d’ouvreur ? Je m’accroche (rires). Non, on s’entraîne dur tous les étés et tous les jours pour s’améliorer et être à son meilleur niveau, représenter son pays et jouer des matchs comme ça. Je ne baisse jamais le pavillon, je suis toujours heureux d’être là, je m’accroche et malgré les coups, j’arrive à retrouver la confiance. J’ai beaucoup travaillé aussi sur moi, mes qualités et mes défauts. C’est ça aussi qui fait ma longévité, car ma première sélection, c’était il y a dix ans (il sourit).

Trinh-Duc : « Mathieu (Bastareaud) et Guilhem (Guirado) sont de vrais leaders »Vous avez pourtant connu tous les sélectionneurs, mais sans qu’aucun ne vous installe sur la durée… Oui, c’est l’histoire du numéro 10 en équipe de France (rires), ce n’est pas propre à François Trinh-Duc. Pour en avoir discuté avec mes prédécesseurs, c’était aussi le cas.

Avez-vous le sentiment de ne plus rien avoir à perdre ? C’est vrai que je n’étais pas le premier choix au début. Maintenant, je suis là, je regarde devant et je me sens quand même à ma place. J’aborde ce match avec beaucoup de sérieux, d’envie, et j’ai hâte d’être à samedi.

Etre titulaire pour un Crunch a-t-il davantage de saveur encore ? Tous les matchs ont une saveur particulière. C’est vrai que jouer l’Italie à Marseille dans le Sud, c’était particulier. C’était la première fois et c’était important pour moi de participer à ça. Là aussi, c’est important, car c’est l’une des meilleures équipes du monde, voire la meilleure en ce moment, donc oui, ça a une saveur particulière.

D’autant que vous faites partie des joueurs à avoir déjà battu les Anglais avec l’équipe de France… Oui, oui. Peu de fois, mais oui, je m’en souviens, notamment en 2010 lors du Grand Chelem. C’était le dernier match, ça avait été un match très dur par des conditions climatiques difficiles. Il y avait beaucoup de pluie, le match avait été serré et on avait gagné de peu (12-10), mais ça nous avait offert le Grand Chelem et beaucoup de beaux souvenirs.

Le sélectionneur semble vouloir s’appuyer sur votre expérience en équipe de France ainsi que votre vécu face aux Anglais, au même titre que pour Mathieu Bastareaud. Est-ce l’impression que vous ayez également ? Oui, peut-être. Avec Mathieu, ça fait deux ans que l’on joue ensemble en club. On se connaissait aussi pour avoir joué ensemble en équipe de France. Il faut se servir de ses qualités, parce que c’est un très bon joueur, un très gros défenseur et il apporte aussi dans le collectif au quotidien. Avec Guilhem (Guirado), ce sont de vrais leaders. Ils apportent leur expérience, ils mettent l’équipe en confiance et dans les meilleures conditions.

Trinh-Duc : « Je ne me sens pas revanchard »Cette cohésion dix-douze-treize est-t-elle importante ? Oui, avec Mathieu (Bastareaud) et Geoffrey (Doumayrou), mais aussi avec Benjamin Fall, Hugo Bonneval, Maxime Machenaud… Je connais bien la ligne de trois-quarts, c’est vrai. Je suis très heureux aussi de retrouver mon ami Geoffrey Doumayrou, avec qui j’ai joué à Montpellier et qui a été lancé aussi au Pic Saint-Loup. C’est une paire de centres complémentaires, avec beaucoup de punch. On dit que les Anglais sont un peu durs, âpres et arrogants, mais je crois que l’on a de quoi leur répondre avec notre paire de centres.

Pensez-vous ce XV de France capable d’élever son niveau de jeu pour battre les Anglais ? Oui, il y a e quoi faire. Il y a une grosse marge de progression, on en est tous conscients, mais ça prendra un peu de temps. Effectivement, en dix jours, ça a été un peu accéléré, parce que notre priorité, c’est la victoire. Il faut que l’on renoue avec la victoire. On l’a fait contre l’Italie, ça serait vraiment un exploit d’enchaîner une deuxième victoire contre une nation majeure. Ça nous permettrait de valider tout le travail qui a été fait en amont, pas seulement ces deux dernières semaines, mais ces derniers mois et ces dernières années, car tout n’est pas non plus à jeter.

Avez-vous senti une progression entre la préparation du match contre l’Italie et celle de ce match contre l’Angleterre ? Non, car on se concentre beaucoup et exclusivement sur notre jeu. On est appliqué sur ce que l’on fait et sur le jeu que l’on a envie d’imposer. Effectivement, on regarde le jeu des Anglais, leur attaque et comment on défend. Après les Anglais sont capables de tout faire, donc on ne veut pas passer trop de temps à les admirer et à les regarder, mais plutôt à nous concentrer sur notre défense, sur comment on va défendre, être bien en place et surtout, en attaque, comment on va tenir le ballon et les faire déjouer.

Est-ce une motivation supplémentaire d’affronter des joueurs comme George Ford et Owen Farrell ? De jouer contre des joueurs comme ça, oui. Après, qu’ils soient deux, ça ne change pas grand-chose pour moi. Ils ont plus de choix, plus de disponibilités et de jeu au pied, car les deux sont capables. Je trouve que c’est une bonne chose de jouer avec deux dix. Après, forcément, quand on est en face, c’est plus compliqué. Pas pour moi personnellement à mon poste, mais pour le fond du terrain et le second centre, car ils sont capables de tout faire.

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