Bordeaux-Bègles : Poirot se confie

Bordeaux-Bègles : Poirot se confie©Media365

Thibault Laurens, publié le mardi 16 avril 2019 à 14h53

Blessé au genou droit lors de la rencontre face à l'Irlande durant le Tournoi des 6 Nations, Jefferson Poirot (26 ans) a commencé sa rééducation bien plus tôt que prévu. Dans L'Equipe, le pilier gauche international français et capitaine de Bordeaux-Bègles revient sur son indisponibilité. Il évoque également le XV de France, la Coupe du Monde mais aussi l'affaire du capitanat avec Guilhem Guirado.

Près d'un mois après la sortie sur blessure de Jefferson Poirot (26 ans) face à l'Irlande durant le Tournoi des 6 Nations (26-14), les images restent impressionnantes. Alors qu'il protégeait le ballon dans un ruck, le pilier gauche de l'UBB à vu débouler à pleine vitesse son vis-à-vis Cian Healy. Résultat, rupture du ligament latéral interne du genou droit. Une blessure qui a laissé des traces chez le capitaine de Bordeaux-Bègles. « J'ai du mal à regarder ce type d'images. Le genou, c'était ma hantise... Si c'était volontaire de sa part ? L'action est arrêtée. Il a le temps de visualiser ce qu'il va faire. Il y a donc une part intentionnelle dans son geste. Il voit ma jambe. Je le garde dans un coin de la tête ... », déclare l'intéressé, amer, dans une longue interview accordée à l'Equipe ce mardi. Sa fin de saison avec l'UBB semble d'ores et déjà terminée, quant bien même Poirot récupère plus vite que prévu. Ainsi, le natif de L'Isle-Adam s'est lancé dans une véritable course contre la montre avec un objectif bien précis en ligne de mire : « L'opération n'était pas obligatoire. Mais sans elle, il y avait plus d'incertitudes. Là, je savais que j'en avais pour trois mois, jusqu'au 15 juin, soit juste avant l'annonce de la liste pour le Mondial (18 juin). Ça me laisse une chance de prétendre à la Coupe du monde. » Une compétition que Poirot aspire profondément à disputer même s'il y a une certaine forme d'appréhension : « Je ne maîtrise rien car je ne peux pas m'exprimer sur le terrain. Là, je vais me préparer pour quelque chose qui n'arrivera peut-être pas. »

Poirot : « C'est terrible d'avoir si peu de victoires avec les Bleus »



Depuis sa première sélection, du temps de lère Guy Novès en 2016, le Girondin est rapidement devenu l'un des cadres du XV de France. Toutefois,  avec les Bleus, son bilan reste famélique. En 26 capes, l'international français n'a connu la victoire qu'à huit reprises, pour dix-sept défaites et un nul : « C'est très dur, très frustrant, avoue Poirot dans le quotidien. L'équipe de France, c'est le Graal, on a idéalisé plein de choses, on a fait beaucoup de sacrifices pour y parvenir. C'est terrible d'avoir si peu de victoires (...) On n'arrive pas à mettre le doigt sur le problème. On a l'impression d'être si proches, mais on est très loin aussi. En revanche, ce qui n'est pas assez souligné, c'est que cette équipe ne se laisse pas mourir. » Une force de caractère qui soulève tout de même des interrogations suite aux piètres performances réalisées dans le Tournoi des 6 Nations, notamment en clôture contre l'Italie (25-14). C'est ainsi que l'équipe de France fera son entrée en lice dans la Coupe du Monde au Japon (20 septembre - 2 novembre) dans la peau d'outsider de cette poule composée de l'Angleterre, l'Argentine, les Tonga et les Etats-Unis. Un postulat qui exaspère le Val-d'Oisien au plus haut point : « Ça m'énerve ! Pourquoi on considère cette équipe d'Argentine largement supérieure à nous ? Depuis mes débuts en équipe de France, j'ai affronté les Pumas trois fois. On a perdu une fois de peu et on a gagné deux fois de trente points. On va se préparer à fond et on va se nourrir du fait que peu de gens croient en nous (...) Il y a un vrai groupe avec beaucoup de qualités humaines et rugbytisques. Malgré les mauvais résultats, le pilier n'explose donc pas. « J'y crois. »

Poirot : « Je ne voyais aucun malaise avec Guilhem »



Dans L'Equipe, Poirot revient également sur une affaire ayant fait grand bruit durant le Tournoi des 6 Nations, celle du capitanat de Guilhem Guirado. Le joueur de l'UBB tient à clarifier la situation : « La question du capitanat a été évoquée lors d'une réunion avec le groupe. Jacques m'avait consulté. Mais je ne voyais aucun malaise avec Guilhem. Il a l'adhésion du groupe. C'était remettre la faute sur une personne alors qu'on était tous responsables. Humainement, c'était impensable de se désolidariser (...) Un changement de capitaine n'aurait pas été bénéfique. » Avec la retraite internationale de Guirado qui se profile, Poirot semble avoir tout d'un candidat naturel à la succession du talonneur toulonnais. Un rôle qu'il accepterait avec plaisir : « C'est très honorifique. Mais il faut être prêt à l'assumer. Aujourd'hui, ce n'est pas forcément le cas. Est-ce que ce sera le cas en 2020 si l'opportunité se présente ? On verra. Il faut aussi avoir l'adhésion de tout le monde. Un capitaine ne doit pas être l'unique choix du sélectionneur. Le groupe à son mot à dire. » Pas les supporters en revanche. Dommage pour le natif de l'Isle-Adam, qui fait partie à juste titre des joueurs préférés des fans.

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