XV de France : Tauleigne, Trinh-Duc... Brunel explique ses choix pour le Crunch

XV de France : Tauleigne, Trinh-Duc... Brunel explique ses choix pour le Crunch©Media365

Rédaction Sport365, publié le jeudi 08 mars 2018 à 10h38

Jacques Brunel reconnaît que le choix de préférer François Trinh-Duc à Lionel Beauxis n'a pas été simple. Mais le sélectionneur français a eu comme le sentiment qu'il devait prendre cette décision.

Jacques Brunel, cette décision a-t-elle été facile à prendre ?

Non, ça n’a pas été immédiat comme décision, c’est un sentiment comme ça, que ça peut nous mener un petit plus dans cette zone -là. François n’était pas sur la première liste, mais Beauxis non plus, donc ils étaient sur le même plan à l’origine. Ce sont les circonstances qui ont fait qu’ils sont rentrés dans notre groupe. Peut-être qu’il est un peu plus défenseur que Lionel mais pas de grande différence, car même si Lionel n’est pas spectaculaire, il défend correctement.

Comment et pourquoi François Trinh-Duc peut-il vous apporter plus de précision dans la zone de marque ?

On l’a vu à l’aise à l’entraînement, c’est fluide avec les autres joueurs, il a Mathieu (Bastareaud) qu’il connaît bien à côté de lui, on espère qu’il va nous amener plus encore dans cette zone-là, mais le choix a été difficile car Lionel a répondu à nos attentes. François a l’expérience de l’équipe de France puisqu’il y a été plus souvent que Lionel ces derniers temps, on espère que cette association va nous amener un petit plus.

Vous avez décidé de titulariser de nouveau Marco Tauleigne. Avez-vous le sentiment qu’il se soit affirmé et ait gagné en confiance ?

Oui, il progresse, il découvre le niveau international, qui est plus exigeant que le championnat. Il a trouvé une ouverture qui nous a permis de prendre le large au score contre l’Italie, mais on pense qu’il est capable de faire encore plus. Je le connais particulièrement bien et je sais qu’il a cette capacité à casser les plaquages et à trouver les déséquilibres, donc on espère qu’il va en provoquer encore plus dans les matchs qui arrivent, et ce week-end déjà.

Battre les Anglais serait-il synonyme de tournoi réussi à vos yeux ?

Au départ, j’avais dit qu’il fallait être proche des meilleurs identifiés en début de tournoi, mais on ne sait jamais qui va remporter le tournoi, et on le voit bien aujourd’hui, puisque tout reste ouvert. L’Irlande a un petit avantage, les Anglais doivent nous battre s’ils veulent gagner le tournoi, et nous, on n’est pas loin des meilleurs. J’espère que cette rencontre va montrer que l’on est très près d’eux. Il faudra l’être, c’est ça le plus important. J’espère qu’on va nous aussi être dans ce mouvement d’incertitude jusqu’à la fin du tournoi.

Brunel : « Mathieu (Bastareaud) est devenu quelqu’un d’important »

Sachant que vous avez souffert sur les séquences longues lors des deux premiers matchs, la clé contre les Anglais sera-t-elle d’avoir la possession et de proposer une libération de balle rapide ?

Les deux matchs ne reflètent pas que l’on a souffert sur les séquences de jeu longues, puisque l’on a eu peu de possession contre les Irlandais, mais on a été capables de les supporter pendant tout le match et sur la dernière, qui a duré cinq minutes, on a été capables de les contrecarrer avant ce drop que l’on connaît. Contre les Ecossais, c’est surtout notre indiscipline qui nous a coûté cher, ainsi que des fautes stupides sans qu’il y ait un grand danger qui ont déséquilibré la partie et permis aux Ecossais de passer devant. Pour revenir aux Anglais, au-delà d’être costaud dans tous les secteurs, ils ont montré qu’ils étaient d’une grande efficacité sur les lancements de jeu, donc il faudra faire très attention sur ces lancements et être très efficaces sur les premiers temps de jeu.

Mathieu Bastareaud passera-t-il un test d’intensité important sur ce match ?

Toute l’équipe en passera un, car les Anglais ont beaucoup de joueurs très importants dans leur système et qui sont à l’origine de la qualité de leur jeu, donc ça va être compliqué. Après, Mathieu a un profil particulier, il a fait évoluer son jeu et a montré une sérénité et un impact vis-à-vis de ses partenaires qu’il a acquis au fil des années. Il est un repère fort de notre équipe depuis son arrivée à travers un jeu et une personnalité. C’est ce dont a besoin une équipe et il nous amène ça. Il est devenu quelqu’un d’important, il connaît les qualités des Anglais, il connaît les siennes, donc il n’y a pas de craintes particulières à avoir.

Avec la titularisation de Trinh-Duc, Bastareaud va évoluer avec un ouvreur plus joueur. Est-ce que cela peut l’amener à évoluer dans un autre rôle que celui dans lequel il joue habituellement ?

Non, il va évoluer sur son registre et dans ses points forts. Il a une force qu’il faut mettre en évidence et qui doit nous servir. Il y a aussi le lien plus serré avec François puisque Mathieu et lui jouent ensemble en club. C’est sur cette particularité que l’on a souhaité appuyer sur ce week-end.

Quelle stratégie doit adopter le XV de France face aux Anglais ? La même que celle qui avait réussi aux Ecossais ?

Les Ecossais ont surtout été d’une efficacité redoutable. Ils ont creusé le trou rapidement, ils ont mis le doute dans l’esprit des Anglais et ont développé une énergie qui fait que les Anglais n’ont jamais pu revenir. Si on peut dupliquer ce scénario, je suis partant (il sourit). Malheureusement, je ne connais pas le scénario.

Brunel : « Le lendemain d’un match contre les Anglais, on a mal »

Quel regard portez-vous sur l’ouvreur du XV de la Rose Owen Farrell ?

Qui est important ? (George) Ford (demi de mêlée) ? Farrell, les deux ? Il existe une grande complicité entre les deux dans l’orientation du jeu. Ford donne beaucoup de fluidité au jeu, c’est très limpide. Farrell est plus un élément qui va être déterminant dans la perforation et va avoir une action décisive. Ford est plus dans l’orientation et la gestion, ils sont complémentaires et dangereux.

Le Crunch a-t-il toujours la même saveur qu’avant ?

Un joueur célèbre disait qu’il faut que l’équipe de France soit à son meilleur niveau pour que l’on continue de perpétuer cette rivalité qui dure depuis des années. Effectivement, il faut que notre équipe soit à la hauteur de l’Angleterre de ces dernières années pour continuer de perpétuer cette rivalité. C’est un moment différent et il l’a toujours été. Le lendemain d’un match contre les Anglais, on a mal, parce que ça fait mal, ça a tapé (sic). C’est dur et ça a toujours été plus dur. Il faut se préparer à ça.

Votre équipe a-t-elle peur de prendre une raclée ?

Une crainte, sans doute, comme à chaque match, mais pas la crainte de prendre une raclée, en tout cas, je ne l’espère pas, car ce n’est pas très positif comme attitude. Mais un sentiment de peur de ne pas être au niveau et de ne pas lutter à armes égales, c’est ça qui fait un peu ce stress que l’on a avant les rencontres, mais pas la peur de subir, non.

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