Tournoi des 6 Nations - XV de France - Pélissié : " Le plus gros match de ma carrière "

Tournoi des 6 Nations - XV de France - Pélissié : " Le plus gros match de ma carrière "©Media365

Rédaction Sport365, publié le samedi 17 mars 2018 à 12h49

Encore en Pro D2 il y a huit mois, Adrien Pélissié (4 sélections) s'apprête en l'absence de Guilhem Guirado à découvrir à 27 ans les joies d'une titularisation en équipe de France, ce samedi à Cardiff face au pays de Galles. Conscient d'où il vient, le talonneur de l'UBB tient malgré tout à ne pas laisser passer cette opportunité.

Adrien Pélissié, avez-vous conscience que le Millenium Stadium et le stade Jean-Alric (le stade d’Aurillac, son ancien club), c’est le jour et la nuit ? Oui, c’est un stade mythique, avec une ambiance fabuleuse. Mais j’essaye surtout de mon concentrer sur ma performance contre les Gallois pour faire abstraction de tout ce qu’il y a autour (…) Je ne vais pas vous dire que je n’aurai pas de pression samedi. C’est le plus gros match de ma carrière, même si je n’ai pas fait une grande carrière. J’essaye de rester zen.

Réalisez-vous qu’il y a huit mois encore, vous défendiez les couleurs d’Aurillac, en Pro D2 ? Je ne sais pas si je me rends trop compte. Je prends tout ce que l’on me donne, je croque le rugby à pleines dents, j’essaye de bien préparer ce match sans me poser de questions particulières. La confiance vient en enchaînant les matches. En venant à Marcoussis, l’important pour moi, c’était de montrer de quoi j’étais capable et d’être appliqué. Je fais mon boulot en essayant de ne pas parler pour ne rien dire. Je reste à ma place.

Qu’avez-vous ressenti en apprenant que vous seriez titulaire face au pays de Galles ? Beaucoup de fierté, même s’il ne faut pas oublier que si je vais porter ce maillot, je le dois à un concours de circonstance. C’est une opportunité que je vais essayer de saisir et de montrer que je peux faire une belle partie. Je ne vais pas aborder ce match en me disant : « je vais louper une touche… »

Vous donnez l’impression de ne pas vous sentir légitime. Est-ce le cas ? Non, ce n’est pas que je ne me sens pas légitime, mais je n’aime pas dire que je suis numéro 1 ou numéro 2… Je reste avec beaucoup d’humilité. Je ne me prends pas trop la tête, il faut dire les choses comme elles sont. Lors de la première liste, je n’y étais pas. Maintenant, j’y suis et je vous le dis : j’ai encore envie d’y être.

« Si Aurillac ne m’avait pas fait confiance, je serais à la ferme familiale »

Auriez-vous imaginé que vous débuteriez un jour un match comme titulaire avec le XV de France ? Bien sûr que non. Ma carrière est particulière. A 18 ans, je jouais en Fédérale 3, à Caussade. Après, j’étais en centre de formation à Castres, mais ils ont jugé que je n’étais pas au niveau pour évoluer en Top 14. Ils m’ont laissé partir et j’ai eu la chance d’aller à Aurillac avec un coach qui m’a fait confiance (Jeremy Davidson), même s’il a été très dur par moment (…) S’il ne m’avait pas fait confiance, je serais à la ferme familiale et je jouerais en Fédérale avec les copains.

En voulez-vous à Castres de ne pas vous avoir gardé ? Non, pas du tout. Il y avait des joueurs à mon poste qui étaient meilleurs que moi, tout simplement. Je n’ai aucun regret.

Vous venez de dire que votre carrière était particulière, qu’entendez-vous par là ? J’ai un parcours atypique (…) Quand je suis arrivé à Aurillac, je n’étais pas professionnel. J’étais surveillant dans un lycée agricole. J’y dormais trois nuits par semaine mais je m’entraînais tous les jours avec l’équipe professionnelle. La première année, j’ai fait 17 matchs. Je gagnais 800 euros comme surveillant et avec le rugby à côté, ça me faisait un petit salaire pour vivre.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU