XV de France - Servat : " Notre premier succès est la création de notre groupe "

XV de France - Servat : " Notre premier succès est la création de notre groupe "©Media365

Guillaume MARION, Media365, publié le jeudi 10 décembre 2020 à 09h50

Lors d'un entretien à L'Equipe, William Servat, l'entraîneur des avants du XV de France, est revenu sur la préparation de la rencontre contre l'Angleterre, en Autumn Nations Cup, et a également évoqué la création d'un groupe, passage obligatoire dans la réussite des Bleus.



A l'issue de l'Autum Nations Cup, où la France a terminé à la 2eme place, derrière l'Angleterre, William Servat a fait le point sur le renouveau français. Alors qu'une lourde défaite était promise aux Bleus, fortement remaniés pour l'occasion, à Twickenham, ces derniers ont rivalisé avec l'une des meilleures nations mondiales (22-19, ap). « Beaucoup de joueurs appartenaient au groupe des 42 qui nous ont accompagnés depuis l'hiver dernier. On n'avait pas 28 mecs qui découvraient quelque chose de nouveau. C'est pour cela que ce chiffre de 42 est capital pour nous. Sans eux, l'équipe de France serait pénalisée. C'est une évidence. (...) Un noyau important connaissait notre système. Les deux premiers jours, après de nombreuses réunions, nous sommes allés sur le terrain en marchant pour que les nouveaux intègrent ce que l'on avait fait avant en vidéo. On a eu cette volonté de tout recadrer. Mais le faire en deux jours, comme avant le pays de Galles d'ailleurs, c'est vraiment court. Ce n'est jamais évident de basculer du système du club à celui de la sélection et inversement. (...) Je crois que, quand le niveau s'élève, cela révèle les personnalités. La défaite, aussi, est un révélateur de caractère, surtout quand personne ne triche. On a pu s'en rendre compte après l'Angleterre dimanche. On a perdu ce match, mais on a gagné un groupe », a notamment expliqué l'entraîneur des avants du XV de France, à L'Equipe.

« Petit à petit, nous serons traités comme une grande équipe »

Par la suite, l'ancien talonneur de Toulouse est revenu sur la vie du groupe français, qui doit au fil du temps devenir un véritable atout supplémentaire pour l'équipe de Fabien Galthié. « Nous construisons ce cadre de vie pour qu'il résiste à toutes les formes d'événements. Toutes les semaines, nous démarrons la réflexion par le cadre de vie, avec un petit débrief de la précédente. On appelle cela le sacré. Au-delà des mots, c'est la volonté de créer une identité avec tous ceux qui participent à l'effort : des joueurs aux intendants en passant par le staff. Alors dimanche dernier, nous avons perdu. En 2011, on était devant sur le comportement et bien d'autres aspects, on a l'impression d'avoir gagné, sauf que nous ne sommes pas champions du monde. Attention ! Bien sûr que l'on veut gagner, et vite, mais notre premier succès est la création de notre groupe, a par la suite confié Servat, fortement marqué par le management de Jean-Pierre Rives avant la finale de la Coupe du monde 2011 en Nouvelle-Zélande. Et puis, petit à petit, la confiance fera que, au lieu d'être arbitrés comme une équipe de bas de tableau, nous serons traités comme une grande. Mais c'est à nous de le construire. »

« Les joueurs ne sont pas appelés par hasard »

Enfin, l'entraîneur des avants français a évoqué le sentiment d'appartenance au XV de France, voulu par le sélectionneur depuis le début de son mandat en 2020. « Ce maillot n'est pas que bleu. Il représente un tas de choses. Avoir la chance de le porter est une responsabilité mais qui est finalement assez simple : donner tout ce que l'on a. Cela ne sert à rien de faire peser sur les épaules des joueurs un poids qui les plomberait. Nous voulons qu'ils se sentent libérés, or pour être mis en confiance en tant que joueur de l'équipe de France, il faut être légitimé par son staff. Notre rôle est que les gars sachent que, s'ils sont là, c'est parce que nous avons confiance en eux. Nos avants savent que Karim (Ghezal) et moi avons participé à leur sélection, qu'ils ne sont pas appelés par hasard. Alors parfois, dans notre manière de nous adresser à eux, on peut être désagréables, parce que c'est indispensable de dire les choses en transparence, mais ils savent aussi que, quand nous adressons une critique au joueur, ce n'est pas l'homme qui est attaqué », a finalement confié Servat, toujours dans le quotidien sportif français. Désormais, cap sur 2021 pour les Bleus avec un Tournoi des 6 Nations très attendu. Mais, avant cela, la Fédération française de rugby et la Ligue nationale de rugby tenteront de trouver prochainement un accord au sujet de la mise à disposition des joueurs lors de la compétition.

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