XV de France : Galthié explique ses choix

XV de France : Galthié explique ses choix©Media365

Aurélien CANOT, publié le jeudi 30 janvier 2020 à 18h19

Après avoir dévoilé la composition de son premier XV de départ,, Fabien Galthié a décrypté ses choix devant la presse.



La titularisation de Bouthier
Ce qui nous a poussés à le prendre avec nous, à le suivre et à le titulariser, ce sont ses performances en club. Depuis le début de la saison, il a des performances de très très haut niveau, et ce de manière récurrente. Il est régulier et est très très bon dans la régularité. Il a été plusieurs fois dans des positions compliquées, notamment contre La Rochelle et l'UBB. A la mi-temps, Xavier Garbajosa nous a expliqué qu'il avait fait sortir le demi de mêlée néo-zélandais Cruden et fait passer Anthony Bouthier à l'ouverture, et il a redynamisé son équipe pour ensuite aller arracher la victoire. Il est régulier, il est performant, et les entraînements qu'il a produits avec nous ont confirmé son potentiel. On lui a donné l'organisation, on lui a donné des consignes, et il répond positivement à toutes les situations qu'il a à gérer. Pour l'instant.

Haouas préféré à Bamba au poste de pilier droit
On se pose toujours des questions et la réponse, la réponse on l'aura dimanche. « Momo » Haouas performe en club depuis maintenant deux saisons. Il est sur une trajectoire étonnante. C'est un joueur de rugby qui a découvert ce sport dans son quartier à l'âge de quinze ans, grâce au Conseil général de l'Hérault et aux éducateurs qui se déplaçaient dans les campagnes et dans les quartiers pour installer des terrains de jeu. « Momo » m'a dit qu'il avait découvert le rugby parce que ces camions venaient dans son quartier. Ils avaient le choix entre le rugby, le basket et le foot. Lui, il s'est naturellement tourné vers le rugby et ça lui a plus. Il a ensuite trouvé quelqu'un pour l'amener au club, et il a démarré comme ça. Ce sont des histoires un peu différentes une fois de plus de celles des joueurs qui passent dans les académies et les centres de formation. Mais la seule vérité en sport, c'est celle du terrain. Il faut faire et « Momo » fait. On lui propose aujourd'hui un challenge encore plus difficile que le Top 14. Là, on passe dans une autre dimension, où il faut toucher à ses limites. On va voir comment cela va se passer.

Dupont et Ntamack reconduits en charnière
C'était la charnière pendant la Coupe du Monde au Japon. Cet axe a donné entière satisfaction dans un contexte compliqué. Ils ont été performants et se sont adaptés à l'environnement. On considère qu'il faut de la continuité dans la construction d'une équipe, on va donc s'appuyer sur eux pour développer le potentiel de notre équipe.

Le Roux et Willemse (tous deux d'origine sud-africaine) en deuxième ligne
On a pensé aux joueurs qui pourraient être le plus complémentaires à l'instant T. On a réfléchi aux équilibres, aux forces, aux points forts. Nous avons effectivement deux joueurs aux origines sud-africaines en deuxième-ligne, mais aussi deux joueurs du pack qui poussent ensemble à Montpellier (Haouas-Willemse), deux autres en première-ligne qui poussent ensemble à Toulouse (Baille-Marchand). On a cherché des cohérences comme celles-là.

Galthié : « Vous ne pouvez pas nous empêcher d'être ambitieux »

Les déclarations provocatrices d'Eddie Jones (« les jeunes Français vont connaître une violence physique et une intensité qu'ils n'ont jamais connues auparavant »)
De la provocation ? Non, c'est une promesse, et je pense qu'il va la tenir. Cela fait trente ans que l'on vit avec ces petites phrases, donc on va tâcher de les entendre et d'en faire bon usage. On redoute tout ce qu'ils sont capables de proposer. C'est une équipe qui fait une démonstration depuis un certain temps de force, de puissance, de vitesse, d'alternance, de pragmatisme et d'expérience. Dans leur stratégie, ils ont l'utilisation d'une alternance au jeu au pied qui pèse énormément. On a identifié cette stratégie et nous aussi on a un plan. Mais comme dirait Churchill, qui est d'origine anglaise : « c'est parce que l'on avait un plan que cela n'a pas marché ».

L'objectif des Bleus contre l'Angleterre et sur ce Tournoi des 6 Nations
Gagner, tout simplement. Vous ne pouvez pas nous empêcher d'être ambitieux. Nous sommes très ambitieux pour dimanche, avec beaucoup d'humilité bien sûr. Attendez-vous à une présence, à un engagement optimal, à des joueurs qui vont repousser leurs limites le plus loin possible, attendez-vous à un paquet d'avants et une conquête qui va tout donner, à des phases de combat féroces, à un terrain qui sera défendu d'une manière féroce, à des plaques et des collisions qui seront féroces, attendez-vous à une équipe qui ne lâche rien. Nous souhaitons redevenir une conquête dominatrice (...) Nous voulons être féroce et mettre le maximum d'agressivité dans toutes les phases de jeu, donc il faut aller vite chercher les automatismes et répéter les circuits offensifs et défensifs. Personne ne peut prédire ce qui va véritablement se passer dimanche. En tout cas, je peux vous assurer que nous allons faire honneur à notre maillot.

Son baptême de sélectionneur
Cela fait maintenant deux mois que l'on a pris la mission. Auparavant, j'avais entamé une autre mission auprès de Jacques Brunel. Nous profitons de chaque instant, le rendez-vous de dimanche de février est déjà fixé, et on sait que l'on s'en rapproche doucement. Mais le plus important, c'est de profiter de chaque instant. Demain, on va se rapprocher doucement du Stade de France et on aura quelques moments forts, comme la remise des maillots qui sera intense comme l'a été ce matin l'annonce de la composition de l'équipe aux joueurs. Nous essayons d'anticiper et d'organiser, bien sûr, mais nous profitons de chaque instant.

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