Thomas Siniecki, Media365 : publié le mercredi 09 septembre 2026 à 17h22
Rémy Martin, à l'approche des 50 ans, entame déjà sa troisième vie. Après le rugby et l'immobilier, place à la boulangerie.
Au cours de sa carrière, Rémy Martin a reçu quelques pains. Depuis le mois de mai, c'est lui qui les distribue en tant que patron de l'établissement Ange à Apt, dans le Vaucluse (à l'est d'Avignon, à une heure de route). Le patron national de cette chaîne que vous connaissez peut-être, François Bultel, exprime son ravissement à nos confrères de L'Equipe : "C'est un top gars, très commerçant, vaillant et rigoureux. Et nos clients l'adorent. L'entrepreneur a besoin d'un certain mental. Les anciens rugbymen ne sont pas des sportifs qui craquent. Ils sont costauds, tenaces avec le sens de l'effort et un véritable esprit d'équipe. Ils savent gérer un collectif. Ce n'est pas un hasard si nous en avons une bonne dizaine qui se sont reconvertis avec nous." Sylvain Marande et Vassili Bost, anciens joueurs de Montpellier, sont ainsi associés dans plusieurs franchises à Agen, Marmande et Bergerac.
"Je suis le patron. Je dois être partout"
L'ex-troisième-ligne du XV de France, de 2002 à 2009 lorsqu'il évoluait au Stade Français puis à Bayonne - vainqueur du Grand Chelem 2002 en bleu, puis triple champion de France avec Paris (2003, 2004, 2007) - avait déjà fort bien réussi sa première reconversion, devenant directeur régional d'une foncière immobilière du groupe Carrefour. Et puis il a tout plaqué pour les fourneaux : "Je fais des semaines de 96 heures sur six jours, puisqu'on est encore fermés le dimanche. Il faut encore tout faire, de la confection au commercial en passant par la mise en place de notre gamme en présentoir. Je mets la main à la pâte avec nos trois boulangers de métier, pour les aider à lamer puis enfourner les baguettes. Quand il y a un absent, je bouche les trous. Je suis le patron. Je dois être partout. 'Bonjour, bonsoir, merci, au revoir, à votre service.' Je veille à tout."
A 47 ans, Rémy Martin suit les traces de son père cuisinier, appliquant des valeurs qu'il n'a jamais oubliées : "J'ai été élevé au travail. Mon papa me disait que le rugby n'était pas un métier, mais qu'il pouvait m'aider à trouver un boulot. Je suis terre-à-terre, j'ai toujours fait attention car je savais que je ne pourrais pas vivre toute ma vie avec ce que j'ai gagné dans le rugby." Et gagner sa croûte, désormais, n'a jamais eu pour lui autant de sens.















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