XV de France - Galthié : " Poirot ? Je peux comprendre "

XV de France - Galthié : " Poirot ? Je peux comprendre "©Media365

Aurélien CANOT, publié le mardi 09 juin 2020 à 08h51

Fabien Galthié revient sur la décision de Jefferson Poirot de prendre sa retraite internationale à seulement 27 ans. Le sélectionneur du XV de France la comprend, sans fermer la porte.

« J'ai d'abord été à l'écoute. Il m'a expliqué les raisons qui l'ont poussé à faire ce choix. Je peux comprendre cette décision, je peux comprendre qu'on traverse des moments qui nous amènent à faire des choix. » Au lendemain de l'annonce surprise de Jefferson Poirot de mettre un terme à sa carrière internationale à seulement 27 ans, Fabien Galthié revient dans L'Equipe ce mardi sur cette décision du pilier gauche de Bordeaux-Bègles. Le sélectionneur du XV de France avoue comprendre les raisons comme les motivations qui poussent Poirot à claquer la porte des Bleus aussi prématurément. « Je peux comprendre cette décision, je peux comprendre qu'on traverse des moments qui nous amènent à faire des choix, mais je lui ai dit qu'elle allait impacter sa vie de joueur de rugby et aussi sa vie d'homme, donc qu'il prenne bien la mesure de tout ça. J'ai dit à Jefferson que c'était sa décision et j'ai cité une phrase d'un poème qui plaisait beaucoup à Nelson Mandela : ''Je suis le maître de mon destin, je suis le capitaine de mon âme''. Il est important que cette décision soit prise en son âme et conscience. » Le Gersois ne se dit pas réellement surpris par le choix du joueur de l'UBB, d'autant qu'il avait déjà connu le même cas de figure avec un autre pilier (droit celui-ci) Pieter De Villiers du temps de ses années au Stade Français.

Galthié laisse une porte ouverte à Poirot 

« J'avais eu le cas avec avec Pieter De Villiers, qui était venu me voir après la Coupe du Monde en me disant : « J'arrête de jouer », j'avais compris. Pilier gauche et pilier droit sont les deux seuls postes en rugby où vous avez un combat individuel face à votre vis-à-vis. Les autres postes, il y a du combat bien sûr, mais il n'y a pas ce rendez-vous sacralisé par la mêlée où l'affrontement est direct. Au niveau international, si tu n'es pas à cent pour cent pour l'affronter, tu es en danger. » Galthié assure qu'il n'a pas tenté de faire revenir celui qu'il avait nommé vice-capitaine de l'équipe lors du dernier Tournoi des VI Nations. En revanche, il ne lui a pas fermé la porte, au cas où l'intéressé souhaitait un jour faire machine arrière. « Non, car sa décision était prise. J'ai insisté sur le fait de bien prendre la mesure de sa décision. Je comprends sa réflexion, celle de dire qu'il doit passer un cap, qu'il a besoin de temps pour récupérer et s'entraîner. Il évoque un rythme difficile à suivre. Il a besoin de se développer, ce qu'il n'arrive pas à faire depuis qu'il est dans le circuit international. Encore une fois, je comprends (...) Je lui ai suggéré que sa prise de décision ne soit pas une voie sans issue. C'est important de laisser une porte ouverte (...) On en a parlé tous les deux. Sa décision est courageuse, mais je lui ai conseillé de s'ouvrir le champ des possibles. Nous étions dans le partage, il ne doit pas se retrouver devant une voie sans issue. » Pour le nouvel homme fort des Bleus, décidément très compréhensif, une seule chose importe dans cette histoire : « en faisant ce choix, Jefferson est honnête avec lui-même. C'est le plus important. »

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