XV de France : Comment le jeu des Bleus a évolué

XV de France : Comment le jeu des Bleus a évolué©Panoramic, Media365
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Emmanuel LANGELLIER, Media365 : publié le mercredi 17 novembre 2021 à 13h12

Le jeu du XV de France a évolué. Il n’est plus question de dépossession. Enfin, avant de défier la Nouvelle-Zélande…



Le XV de France voit poindre la fin de sa tournée d’automne. Après avoir dominé l’Argentine (29-20) le 6 novembre, l’équipe de Fabien Galthié a pris le meilleur sans briller sur la Géorgie (41-15), dimanche. Et voilà que se profile la dernière sortie face aux redoutables All Blacks. Ce sera samedi soir (coup d’envoi à 21 heures) au Stade de France de Saint-Denis.

Les Bleus rêvent évidemment de « taper » la Nouvelle-Zélande, équipe historique du ballon ovale, comme l’a fait l’Irlande (29-20). D’autant que les joueurs du XV tricolore ont fait évoluer leur jeu. Ce qui a fait parler ces derniers temps. On a beaucoup disserté sur l’association Jalibert-Ntamack, pas encore spécialement concluante, ce qui n’est pas forcément illogique à un tel niveau et avec une telle durée de vie. L’animation offensive suscite de nombreux débats alors que les principes de jeu semblent avoir changé.

L’évolution des règles a rendu le changement logique

Il n’est plus question de dépossession comme lors de la version 1 du projet bleu. « On a d'abord eu deux ans de mise en place du cadre, décrypte Laurent Labit, l’entraîneur de l’attaque du XV de France, dans L’Equipe, mercredi. Comment on voulait fonctionner, bien sûr jouer, et surtout s'entraîner. Les joueurs avaient besoin de temps pour s'approprier cette méthode d'entraînement à laquelle on croit beaucoup. On sait que le jeu offensif est plus difficile et plus long à mettre en place. Ça demande beaucoup de choses sur les connexions entre joueurs, les repères, les façons de procéder de chacun dans son club. Il y avait aussi le fait que l'équipe de France avait pris du retard ou que les autres grandes nations avaient pris de l'avance. Par ce jeu (de dépossession), on recherchait aussi à créer de nouveau de l'incertitude chez nos adversaires. »


Le staff des Bleus savait il y a deux ans que le jeu de dépossession allait évoluer puis l’évolution des règles a rendu ce changement « encore plus logique ». « Notre principe directeur d'attaque consiste à rechercher l'espace sur le terrain. Il peut se trouver dans le premier rideau, dans le deuxième rideau ou au fond du terrain. Cet objectif n'a pas changé mais la règle du 50 : 22, en modifiant l'organisation des défenses, nous a obligés à nous adapter. Si l'adversaire fait désormais décrocher deux, deux et demi voire trois joueurs, cela libère des possibilités sur le premier rideau, voire le second. Avec cette règle la zone d'action est agrandie, la zone de construction aussi », souligne Labit qui indique que l'espace compris entre les propres 22 et la ligne des cinquante est « devenu le meilleur endroit pour porter le ballon, pour attaquer ».

Jeu de dépossession face aux Blacks ?

Cette dépossession du début correspondait aux qualités des joueurs. Avant un certain rééquilibrage. Contre les Blacks, on pourrait cependant revenir à cette option. « Ce ne serait pas étonnant, non. On se doute qu'on aura moins d'espaces et que la dimension stratégique sera plus présente. Il faudra savoir s'économiser si les rucks sont ralentis, si on ne trouve pas l'avancée assez vite », argue Labit. La tournée a aussi permis de tester. « Il y avait des choses qu'il fallait absolument que l'on voit. C'était le bon moment, lâche le chef de l’attaque du quinze tricolore. L'équipe a besoin de se préparer à tout ce qui peut lui être proposé dans deux ans à la Coupe du monde. Si l'adversaire vous oblige à bâtir un banc avec six avants, rien de tel que les situations de match pour le travailler. On avait des blessés au poste de centre donc c'était la bonne fenêtre pour voir l'association de Matthieu Jalibert et Romain Ntamack. Mais le temps des expérimentations devra s'arrêter. Un bilan sera fait après cette tournée. » Et la charnière numéro 1 aujourd’hui, quelle est-elle ? « Je réponds qu'on a la possibilité de jouer avec Antoine (Dupont) et Romain, comme avec Antoine et Matthieu. Et dans les deux cas, l'équipe aura une charnière de grande qualité », élude avec le sourire l’ancien joueur.

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